10 > 23 décembre

LA CONDITION

FILM FRANÇAIS DE JÉRÔME BONNELL (2025 – 1H43 )
AVEC SWANN ARLAUD, GALATEA BELLUGI, LOUISE CHEVILLOTTE, EMMANUELLE DEVOS
D’APRÈS L’ŒUVRE DE LÉONOR DE RÉCONDO


1908, dans un bourg cossu de Normandie. Victoire est mariée depuis cinq ans avec le notaire Anselme de Boisvaillant. Dans ce mariage arrangé, sa vie semble toute tracée mais le futur héritier, l’enfant tant espéré, n’arrive pas. Alors, quand la petite bonne de dix-sept ans tombe enceinte des œuvres de Monsieur, Victoire échafaude un plan pour sauver l’honneur et les apparences de sa maison…

HORAIRES

mercredi 14h30
jeudi 16h - 20h30
samedi 16h30 - 21h
dimanche 15h
mardi 18h

dimanche 14h15 - 18h30
mardi 18h D

L'IMMANQUABLE

Jerôme Bonnell

On pourrait se croire chez Maupassant mais nous sommes dans l’univers de la jeune autrice française Léonor de Recondo. Dans son roman paru en 2015, cette histoire était mystérieusement intitulée « Amours ». En l’adaptant pour le cinéma, Jerôme Bonnell la rebaptise « La condition ». Il explique : « C’est d’abord la condition bourgeoise puis celle des femmes mais aussi celle des hommes. Et puis, à un moment donné, c’est la condition à laquelle le personnage de Victoire accepte de passer ce marché avec son mari. (...) Le tout début du XXème siècle est une période où l’idée du « rang » pesait encore beaucoup dans la bourgeoisie. Un monde conformiste, très hypocrite où, vu de loin, le vernis semble joli et harmonieux, mais dès que l’on s’approche et que l’on gratte, apparaît une violence sans nom. C’est devenu l’histoire d’un homme qui vit avec quatre femmes : sa femme, sa mère et ses deux bonnes. Probablement que cela accentue à la fois sa toxicité et sa fragilité. Ainsi que son besoin trop grand d’exercer l’autorité que la société attend de lui ». Cette histoire d’émancipation féminine d’un autre siècle, portée par une troupe de comédien.ne.s formidable (mention spéciale à Emmanuelle Devos dans le rôle de la grand-mère muette mais qui n’en pense pas moins) résonne avec les débats contemporains sur l’emprise masculine. La violence est tapie derrière les murs du grand manoir familial et les salons feutrés, magnifiquement éclairés à la bougie, prennent des allures de prison dorée. Mais Victoire (qui porte bien son nom) va se battre pour sa liberté et, peut-être même, trouver l’amour...

EXTRAITS DE PRESSE
Le cinéaste aborde avec délicatesse le patriarcat et la lutte des classes. Télérama
"La condition" réussit le pari de donner une réponse sans complaisance à certaines pleurnicheries actuelles et se pose en film parfois dur, mais beau, et qui soulage, un peu. Abus de Ciné
En filigrane, le cinéaste décrypte avec finesse le poids des blessures et des secrets de famille, comment ils façonnent, polissent et détruisent l’individu. L'Humanité
Jérôme Bonnel signe ici, à 47 ans, le film d’un cinéaste qui maîtrise totalement son art, avec une simplicité, une efficacité de trait et une fantaisie réjouissantes. Les Inrockuptibles
La finesse des interprétations de Louise Chevillotte, Galatéa Bellugi et Swann Arlaud sert ce film aussi intime que romanesque. La Croix
Le cadre oppressant, les plans en perspective qui accompagnent les jeux d’emprise, le travail de la photo en clair-obscur permettent à l’auteur du « Temps de l’aventure » et à son remarquable trio de comédiens de mettre en lumière la brutalité masculine à une époque où elle n’est pas questionnée. Bouleversant. L'Obs
L’intelligence − et le courage − du film est de faire un portrait sans concession des bourgeois, de leur maintien, de leurs arrangements continuels avec la vérité, de leur propension à l’aveuglement. Libération
Le film est souvent cruel, mais l’alliance entre les deux personnages féminins crée un espoir inattendu et réconfortant. Le Parisien
Avec cette histoire d'émancipation, de libération, de réappropriation des corps et des esprits, Jérôme Bonnell signe un très beau film qui trouve des résonances avec le Goncourt 2025 signé Laurent Mauvignier. Franceinfo Culture