Et si je n'avais jamais rencontré Jacques Higelin ?

THÉÂTRE & MUSIQUE | DÈS 15 ANS
Mise en scène Guillaume Barbot
Compagnie Coup de Poker

Jeudi 14 avril Château musée
Vendredi 15 avril L'Entrepôt
20h | Durée 1h
Tarif C | Réserver

 

Avec Zoon Besse. Écriture Zoon Besse et Guillaume Barbot. Direction musicale Pierre-Marie Braye-Weppe. Visuel, regard scénograhique Benjamin Lebreton.

Une traversée musicale et un portrait puzzle d'un artiste et d'une époque !
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Est-ce possible d'être Jacques Higelin aujourd'hui ? De naître, de vivre, de grandir à la Jacques Higelin ? Ou est-ce une espèce en voie de disparition ? Dans cette nouvelle création de Guillaume Barbot, on y dresse le portrait de Zoon Besse, acteur co-fondateur de la Compagnie Coup de Poker, un oiseau rare à sa manière. Un fan de la première heure du Jacquot qui a cultivé son âme punk envers et contre tout, qui l'a payé cher parfois. Une platine, quelques vinyles, une guitare et un ampli, en DJ conteur punk, il raconte l'histoire de la bande à Higelin, ses frères et soeurs d'armes, entre reprises étonnantes et bandes sonores d'archives. Il parle de sa rencontre avec le chanteur inclassable, son idole jamais idolâtrée, une rencontre artistique, comme une onde de choc, une révélation, qui peut à tout instant changer notre vie. À travers ce portrait de Zoon Besse se dessine aussi le portrait de Jacques Higelin, fantasme d'une époque – punk, anar, révoltée, suicidaire, festive, brûlée, insouciante - qui a traversé toutes les générations. Il s'agit ici de replonger dans les nuits folles d'amitié et de liberté que Jacques Higelin se proposait de réinventer à chacun de ses concerts.

© Photo : Cie Coup de Poker.

Production : Cie Coup de Poker. Soutiens : SN de Noisiel – La Ferme du Buisson, Centre Culturel l'Imprévu à Saint-Ouen L'aumône, Les Studios de Virecourt, le 104. La Cie Coup de Poker est conventionnée par la DRAC Ile-de-France.

Site de la compagnie

Je me suis toujours demandé : est-ce possible d'être Jacques Higelin aujourd'hui ? De naître, de vivre, de grandir à la Jacques Higelin ? Ou est-ce une espèce en voie de disparition ? Qu'est-ce qu'il nous renvoie de nos choix de vie, de nos petites concessions, de notre enthousiasme tempéré, de nos brûlures sous pommade ? C'est un luxe de dire merde, de gueuler l'amour aux étoiles – mais le faire, vraiment, et tous les jours, et pour toute la vie – de vieillir sur un chemin de traverse…


Zoon Besse, acteur fondateur de la Compagnie Coup de Poker, est un oiseau rare, à sa manière. Un fan de la première heure du Jacquot. Un mec qui a cultivé son âme punk envers et contre tout. Et l'a payé cher parfois. Mais qui tient sa route, imprévisible et si singulière.

