MUSIQUE

GRANDE SALLE

SAMEDI 16 JANVIER – 20H

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Tarif A
1h30


ABD AL MALIK

GIBRALTAR, IDENTITÉS RÉCONCILIÉES

Gibraltar résonne encore, et peut-être plus fort que jamais.

Vingt ans après sa sortie, Abd al Malik revisite Gibraltar, l’album-manifeste qui questionnait l’identité à travers le rap, la poésie, le jazz et la philosophie. Une œuvre composite, comme son auteur, qui puisait dans la diversité des cultures pour démontrer que le rap est avant tout un outil de réconciliation.

Célébrer Gibraltar aujourd’hui, c’est affirmer l’urgence du dialogue, de soi à soi-même et de soi-même aux autres.


PASSERELLE CINÉMA

Furcy né libre d’Abd al Malik (2026 – 1h48)
Un esclave se bat pour faire reconnaître ses droits et pose la même question que porte Gibraltar : qui a le droit d’exister librement ?

Rapper&back : Matteo Falkone – Dj-machines : Bilal – Basse : Izo Diop – Claviers : Didier Davidas – Batterie : Franck Mantegari – Guitare : Chrispohe Pinheiro – Danseur : Salomon Asaro.

© Photo : Fabien Coste

Production : Les Visiteurs du Soir.

Site de la compagnie

Je suis né dans le quatorzième arrondissement de Paris, mes parents sont originaires du Congo et j’ai grandi dans une cité HLM de Strasbourg. Je suis donc Français, Alsacien, aux racines africaines, et musulman aussi. Et c’est la pensée de midi d’Albert Camus (cette idée de « la juste mesure » comme il disait) et le concept de mondialité d’Édouard Glissant (ce dialogue mondial qui se fonde dans la différence locale plutôt qu’elle ne l’efface) qui ont fini de structurer intellectuellement et moralement l’homme et l’artiste que je suis devenu.

Finalement, lorsque je sortais cet été 2006 mon deuxième album solo, GIBRALTAR, à travers cet opus - manifeste, au carrefour de différentes esthétiques urbaines et traditionnelles, c’est bien, d’un point de vue personnel et général, la notion d’IDENTITÉ que j’ambitionnais de questionner avec force. Qui suis-je donc vraiment ? Qui sommes-nous collectivement ? Dans la quête universelle et intemporelle du connais-toi toi même, je me donnais - dans mon rôle d’artiste et ma position de témoin privilégié des quartiers populaires, de renouveler l’esthétique du Rap en la connectant de façon frontale à la Poésie, au Théâtre, à la Littérature, à la Philosophie, au Slam, à la Chanson et au Jazz. Comme en miroir de toutes ces parties de moi-même qui ensemble formaient mon identité une. Parler de l’identité, c’était donc parler du multiple dans l’un et de l’un dans le multiple.

Au fond, il s’agissait de faire dialoguer celles et ceux qui soit disant ne pouvaient pas communiquer ensemble, de lancer des passerelles entre des lieux, des disciplines qu’on disait ne pas pouvoir associer…

Chemin faisant, je comprenais moi-même qu’accompagner à ma manière le déploiement de cet art si incompris qu’était le rap, c’était aussi démontrer par l’exemple que cet art urbain qui se construisait à travers le sample, l’échantillon musical, était dans son coeur, dans son essence même, un formidable outil de RÉCONCILIATION DES IDENTITÉS.

Puiser dans des échantillons musicaux issus du patrimoine musical du monde pour en faire oeuvre nouvelle, c’était, dans un même mouvement, comprendre que nous étions toutes et tous des êtres composites fait de la matière même de cette planète qu’on a en partage. C’est ainsi que, par les canaux de l’art et la culture, j’expérimentais l’universel dans ma propre chair.

