CIRQUE | DÈS 6 ANS

Les Aventures d’Hektor

Mise en scène Olivier Meyrou et Stéphane Ricordel
Le Monfort Théâtre

Mardi 18 octobre
20h | Durée 1h05

Grande Salle
Tarif A

Entre burlesque et acrobatie, les tribulations inénarrables d’un rêveur acharné.
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Vagabond ou migrant ayant quitté son pays d’origine en quête d’un monde meilleur, Hektor charme et émeut par son obstination à surmonter les obstacles que le XXIe siècle sème sur sa route. Sans raison, les interdictions ne cessent de faire irruption dans son quotidien, l’obligeant à faire face à des frontières invisibles et à des règles qui semblent incohérentes. Alors l’acrobatie arrive pour le sauver des situations les plus périlleuses… mais c’est aussi elle qui le replonge immédiatement dans une autre position inconfortable.
De ces aventures, émerge un clown d’un nouveau genre dans un solo qui s’inspire des augustes burlesques du cinéma muet. Hektor, tout à la fois acrobate, mime, danseur, aussi espiègle, poète, distrait et émouvant, nous renvoie aux belles images de notre enfance jouant avec nos émotions les plus simples.

Interprète Matias Pilet. Création magie Arthur Chavaudret. Manipulateurs Arthur Chavaudret, Pierre-Marie Lazaroo. Comédienne (court-métrage) Shaghayegh Beheshti. Création scénographique Salvatore Stara, Stéphane Ricordel. Interprète barrière et régie plateau Salvator Stara. Création son Sébastien Savine. Création lumière Elsa Revol. Régie lumière Sofia Bassim. Régie son et vidéo Auguste Diaz. Régie générale Simon André, Karim Smaili.

© Photo : Isabelle Jouvante, Jeanne Roualet

Production déléguée : Le Monfort théâtre – Paris. Soutiens : DGCA, DRAC Île-de-France « Aide à la création 2019 », Le Canal – théâtre du Pays de Redon, SCIN art et création pour le théâtre, MA – SA du Pays de Montbéliard. Coprods : La Brèche – PNC de Normandie – Cherbourg-en-Cotentin, MC2 : Grenoble, Théâtre de la Ville – Paris.

Site de la compagnie

Plus que l’écriture d’une pièce, c’est l’écriture d’un personnage. Le burlesque échappe aux règles de la narration classique. Les Aventures d’Hektor s’inspirent du cinéma en noir et blanc, muet, dans une atmosphère à la Charlie Chaplin. Cet art a su parler des difficultés du monde en adoptant le point de vue de l’exclu. Les similitudes entre les débuts des XXème et XXIème siècles sont importantes : la question migratoire, l’obligation de quitter sa terre natale dans l’espoir d’un monde meilleur, l’exploitation de la misère, le rejet. Hektor s’inscrit dans la lignée de ce comique corporel burlesque.

L’enjeu est de travailler sur ce personnage en tant que corps. Avec Hektor qui n’est justement pas circassien, il s’agit de déstructurer le mouvement. Toutes les techniques doivent être transgressées pour être repensées. L’acrobatie arrive pour le sauver d’une situation de danger mais c’est aussi elle qui le replonge immédiatement dans une autre position inconfortable. Le personnage est inspiré du slapstick, ce qui oblige l’interprète à présenter des caractéristiques physiques qui le définissent. Une veste trop grande, des chiffons, ....

« Hektor est ce que je pouvais rêver de plus pur »

Matias Pilet

Matias Pilet est acrobate, mime, danseur, aussi espiègle, poète, distrait, émouvant… Il y a tout cela dans Hektor, un personnage clownesque. Avec Olivier Meyrou et Stéphane Ricordel, il raconte Les Aventures d’Hektor du 15 au 17 octobre au Cirque-théâtre à Elbeuf. Cet être lunaire tente de trouver sa place et de surmonter tous les obstacles érigés dans un monde absurde. Alors, il faut franchir les barrières même si cela se fait toujours de manière maladroite. Entretien avec Matias Pilet.

Comment est né Hektor ?
Hektor est vraiment né. Il n’a pas été créé. Il est apparu lors d’un spectacle de Stéphane Ricordel, pendant une répétition, dans une gestuelle rythmique. Avec Olivier Meyrou, nous nous sommes attachés à tirer un fil, à découvrir qui était Hektor, comment il réagissait aux événements. C’est en effet plus une découverte qu’une création. C’est intéressant pour moi. Quand j’ai fait du théâtre au lycée, je n’étais pas très à l’aise à l’idée de créer un personnage.

Qui est vraiment Hektor ?
C’est difficile à dire. Je ne le sais pas moi-même. On voit Hektor en train de lutter dans la vie de tous les jours. Comme il a une manière de penser qui est différente, il trouve des solutions qui ne sont pas les plus simples. En fait, Hektor ne réfléchit pas comme tout le monde et ne peut pas trouver sa place dans le monde. Alors il continue à avancer. Lors de ces Aventures, nous essayons de nous attaquer à son passé, à ses origines. Sa mère va ainsi faire des apparitions. Elle sera présente par des souvenirs quand les moments sont trop difficiles pour lui. En fait, il ne cesse de fuir et il n’y a pas de répit.

