Tristesse Animal Noir

THÉÂTRE | DÈS 12 ANS
Mise en scène Timothée Lerolle
Compagnie MoonSoon

Coproduction PAN – Producteurs Associés de Normandie

FOCUS PAN
Producteurs Associés de Normandie
CDN de Normandie – Caen, CDN de Normandie Rouen, CDN de Normandie – Vire, Le Tangram – Scène Nationale d'Evreux, Scène Nationale 61 d'Alençon, le Trident – Scène Nationale de Cherbourg-Octeville, DSN – Dieppe Scène Nationale.
Mardi 26 avril 20h
Durée 1h30
Le Drakkar
Tarif A | Réserver

 

Une pièce d'Anja Hilling traduit de l'allemand par Silvia Berutti-Ronelt en collaboration avec Jean-Claude Berutti. Avec Céline Fuhrer, Guillaume Geoffroy, Juliette Leger en vidéo, Vincent Menjou-Cortès, Barthélémy Méridjen, Martin Nadal. Assistant à la mise en scène et narrateur Rarès Ienasoaie. Scénographie Camille Allain Dulondel. Création costumes Léa Perron. Création sonore Tom Menigault. Création lumière Félix Bataillou. Texte publié aux Éditions théâtrales, éditeur et agent de l'auteur.

Des ruines, tout peut surgir.
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Paul, Miranda et leur bébé Gloria, Jennifer, Oskar, Martin et Flynn partent en forêt le temps d'une nuit loin de leur quotidien citadin. Ils s'apprécient, se jugent parfois, veulent se plaire. Peu à peu, l'alcool délie les langues. Derrière les banalités échangées autour d'un barbecue se dévoilent les inimitiés, les blessures mal refermées, les ambiguïtés. Soudain, une étincelle vole et la nature s'embrase en un animal silencieux, un incendie dévastateur. Les pertes sont lourdes, mais ne sont pas les mêmes pour tous, et chacun doit désormais tenter de surmonter son traumatisme. Chaque nuit, les souvenirs ressurgissent : ce pique-nique entre amis, le barbecue, la forêt qui s'embrase, les cris, la fuite, la mort. Autant de brûlures avec lesquelles il faut désormais composer. Mais très vite, une question demeure sans réponse : les présumées victimes ne seraient-elles pas les véritables coupables de cette apocalypse soudaine ? Tristesse Animal Noir plonge l'humain au coeur du chaos. Comment réagir à un événement dont la violence nous dépasse, surtout quand il fait irruption avec fracas ? En trois mouvements singuliers, l'insouciance s'installe avec un regard d'une grande poésie, crée le choc à travers des émotions brutes et laisse enfin s'apaiser les cendres.

RENCONTRE
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Avec Eva Doumbia et Timothée Lerolle, metteuse et metteur en scène soutenus par PAN –Producteurs Associés de Normandie.
➔ Mer. 27 avril | 20h | au Studio | + d'infos

© Photo : Alban Van Wassenhove.

Production cdn de Normandie- Rouen Coprod MoonSoon, Producteurs Associés Normands (PAN) : DSN – Dieppe Scène Nationale, Comédie de Caen – CDN de Normandie, CDN de Normandie – Rouen, Le Préau – CDN de Normandie Vire, Le Tangram – Scène Nationale d'Évreux, Le Trident - Scène nationale de Cherbourg-en-Cotentin avec le soutien de La Ménagerie de Verre dans le cadre du StudioLab remerciements CDN de Nanterre-Amandiers.

Site de la compagnie

Tristesse Animal Noir est une histoire découpée en trois parties.
Dans la première, La Fête, nous rencontrons les protagonistes : Paul, Miranda et leur bébé Gloria, Jennifer, Oskar, Martin et Flynn. Un groupe allant de 30 à 40 ans, lié par l'amitié, la famille ou le travail. Ils vont, pour une nuit en forêt, se couper de leur quotidien citadin. Une pause. Un week-end. Un barbecue de nuit. Rien de mieux qu'un barbecue pour rencontrer des gens.
La deuxième partie, Le Feu, raconte comment ces personnes, après avoir involontairement déclenché un incendie, courent et fuient à travers la forêt en flammes.
La troisième partie, La Ville, montre le retour des survivants. Comment continuer à vivre? Comment accepter sa vie, après un tel traumatisme?

Post-Trauma
Nous axerons la dramaturgie sur La Ville, troisième et dernière partie du texte, le temps d'après. La Ville parcours les quelques mois suivant la catastrophe, lorsque les plaies sont ouvertes, le tout début d'une cicatrisation. C'est un moment où paradoxalement tout est possible. Des ruines, tout peut surgir. C'est un moment de carrefour, et les différents personnages de la pièce sont en lutte pour trouver une échappatoire à cet état de désolation. Tous n'empruntent pas la même voie.
Aujourd'hui l'Australie brûle. La Californie, l'Amazonie, l'Afrique Subsaharienne, le Portugal, et cela ne s'arrêtera vraisemblablement pas. Il y a sans doute des choses encore à sauver. Il y a aussi cette situation de l'après qui est déjà présente.

Le cauchemar
La Ville se présente en une succession de dix scènes, flash de vie épars. Entre chaque il y a du vide, des temps de sommeil, et de ce temps s'expulse les angoisses à travers les cauchemars. Nous ferons exister ces cauchemars par des échos, des bribes issues de la catastrophe elle-même décrites dans les deux premières parties, passées au filtre du rêve par le traitement du son et de l'image. Des séquences préenregistrées s'insèreront entre les scènes. Les défenses psychiques des personnages mises en musique et en lumière reflèterons la violence du combat interne de chacun.

