GRANDE SALLE
MERCREDI 20 JANVIER – 20H
Une diva égyptienne, un poète persan du XIe siècle et une scène où tout brûle ensemble.
Oüm convoque deux figures habitées par la même flamme : Oum Kalthoum, qui improvisait pendant des heures et s’habillait en homme si elle le souhaitait, et Omar Khayyam, mathématicien et poète hanté par l’ivresse, l’équilibre et le temps. De leur rencontre naît un plateau où chant, poésie, danse et musique live s’unissent et s’enivrent. Les frontières stylistiques s’abolissent, chaque interprète révèle sa singularité et la transe, intemporelle, prend corps.
Une pièce généreuse, libératrice et sensible. — Toute la culture
Une chorégraphie merveilleuse, portée par un tempo enivrant. — Exmovere
PASSERELLE CINÉMA
El Sett de Marwan Hamed (2h35)
Qui était vraiment Oum Kalthoum ? Ce biopic retrace la vie d’une femme hors du commun dont la légende traverse le temps et l’esprit habite Oüm.
Chorégraphie : Fouad Boussouf – Interprètes : Nadim Bahsoun, Yumio Chanoki, Filipa Correia Lescuyer, Marcus Diallo, Lola Ruscica et Ismaël Belabid-Lenoir – Musiciens et compositeurs : Mohanad Aljaramani et Lucien Zerrad – Scénographie : Raymond Sarti – Costumes : Anaïs Heureaux – Création lumières : Fabrice Sarcy.
© Photo : Antoine Friboulet
Distribution suite Assistante du chorégraphe : Mathilde Méritet – Arrangements sonores : Marion Castor et Lucien Zerrad – Dramaturgie : Mona El Yafi – Régie générale et lumières en alternance : Benoît Duboc, Romain Perrillat-Collomb ou Yaël Vallée – Régie son en alternance : Gianluca Rossiello ou Gabin Bachelet. Reprise de production : Le Phare - Centre chorégraphique national du Havre Normandie / direction Fouad Boussouf – Production : Compagnie Massala – Coproductions : La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne ; Le POC d’Alforville ; Institut Français de Meknès, Maroc ; CCN de Créteil et du Val-de-Marne, compagnie Käfig ; Pôle Sud CDCN de Strasbourg ; Les Hivernales CDCN d ’Avignon ; Fontenay-en-Scènes, Fontenay-sous-Bois ; Hessisches Staatsballett – Tanzplattform Rhein Main, Allemagne ; Théâtre Paul Eluard (TPE), Bezons – Soutien financier : ADAMI, La Commanderie Mission Danse de SQY, Conseil départemental du Valde-Marne, Drac, Région Île-de-France, SPEDIDAM – Soutien et prêt de studios : La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne ; CCN de Créteil et du Val-de-Marne, compagnie Käfig ; Centre National de la Danse ; Institut Français de Meknès, Maroc ; Hessisches Staatsballett, Allemagne ; Les Laboratoires d’Aubervilliers ; Mophradat ; Le POC d’Alfortville ; Pôle-Sud CDCN de Strasbourg – Le Phare CCN du Havre Normandie est subventionné par le Ministère de la Culture / Drac Normandie, la Région Normandie, la Ville du Havre et le Département de la Seine-Maritime.
Oüm rend hommage à Oum Kalthoum, diva ultra moderne qui improvisait pendant des heures, s’habillait en homme si elle le souhaitait et à Omar Khayyam, poète persan du XIème siècle qui célébrait l’ivresse, la transe et l’amour. La voix et la puissance de la diva, les recherches du poète mathématicien sur la notion de poids, d’équilibre et de temps, sont pour la danse autant de bases d’inspirations fondatrices et précieuses. Oüm c’est aussi et surtout des corps qui vibrent ensemble au gré des injonctions de la musique live, abolissant les frontières stylistiques, ouvrant la voie à l’improvisation et à l’enivrement tout en explorant la singularité de chaque interprète. Création musicale et poétique, Oüm donne vie à cette transe intemporelle où chant, poésie, danse et musique s’unissent pour célébrer le temps présent.