Il y a beaucoup de vous dans Hektor. Est-ce que des personnages vous ont inspiré ?
Nous nous sommes beaucoup inspirés de Charlie Chaplin et de Buster Keaton. D’ailleurs plus Keaton pour son côté acrobate. Le burlesque, ce n’est vraiment pas drôle. Il part d’une situation désespérée. Chaplin et Keaton ont cela en commun. Ils évoluent dans un climat de misère, pauvreté, de guerre…
Les situations tragiques permettent d’entrer en empathie avec les personnages. On ne rit pas d’eux mais de la manière dont ils tentent de se sortir de leurs malheurs.

Comment avez-vous construit ces Aventures d’Hektor ?
Il n’y a pas une narration tout à fait claire. C’est un homme qui court, fait face à des situations qui s’enchainent. Et cela ne s’arrête pas. Nous avons travaillé à partir d’improvisations. J’aime beaucoup procéder comme cela. Avec ce personnage, c’est d’autant plus important. Quand on fait un choix, Hektor peut le contredire. C’est la situation qui laisse voir le personnage.

Improvisez-vous sur scène ?
Oui et c’est aussi une manière de travailler que j’aime beaucoup. Je tente. Je me mets au service du personnage et c’est génial. Dans une situation, c’est Hektor qui trouve la solution. Tout cela n’est jamais conscient. Oui, il y a de l’improvisation mais ce n’est pas un spectacle improvisé. Il évolue constamment. On perdrait de ce personnage si tout était écrit.

Est-ce que vous aimez beaucoup Hektor ?
Oui, je l’aime beaucoup parce que le clown demande une réelle technique. Il y a aussi de l’acrobatie mais il n’est pas acrobate. En fait, il laisse naître l’acrobatie quand elle est nécessaire. Ce personnage me permet de visiter tous ces endroits. Nous avons créé des situations pour qu’il vive.

Comment s’inscrit-il dans votre corps ?
C’est un travail d’écoute. Je ne maîtrise pas tout à fait ce personnage. Je lui donne vie. Hektor est ce que je pouvais rêver de plus pur. Pour la première fois, je n’ai pas besoin de beaucoup me concentrer. Hektor fait partie de moi. C’est difficile à expliquer. C’est une corporalité, une manière d’être. Il est toujours un peu là et je le convoque pendant le spectacle. Parfois, il me fatigue un peu.

Maryse Bunel |  Relikto

STÉPHANE RICORDEL
metteur en scène
Après avoir vécu 17 ans à l’étranger (Algérie, Koweït, Libye), il poursuit ses études d’arts plastiques et de biologie cellulaire à Paris. Il commence le théâtre aux Cours Florent, puis avec Claude Régy, pour s’inscrire à l’école de cirque Fratellini et partir sur la route à travers le monde. En 1992, il cofonde la compagnie Les Arts Sauts : 1575 représentations dans 57 pays, 15 années de nomadisme et d’aventures extraordinaires au sein d’un collectif de 35 personnes. Il codirige depuis mars 2009, avec Laurence de Magalhaes, le Monfort théâtre, établissement culturel de la Ville de Paris, et depuis septembre 2016, le Festival Paris l’été. Il met en scène le spectacle de fin d’année du CNAC ÂM en 2011, le 50e gala de l’Union des artistes, et crée Acrobates en 2013, avec Olivier Meyrou, En Passant avec Denis Lavant et Dima Yaroshenko. Dans le cadre de Nuit Blanche 2015 à Paris, il crée la performance Nuage. En 2016, il crée avec les musiciennes ukrainiennes Dakh Daughters et des artistes de cirque venus des quatre coins du monde, un cabaret déjanté, Terabak de Kyiv. En 2018, il participe à Picasso Circus, spectacle présenté au Musée d’Orsay dans le cadre de l’exposition Picasso : Bleu et rose, et met en scène Bach Jour avec Sonia Wieder-Atherton et Shantala Shivalingappa.

OLIVIER MEYROU
metteur en scène
Formé à la FEMIS, l’Ecole Nationale française du film, et lauréat de la « Villa Médicis hors les murs », Olivier Meyrou est réalisateur et metteur en scène. En 2007, son film Au-delà de la haine obtient le Teddy Bear du meilleur film au Festival de Berlin. Ses films Célébration et Parade y sont également sélectionnés en 2008 et 2013. Au théâtre, il crée Acrobates en 2013 avec Stéphane Ricordel et met en scène La petite fille aux allumettes à la Comédie-Française. Olivier Meyrou travaille avec Matias Pilet depuis 2010. Ensemble, ils créent TU, La Fuite et Anjalousia.

