Les vivants et les morts

THÉÂTRE MUSICAL | DÈS 13 ANS
Mise en scène Gérard Mordillat
Compagnie Les rêves indociles

TEMPS FORT GÉRARD MORDILLAT
Jeudi 17 février 20h
Durée 1h40
Grande Salle
Tarif A | Réserver

 

D'après le roman et la série télévisée de Gérard Mordillat. Adaptation Hugues Tabar-Nouval et Gérard Mordillat. Paroles François Morel. Musique Hugues Tabar-Nouval. Distribution Nina Gorini, Günther Vanseveren, Esther Bastendorff, Patrice Valota, Nicolas Beaucaire, Camille Desmoures, Hugues Tabar-Nouval, Odile Conseil. Régie générale Carlos Monhay.

Une pièce de théâtre politique et musicale !
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Dans une petite ville de l'est de la France, une usine de fibre plastique ferme ses portes et licencie son personnel. À l'annonce de cette nouvelle, la vie d'un jeune couple – Rudi et Dallas – vole en éclats. Entre passion et insurrection, la pièce révèle leurs tourments, leurs révoltes et leurs secrets qui sont aussi ceux d'une petite ville française où la lutte pour la survie dresse les hommes les uns contre les autres, ravage les familles et brise les règles intimes, sociales et politiques. Les vivants et les morts c'est d'abord un roman, puis une série télévisée adaptée pour Arte et France 2. Finalement, c'est sur les planches que cette œuvre trouve son expression la plus juste et la plus vraie, grâce à la puissance émotionnelle de la musique composée par Hugues Tabar-Nouval et des chansons écrites par François Morel. Sur un plateau nu, six comédiens, deux musiciens et un choeur d'une vingtaine d'amateurs donnent corps avec légèreté à ce drame social pour proposer au public un spectacle qui lui permet tout à la fois de se divertir, de s'émouvoir et de réfléchir.

RENCONTRE
autour du livre

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➔ Mar. 15 février Librairie La Grande Ourse

CINÉMA
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➔ Mer. 16 février Grande Salle | d'infos

RENCONTRE ET ÉCHANGES
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➔ Ven. 18 février Studio

© Photo : Catonné.

Production : Les rêves indociles. Coprod : Le Tangram Evreux/Louviers. Accueil en résidence : Espace Philippe-Auguste, Vernon. Les Rêves indociles est subventionnée par La DRAC de Normandie, La Région Normandie, le Département de l'Eure, Seine Normandie Agglomération, La Ville de Vernon, la SPEDIDAM.

Site de la compagnie

1 – Les Vivants et les morts vient de loin. D'abord de mon roman publié en 2004, ensuite de la série que j'ai réalisée en 2010 pour Arte et France 2. Il s'agit aujourd'hui de revenir une fois encore sur cette histoire, de la porter sur scène, de la réinventer pour le théâtre.

2 – Cette nouvelle approche se veut avant tout celle d'un théâtre musical. C'est-à-dire que l'action dramatique et le chant y sont traités à parts égales. L'un ne prime pas sur l'autre ; la musique assurant l'équilibre constant entre les deux. Les parties chantées ont pour rôle spécifique d'exprimer tout ce qui est de l'ordre de l'émotion, de l'amour, de la révolte voire de la peur ou de la solitude, alors que l'action théâtrale s'en tient à la brutalité des faits. Dès lors il est indispensable que les comédiens et les comédiennes soient capables non seulement de tenir leurs rôles mais plus encore de les chanter.

3 – Mon roman était écrit au présent ce qui est le temps naturel du cinéma. Sur scène je souhaite retrouver cette immédiateté, cette âpreté, cette scansion si particulière du présent, m'écarter de ce qui serait un naturalisme pour trouver une expression singulière qui ne refuse pas la théâtralité. Théâtralité qui existe au réel dans les conflits sociaux où tous les protagonistes sont amenés à "tenir des rôles", à intervenir selon un ordre établi et des paroles donnés, à endosser un costume de circonstance. Ainsi pour les scènes de groupes, ceux qui auront joué les ouvriers en tenue de travail pourront naturellement, la scène suivante, jouer en costume cravate le conseil d'administration de l'entreprise… Scènes de groupe qui seront traitées comme des choeurs.

4 – L'action de la pièce trouve son origine dans un conflit social, la fermeture d'une usine, le licenciement du personnel. Elle progresse à travers les répercussions de ce séisme dans les familles, dans la municipalité, dans les organisations syndicales et s'incarne dans Rudi et Dallas, un jeune couple dont la vie est bouleversée par le sort qui leur est fait. C'est donc par nature un théâtre qui s'intéresse à l'économie, à la politique, à la situation contemporaine dans de nombreuses entreprises sur tout le territoire français mais qui s'y intéresse à travers l'intimité des héros de cette histoire.