Nous avons créé L'histoire vraie d'un punk converti à Trenet en 2015. Il y racontait sa rencontre avec le grand Charles et ses adieux aux punks. Déjà, en 2012, dans une précédente création, Club 27, Zoon faisait allusion à son passé rock en retraçant la naissance de son premier groupe : Double Zéro. Comme un fil conducteur, nous avons continué à échanger sur cette période charnière de sa vie. Et petit à petit un dernier chapitre s'est imposé comme une évidence : Higelin. Tout est parti de là. Avant Trenet, avant Double Zéro, il y avait Higelin. Je connais le chanteur, comme beaucoup, je l'ai vu en concert, comme beaucoup, je l'ai écouté en interview, je l'ai même rencontré en back stage lors d'un festival où il nous a invité à boire un verre (comme beaucoup), mais le Higelin que Zoon a au fond de lui, il ressemble à quoi ? Je connais Zoon depuis plus de vingt ans, il m'a appris la désobéissance, la poésie au quotidien, les heures qui font plus que 60 minutes, les nuits qui s'en foutent du lever de soleil, les excès d'amour et les trop plein de tendresse, les choix de vie inattendus, le plaisir du risque et la peur de pas grand chose, et je comprends que tout ça venait donc de son frère de cœur, de son idole jamais idolâtrée, de cet ovni d'humain qu'était Jacques Higelin… Tous les deux veulent vivre, hors du temps, et sans politesse. Zoon, comme Higelin, sont des défis à la normalité. A la bien-pensance. A la liberté étriquée. Des manifestes de l'insurrection poétique. Higelin a traversé toutes les générations, jusqu'à la mienne et maintenant celle de mon fils de 3 ans qui chante « j'ai des pompiers dans mon zizi » sur le chemin de la maternelle… Higelin est comme un rappel qu'une autre vie est possible. Et sa force universelle, son regard unique sur le monde et le quotidien, son chant d'insoumis, sont plus que nécessaire par les temps qui courent...

Il ne faut pas penser 'Et si je n'avais jamais rencontré Jacques Higelin' comme une suite, ou comme un prologue oublié. Mais comme une nouvelle résonnance. Une pièce supplémentaire au puzzle. Une face cachée du portrait de Zoon que l'on dessine spectacle après spectacle. Car tous les spectacles de la compagnie sont finalement des portraits. Des rencontres. Portrait de Zoon, portrait de Jacques Higelin par écho, portrait d'une génération – punk, anar, révoltée, suicidaire, festive, brûlée, insouciante … et portrait de notre temps, de notre époque, par effet miroir.

Ici, il s'agit de replonger dans les nuits folles d'amitié et de liberté que Jacques Higelin se proposait de réinventer à chacun de ses concerts. Ici, Zoon se raconte, une clope et des vinyles à portée de main... Ici, Zoon et sa bande ont à peine vingt ans, ils vivent en communauté, ils ont la jeunesse pour eux, et dans une vie éclatée qui démarre à peine ils rencontrent ce chanteur inclassable. Et pour tous c'est une révélation. Une onde de choc. Puis le temps a passé, les années ont pris le dessus, Mogador et les années 80 ont été reléguées aux archives… mais aujourd'hui alors ? Qu'en reste-t-il ? Au delà de la légende, du fantasme d'une époque, voici une traversée humaine, pudique, punk, sombre parfois, hors piste souvent, une traversée universelle où l'on attend le petit matin épuisé mais rempli de tendresse.

Le principe scénographique est léger : l'acteur arrive avec un projecteur lumière, un ordinateur, une platine, quelques vinyles, un ampli, une guitare et un micro hf - qu'il installe à vue avant de démarrer son histoire. Un peu comme un DJ Conteur. Comme ces nuits qui s'étirent délicieusement et où l'on plonge dans des souvenirs en passant disque sur disque…

Chaque espace qui offre une écoute peut ainsi devenir lieu de représentation.

Et dès que cela sera possible, nous jouerons en dehors des salles de théâtre. A côté. En marge. Juste à la frontière. Là où se terminaient les concerts d'Higelin. Au bar, dans le jardin voisin, au resto d'en face, dans la rue perpendiculaire, à l'arrière d'une cuisine, dans une loge trop vaste, dans un salon la nuit… Là où le spectateur se perd après ou avant la représentation. L'idée est d'investir tous ces recoins inattendus qui appellent à démarrer ou terminer sa soirée…

En 1970, devant les caméras de l'ORTF, Jacques Higelin chante dans l'angle de sa cuisine pour son fils Arthur qui prend son goûter…

En 2021, Zoon, fera sa cuisine interne et nous contera en une petite heure l'histoire de la bande à Higelin, ses frères d'armes et de cœur… Avec sa voix, ses disques, sa guitare, et une bande sonore composée d'archives (les improvisations live d'Higelin), de témoignages, d'ambiances, d'arrangements (reprises étonnantes des perles parfois inconnues d'Higelin)…
Ceux qui veillent ramassent les rêves des autres, disait Higelin. Alors veillons…