MATIAS PILET
interprète
Formé à l’Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny en 2008, Matias Pilet est à la fois attiré par l’acrobatie et la danse. Il commence à réfléchir sur la façon de danser l’acrobatie. Étudiant à l’Académie de Fratellini, en compagnie d’Alexandre Fournier, leur recherche s’axe sur la fusion de leur corps différent et du mouvement dans les portés. Ils jouent ensemble dans Totem de cirque, mis en scène par Fabrice Champion, Bestioles dans le cadre de leur cursus à l’Académie Fratellini, Nos Limites réalisé au 104 et chorégraphié par Radhouane El Meddeb et en 2016, dans Acrobates de Stéphane Ricordel. La même année, il est l’un des interprètes du cabaret Terabak de Kyiv. Après une apparition en 2012 dans le film Parade d’Olivier Meyrou, il crée avec ce dernier en 2015, le solo acrobatique TU puis La Fuite et Anjalousia. Parallèlement, dans le cadre de recherches personnelles, Matias Pilet suit des stages de danse Gaga.

ARTHUR CHAVAUDRET
création magie / manipulateur
Né en 1989, il découvre la pratique qui sera la sienne à l’âge de 9 ans : la magie. Après une formation magie nouvelle au CNAC Châlons-en-Champagne, il s’interroge aujourd’hui tant sur la réalisation que sur la définition de la magie. De quoi la magie est-elle tributaire, en fonction de quoi a-t-on l’impression que quelque chose est magique ? Afin d’élargir ses horizons, il collabore avec de nombreux artistes. A titre d’exemples, il est regard extérieur pour Yann Frisch sur les créations Baltass et Le Paradoxe de Georges, pour Jean-Christophe Dollé sur Handball et Je vole. Il est aussi «magic advisor» pour David Blaine sur le show TV Beyond Magic à Los Angeles en 2016 ou encore conseiller magie en 2018 auprès de la Comédie-Française pour la création FAUST par Valentine Losseau et Raphaël Navarro. De son côté, proche de la Cie 14:20 de Clément Debailleul et Rapahël Navarro, il est technicien magie plateau sur Nous, rêveurs définitifs au Théâtre du Rond-Point en 2016, magicien sur Terabak de Kyiv de Stéphane Ricordel en 2018 et assure des spectacles close-up depuis 2015, au Festival 360°, au Festival Art Rock ou encore sur des événements tels que Roland Garros, Hermès, Fiat, Radio Nova, … Il crée en janvier 2022 le spectacle de magie nouvelle Intempéries, produit par La Comète scène nationale de Châlons en Champagne.

SHAGHAYEGH BEHESHTI
comédienne (court-métrage)
Après avoir étudié à la Sorbonne Paris III en études théâtrales, Shaghayegh Beheshti rejoint en 1997 le Théâtre du Soleil, dirigé par Ariane Mnouchkine. Elle a depuis participé à 7 productions, dont Tambours sur la digue, Le Dernier Caravansérail, Les Ephémères et Une chambre en Inde. En 2011, elle assiste Matthias Langhoff à la création de Lyon, Kaboul, Thèbes, aller-retour avec la participation du Théâtre Aftaab et traduit pour l’occasion le texte de Sophocle OEdipe en persan. En 2016, elle participe en tant que comédienne au spectacle Kanata, mis en scène par Robert Lepage, sorti à la Cartoucherie de Vincennes en novembre 2018 et actuellement en tournée. En août 2018, elle créé et met en scène Kaleidoscope dans lequel elle joue également en compagnie de 20 acteurs venus de Malaisie, Hong Kong, Taiwan et Macao. Le spectacle est joué dans la salle expérimentale du Théâtre National de Taipei et au centre culturel de Macao. Aujourd’hui, sa solide amitié avec Stéphane Ricordel l’amène à participer aux Aventures d’Hektor.

Ces trois-là ont un don rare : celui d’avoir compris qu’il n’était pas donné à tout le monde de se projeter dans le monde de l’enfance. (…) L’homme est beaucoup plus qu’un circassien. C’est un danseur d’acrobaties, ou un acrobate de danses. (…) Le décalage entre la maladresse apparente du personnage et le formidable talent de l’artiste fonctionne à la perfection. En permanence, l’incroyable technique qui repousse les limites de la gravité, la drôlerie burlesque et une forme de poésie surréaliste enchantent les spectateurs. Yves Poey | Overblog

Témoin des violences de notre siècle, Hektor y oppose son éternelle naïveté. Son imaginaire bordé d’enfance. Anaïs Heluin | La Terrasse

Portées par les artistes du burlesque, maîtres de l’évitement, les douleurs du monde, l’accident, la chute déclenchent les rires. (…) Hektor doit beaucoup au corps de Matias Pilet qui peut à la fois réaliser des prouesses physiques et les charger de cette émotion qui nous ramène à l’enfance, à la naïveté créatrice. Véronique Giraud | Naja 21