Le groupe
« On pourrait dire qu'ils sont amis. Ils se connaissent, plus ou moins, s'aiment bien, d'une certaine manière, se méprisent parfois, savent pas mal de choses les uns des autres, veulent se plaire. ». C'est ainsi qu'est décrit le groupe de personnages à l'orée du texte et de la forêt, et c'est également ainsi que s'est constitué la distribution. Tous les acteurs ne viennent pas du même endroit, loin de là, mais chacun connaît l'un ou l'autre, d'un biais ou d'un autre, de plus ou moins près, à travers la microsociété théâtrale d'aujourd'hui, comparable, parallèle à la société présentée dans le texte. Après la catastrophe, le groupe précaire n'existe plus. Les relations se limitent entre deux personnes au maximum. Pourtant, tous sont réunis dans ce lieu unique du théâtre, et chaque action de l'un aura sa répercussion sur les autres. Le groupe sera l'objet d'étude de cette expérience du théâtre, du dire. Le plateau tissera et détissera les liens entre les personnages, selon leurs réactions face au traumatisme.

La scénographie s'inscrit dans le temps post traumatique de la pièce, après l'incendie.

L'espace principal du plateau est un lieu volontairement « post apocalyptique » signifié par un sol brûlé, des tissus déchirés et une ambiance décadente et terne.

Dans cet espace global, qui pourrait être un squat ou un théâtre en ruines, se côtoient différents espaces temps : une chambre d'hôpital, un tas de terre/cendres surplombé d'un étrange autel, une chambre d'amants. Différentes scènes concrètes et contextualisées se jouent entre les personnages dans ces espaces.

Puis, la parole change, elle s'ouvre, se poétise et se tourne vers le spectateur. Dans le même temps, l'espace se vide, les comédiens débarrassent le plateau du mobilier et des accessoires pour aller vers l'essentiel : leur histoire. Ils rejouent la scène de leur traumatisme : le feu. Cette forêt, lieu de l'incendie aussi beau qu'effrayant, apparaît, fantomatique, derrière le tulle du fond de scène.

Elle est là, omniprésente derrière les personnages, faisant planer menace et réminiscences.

Une fois le traumatisme retraversé par les acteurs, voici le temps de l'après, de la résilience. On fait place nette pour qu'un présent et un avenir meilleur puisse advenir. Le plateau est vide, l'adresse directe. Le vide permet de faire place au renouveau et à la transformation : par l'exposition.

L'idée du décor est de travailler sur le contraste entre la nature et l'espace technique du plateau. Parfois la nature donne la sensation d'avoir pris le dessus sur l'espace, parfois elle semble contrainte dans un espace technique et théâtral cloisonné par des murs, de la lumière. L'idée est de jouer sur la sensation ambivalente que nous procure le fait de voir du naturel sur un plateau voué à la représentation.

MoonSoon vient de mousson, ce flux de masse d'air provoquant les pluies diluviennes d'Asie tropicale. La mousson est un phénomène climatique qui vient à la fois irriguer les terres pour de nouvelles cultures mais qui peut aussi tout inonder sur son passage. La mousson est autant une promesse de renouveau qu'un témoignage de perdition.
MoonSoon est la réunion d'artistes de divers horizons réunis par Timothée Lerolle au gré de son cheminement. L'organisation, tant artistique qu'administrative, tente de donner à chacun une place nécessaire, de faire briller les individualités dans un fonctionnement collectif. Pour un théâtre de la rencontre, lieu de collage des pratiques, des univers, des origines.
Toute création de MoonSoon interrogera le sensible, la poésie, à travers toutes les composantes du spectacle théâtral. Depuis le mot trouver la lumière, le son, la matière brute, l'image, leviers d'imaginaire pour le spectateur. Nous questionnerons le lien de l'individu au monde, ce qu'il voit, ce qu'il entend, ce qu'il sent et ressent.
Le dédoublement du O de Monsoon transmet la figure de l'espoir à travers un simple jeu de mot : bientôt la lune. De la même manière que la mousson est un espoir pour les cultures à venir, ici le O appel a un renouveau dans la manière de considérer notre monde.

Timothée Lerolle
Metteur en scène
Après une formation de comédien à l'ESAD de Paris auprès de Jean- Claude Cotillard, Alexandre del Perugia, Galin Stoev, Laurent Gutmann, Célie Pauthe, il enrichit son bagage d'un master d'étude théâtrale à l'université Paris III. Il travaille parallèlement avec des camarades de l'école au sein d'un laboratoire à la GareXP qui aboutira à la création d'India Song de Marguerite Duras qu'il met en scène. Il participe à différents stages, avec Marcial Di Fonzo Bo notamment, puis assiste Joël Pommerat à la dramaturgie sur un chantier de création de la compagnie Louis Brouillard; il y rencontre Vincent Menjou-Cortès qu'il assiste sur la création de Bérénice, suite et fin (SNSA, Bayonne) et met en lecture Tristesse, Animal Noir d'Anja Hilling. En 2017, il crée MoonSoon, et assiste Grégoire Strecker sur Une Hache.../Feydeau au théâtre des Amandiers, ainsi que Joël Pommerat sur Marius à la maison d'arrêt de Arles. Il collabore aux créations de Bao Bras d'Elise Douyere à Eu Vincent Menjou-Cortès au Théâtre de Belleville.