5 - Sur scène, Les Vivants et les morts se veut inventeur d'images. Pour reprendre l'expression de Jean-Luc Godard, il ne s'agit pas de faire des images politiques mais de faire politiquement des images ; de les faire en utilisant tous les moyens, toutes les ressources du théâtre, jouant sans cesse avec la convention, tantôt pour la servir, tantôt pour s'en écarter.

6 – Paradoxalement, Les Vivants et les morts est aussi une incroyable histoire d'amour…

Gérard MORDILLAT

Depuis mon plus jeune âge, je voue une véritable passion pour les comédies musicales. Ma référence absolue est West Side Story que je revois régulièrement. J'aime l'idée de traiter un sujet sérieux, de société, sur un mode apparemment léger... L'alliance du théâtre et de la musique permet à la fois de nous divertir, nous émouvoir mais aussi de nous faire réfléchir. Raconter un drame social peut être d'autant plus poignant si, à la force du mot, on allie la puissance émotionnelle de la musique.

L'histoire de ce jeune couple, Rudi et Dallas, qui se bat pour maintenir leur emploi, leurs valeurs et leur amour, nous immerge dans un combat plus que jamais d'actualité. Dans le roman de Gérard Mordillat, le quotidien de ces ouvriers est palpable, nous ne sommes pas dans la litanie des chiffres des fermetures d'usines et des licenciements que nous énumèrent froidement les médias. Nous pouvons ressentir les conflits intérieurs des personnages.

Les paroles des chansons-écrites par François Morel donnent une vraie épaisseur aux personnages en nous les rendant profondément familiers et humains.

Pour que la pièce ne soit pas une alternance systématique entre texte et chansons comme certaines comédies musicales où la musique, aussi intense soit-elle, peut sortir le spectateur de la trame de l'histoire, une ambiance musicale accompagnera les actions et les dialogues (comme les récitatifs d'opéra). Le piano se mêlera à des sons électroniques et à des bruitages afin de créer l'univers sonore des différents lieux. Ainsi, le passage entre les parties dialoguées et les chansons se fera naturellement.

Ayant une culture musicale qui vient à la fois du jazz, de la musique classique, de la pop et de la chanson française, mes compositions puisent naturellement dans toutes ces influences.

Un pianiste sera là pour assurer à lui tout seul une dimension intimiste ou orchestrale. Le choeur chanté par les comédiennes et comédiens aura une importance capitale car il sera à la fois la voix des ouvrières, des ouvriers et celle des dirigeants, apportera une richesse plus ample aux chansons et renforcera la légèreté et l'humour de certains dialogues.

Enfin pour le timbre de voix des personnages : j'imagine un Rudi à la voix puissante et virile, une Dallas à la voix juvénile mais pleine de force et de conviction, un Lorquin à la voix rauque et grave, une Mickie à la voix suave et profonde, une Varda à la voix légèrement nasillarde et comique, un Hoffermann à la voix profonde et caverneuse et un Format à la voix douce mais ferme.

Hugues TABAR-NOUVAL

Les Vivants et les Morts, c'est d'abord pour moi la fierté d'avoir participé à une oeuvre télévisuelle très atypique. C'est un récit épique, lyrique, profondément social écrit par Gérard Mordillat, homme inventif et en colère.

Il y est question d'une France industrielle qui se meurt où des voyous en costume-cravate bradent tout un savoir-faire, toute une humanité, toute une culture.

J'étais heureux que Gérard me demande d'écrire les textes des chansons d'une pièce musicale qui prolongerait cette belle aventure, qu'il sollicite Hugues Tabar-Nouval, auteur de musiques à la fois savantes et populaires.

Je rêve d'un spectacle puissant, sentimental, politique et naturellement drôle parce que, c'est Brecht qui le dit, «un théâtre où on ne rit pas est un théâtre dont on doit rire»

François MOREL

Né à Paris, dans le quartier de Belleville, d'un père serrurier à la SNCF, Gérard Mordillat s'intéresse très vite à la littérature et au cinéma. Il publie des poèmes, travaille avec Roberto Rossellini, réalise un documentaire sur les patrons, devient responsable des pages littéraires du journal Libération, qu'il quitte après la publication de son premier roman, Vive la sociale !, en 1981. Il réalise en 1983 une adaptation de son livre au cinéma, puis enchaîne romans, essais, fictions et documentaires pour petit et grand écrans. Il est par ailleurs, président de l'association Altermedia, en Ile-de-France, qui a pour vocation de former aux métiers du cinéma, des jeunes n'ayant pas obtenu le baccalauréat. Il préside aussi le festival international sur la mer et les marins Ciné Salé qui a lieu au Havre. Il est l'un des « papous » de l'émission de France Culture Des Papous dans la tête et participe à l'émission La Grande Table sur France Culture.