«Être Higelin c'est dire je t'aime à qui tu veux et merde aux autres, Etre Higelin c'est avoir envie d'être fou sans certitude d'y arriver,
Être Higelin c'est un doigt d'honneur aux donneurs de rien, aux anti-rêveurs, à ceux que ta liberté dérange,
Etre Higelin c'est organiser la circulation sur le rond point des Champs Elysées,
Être Higelin c'est une fleur à la boutonnière, la main sur le cœur et un flingue sur la tempe, ouais mec, un flingue sur la tempe,
Être Higelin c'est ne jamais savoir ce qui va t'arriver, jusqu'à épuisement,
Être Higelin c'est charmer les animaux, Être Higelin c'est aller voir,
Etre Higelin c'est se payer le luxe d'être soi,
Être Higelin c'est des allumettes aux fonds de tes yeux, des pianos à queue dans ta boite aux lettres, des pots de yaourts dans la vinaigrette et des oubliettes au fond de la cour »

Guillaume Barbot

Formé comme acteur à l'ESAD (école nationale à Paris), Guillaume Barbot fonde la compagnie Coup de Poker en 2005 en Seine et Marne. Il en assure la direction artistique. Il y est auteur et metteur en scène d'une douzaine de créations dont CLUB 27, NUIT, ON A FORT MAL DORMI, HISTOIRE VRAIE D'UN PUNK CONVERTI A TRENET, HEROE(s), ANGUILLE SOUS ROCHE (TGP CDN de Saint-Denis, Tarmac…), et ALABAMA SONG (Théâtre de la Tempête…).

Il développe un travail visuel et une écriture de plateau, à partir de matière non dramatique, mêlant à chaque fois texte et musique. Un théâtre de sensation qui donne à penser, un théâtre politique et sensoriel.

Il met en scène également pour l'opéra, à Montpellier, avec l'ensemble baroque Les Ombres. Et est co-directeur artistique des Studios de Virecourt, lieu de résidence pluridisciplinaire près de Poitiers qui défend la création originale.

Zoon Besse

Musicien, chanteur et acteur, il travaille principalement pour le cinéma, et la télévision, avec des réalisateurs comme P.Leconte, G.Jugnot, J.Santoni, D.Amar, R.Watherhouse, J.Demme. Au théâtre, il joue avec des compagnies comme La Lanterne Magique, la Compagnie du Sajou, le théâtre du Risorius, la compagnie Greco Casadesus… puis fonde avec Guillaume Barbot la Compagnie Coup de Poker, au côté duquel il crée Gainsbourg moi non plus, Club 27, Nuit, L'histoire vraie d'un punk converti à Trenet, Amour, Les Invisibles…

Pierre-Marie Braye-Weppe

Elève de Didier LOCKWOOD pendant plusieurs années, diplômé du CMDL où il est aujourd'hui professeur principal.

Il travaille avec la Cie Coup de Poker depuis 2008. Il a joué et composé les spectacles mis en scène par Guillaume Barbot : Gainsbourg moi non plus, En Vrac, Nos Belles, Club 27, Nuit, Michaux tranquille à la maison, L'Histoire vraie d'un punk converti à Trenet, 'Amour', Heroe(s), Anguille sous roche, Alabama Song.

Il travaille également pour le théâtre avec des metteurs en scène comme Céline Champinot (Théâtre Bastille), Marcus Borja (CNSAD), Yohan Manca (Le Carreau du Temple), Lola Naymark (SN de Dunkerque), Julien Barret (CDN d'Angers)…

Il est par ailleurs cofondateur de l'espace culturel Agora-Off.

La Compagnie Coup de Poker, a été en résidence au Théâtre de la Cité Internationale (2017), au TGP CDN de Saint-Denis (2018 -2019) et est associé au Théâtre de Chelles depuis 2015. La compagnie est conventionnée par la DRAC Ile-de-France.