4 février > 3 mars
FILM IRAKIEN D’HASAN HADI (2026 – 1H42)
AVEC BANEEN AHMAD NAYYEF, SAJAD MOHAMAD QASEM, WAHEED THABET KHREIBAT
✪ CAMÉRA D’OR, CANNES 2025
Lamia, 9 ans, est tirée au sort par son instituteur. Elle doit confectionner un gâteau pour célébrer avec sa classe l’anniversaire du président Saddam Hussein. Mais l’Irak des années 1990 subit des sanctions internationales qui plongent le pays dans la pénurie. La quête d’ingrédients simples comme des oeufs, de la farine et du lait sera un parcours du combattant pour la petite fille et son copain Saeed…
La Caméra d’Or, qui récompense le meilleur premier film présenté au Festival de Cannes, porte particulièrement bien son nom cette année. Hasan Hadi nous offre un film précieux qui donne à voir un pays, l’Irak, dont, contrairement à son voisin iranien, nous n’avons que très peu de représentations cinématographiques. Le jeune cinéaste explique : « Nous avons tourné en décors réels, notamment dans les marais mésopotamiens, que l’on considère comme le berceau de la civilisation, et celui de l’épopée de Gilgamesh. Si je vous disais que j’ai grandi dans un village où les maisons flottaient sur l’eau, où l’on allait à l’école en bateau, que la nuit, nos habitations ressemblaient à des étoiles scintillantes dans le ciel noir – vous pourriez croire à un conte ou à une scène toute droit sortie d’un film Disney. Et pourtant, c’est vrai. Ce lieu existe. Ces gens existent. Et ils vivent comme ça depuis des millénaires. ». Dans des décors hallucinants, jamais vus, Hasan Hadi raconte l’absurdité et la cruauté du régime de Saddam Hussein. Le Gâteau du président est une fable à hauteur d’enfant qui exalte la débrouille et la solidarité comme moyens de survie dans un monde maltraité par la guerre, la pauvreté et une dictature rappelée à chaque coin de rue par les affiches de propagande. Hasan Hadi précise : « J’ai moi-même eu une relation très complexe avec Saddam. On nous forçait à l’adorer, à mourir pour lui s’il l’exigeait. Et dans le même temps, il semait la misère, nous torturait, nous assassinait. C’était une relation toxique. Je voulais que les spectateurs le sentent en « rencontrant » cet homme. » Sous l’influence des maîtres iraniens Kiarostami et Panahi et en nous immergeant dans une réalité inédite, Hasan Hadi réussit un coup de maître dès son premier film en mêlant le merveilleux du conte et le tragique de l’Histoire.
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