« Des années 1920 aux années 1960, entre Beyrouth et Le Caire, de grandes divas se relayaient sur les ondes radios comme étendards de la chanson arabe au féminin. Oum Kalthoum, en particulier, fait partie du paysage sonore de mon enfance. Une musique toujours présente, de basse intensité, que j’entendais partout, de jour comme de nuit, à chaque coin de rue, dans chaque voiture – et notamment celle de mon père. C’est ce qu’il me reste de plus fort comme souvenirs musicaux de ces années au Maroc. Je ne comprenais pas ce qu’elle disait, mais à force d’entendre sa voix, elle m’était devenue familière. Ses chansons, caractéristiques du style tarab, dans lequel elle excelle, incarnent une émotion poétique et musicale, faisant appel à un large spectre de sentiments, des plus intériorisés aux plus violents. Plus tard, je me suis intéressé au sens de ses chansons et par elle, j’ai découvert Les Quatrains d’Omar Khayyam. Véritable ode au présent, ce poème puise sa force dans le rapport au plaisir, à la délectation, à l’exaltation et à la transe. C’est dans ces sentiments et états que mon travail trouve son origine, non seulement en danse mais aussi en musique et en voix. Je suis particulièrement touché par les connexions qui s’établissent entre ces vibrations et les interprètes. Imaginée comme un rendez-vous poétique, cette création laisse le champ libre à la communion entre les différent·es interprètes, tou·tes uni·es dans une même énergie que véhicule cette quête du présent »
Fouad Boussouf
Début 1900, le poète Ahmed Rami, fasciné par Les Quatrains d’Omar Khayyam fait le voyage du Caire à La Sorbonne pour apprendre le persan et traduire son idole. Alors qu’il s’y trouve, un de ses amis l’appelle : « Une chanteuse déguisée en homme chante tes poèmes, il faut que tu entendes ça ». Il retourne au Caire, découvre celle qui n’est autre qu’Oum Kalthoum et trouvera là la seconde idole de sa vie. En 1950, la traduction que Ahmed Rami a faite des Quatrains de Khayyam est prête. Chantés par Oum Kalthoum, ils deviennent un immense succès, faisant alors découvrir ce poème du XIème siècle à des générations entières. Début 2000, Fouad Boussouf commence à s’intéresser aux textes de la diva qui a bercé son enfance et découvre Les Quatrains, ce long poème dans lequel Omar Khayyam chante le sort des hommes en un vaste hymne au présent. Les Quatrains d’Omar Khayyam sont une exhortation à s’éveiller, à éveiller sa pensée et son corps à ce qui est là. Ils invitent à habiter pleinement le présent dans la conscience de la mort jamais loin et la joie immense de la vie qui brûle.
« Gens insouciants réveillez-vous Et remplissez le verre du désir Avant que ne remplisse le verre de la vie, la main du destin. »
Cette strophe par laquelle Oum Kalthoum entame sa version des Quatrains comprime cet appel à la vie, à la flamme du présent en même temps qu’un certain appel à la transcendance. C’est de cette strophe que part Oüm et à elle qu’Oüm ne cesse de revenir, dans la voix du chanteur, dans les voix des danseurs, dans leurs corps, dans les sons, et jusqu’à la voix de la diva Oum Kalthoum, toujours dans la langue arabe, sa rythmique et sa musicalité.
« Et aujourd’hui grâce à elle, les paysans analphabètes récitent des vers raffinés, les nationalistes glorifient la langue, les mystiques entrent en transe et les femmes cloîtrées rêvent d’amour galant. »
Naguib Mahfouz dans Oum Kathoum,
documentaire de Simone Bitton
« Superposition de danses au sol et de tracés verticaux de grande finesse, chaînes de corps et jeu avec leur poids, explosions de mouvements radicaux et presque violents… C’est à une transe éclairée que danseurs et musiciens nous convient. (…) Portée par la force d’un rite contemporain, Oüm pourrait bel et bien devenir une pièce culte. » Danser Canal Historique – Thomas Hahn
« Ainsi se dégage (…) ce qui manque bien souvent à nos scènes et trouve sa raison d’être dans l’état de fait que cela nous permet de ressentir sans avoir à regarder derrière nous une fois de plus : une forme nouvelle de nostalgie contemporaine. » I/O Gazette – Jean-Christophe Brianchon
« Les danseurs nous emportent avec leur énergie dans cette aventure palpitante, harmonieuse et singulière ». 20h30, Lever de rideau
« La musique, les textes de l’écrivain médiéval Omar Khayyam et la danse font un bloc de beauté ». « Avec Oüm, Fouad Boussouf ajoute sa pierre très bien taillée à l’édifice des pièces contemporaines reprenant des motifs populaires ». Exmovere, Amélie Blaustein Niddam