En outre, nous vivons aujourd’hui l’une des phases les plus violentes de la mondialisation et différentes forces d’homogénéisation nous embarquent dans différentes formes d’extinction, que ce soit vis-à-vis de la dégradation de l’environnement ou de la disparition de phénomènes culturels. Célébrer GIBRALTAR vingt après sa sortie, c’est suggérer aujourd’hui l’importance et l’urgence de la réconciliation : un dialogue de soi à soi-même et de soi-même aux autres. Mais, on ne pourra jamais célébrer vraiment, comme il se doit, nos singularités individuelles si on ne reconnaît pas au préalable ce que nous avons toutes, tous, en partage : L’HUMANITÉ.

ABD AL MALIK
Né à Paris, il grandit dans une cité HLM à Strasbourg (Neuhof). Aujourd’hui l’un des artistes français les plus prolifiques et les plus révérés en France et à l’étranger, il est le seul artiste hip-hop à avoir obtenu d’affilée 4 Victoires de la Musique pour chacun de ses albums solos. En 2008, il est à la fois l’Artiste de l’Année et décoré Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. Il collabore régulièrement avec des artistes aussi différents que Juliette Gréco, Laurent Garnier ou encore Ahmad Jamal.

En août 2009, le magazine Jeune Afrique le désigne parmi «Les 100 personnalités les plus importantes de la diaspora africaine». Il obtient l’année suivante, avec son deuxième ouvrage La guerre des banlieues n’aura pas lieu, le Prix de littérature politique Edgar- Faure, et adapte pour le cinéma son best-seller Qu’Allah bénisse la France ! (May Allah Bless France), qui obtiendra notamment 2 nominations aux Césars (2015) et recevra au Festival de Toronto le Prix de la Critique Internationale (Prix FIPRESCI, 2014).

Il crée et met en scène au Grand Théâtre d’Aix en 2013, à la demande de Catherine Camus, L’Art & la Révolte (inspiré de L’Envers et l’Endroit), lors des commémorations du centenaire de la naissance d’Albert Camus. Il fera tourner ce spectacle protéiforme sans discontinuer pendant cinq ans dans les plus grands théâtres français.

Son deuxième album solo, Gibraltar (2006), traite avec force de l’immigration et de la problématique migratoire. Dès sa sortie, il devient une référence dans le hip-hop, le jazz et la chanson française. Il est aussi considéré, tout genre confondu, comme l’un des albums français les plus importants de ces 15 dernières années. Abd Al Malik est nommé en 2018 par le directeur du Théâtre de la Ville Emmanuel Demarcy-Mota Artiste-Ambassadeur, et, en plus de la mission de développement de projets, se voit confier une partie de la programmation du théâtre.

Au printemps 2019, à l’occasion de l’exposition Le Modèle noir de Géricault à Matisse au Musée d’Orsay, Abd Al Malik y propose un spectacle inédit conçu avec le chorégraphe burkinabé Salia Sanou, après la sortie d’un livre et nouvel album intitulé – d’après un tableau de Pierre Puvis de - Chavannes – Le Jeune Noir à l’Épée. Le nouvel opus pluridisciplinaire d’Abd Al Malik sera coédité par Présence Africaine, le Musée d’Orsay et Flammarion. En octobre 2019, il met en scène, au Théâtre du Châtelet, Les Justes d’Albert Camus, avec lequel il obtient un franc succès public. Il publie également en 2019, chez Plon pour la rentrée littéraire, Méchantes Blessures.

En outre, Abd Al Malik est fait Chevalier de la Légion d’honneur selon le décret du 31 décembre 2019.

En janvier 2021, il publie chez Robert Laffont Réconciliation, essai littéraire et politique rédigé durant le premier confinement. Il crée (écrit et réalise) ensuite Cités, série autour du patrimoine culturel et de la jeunesse française. Cette première mini-série de 12 épisodes, produite par Amazon Prime Video et exclusivement disponible sur TikTok, rencontre un succès immédiat : elle est visionnée plus de 30 millions de fois en moins de dix jours sur le réseau social favori de la génération Z.

Enfin, en 2024 à la Philharmonie de Paris, avec la chorégraphe Blanca Li et le violoniste David Grimal, Abd Al Malik propose Notre Sacre, une nouvelle relecture du Sacre du printemps, qui met l’accent sur son universalité et son actualité, 111 ans après sa création mémorable.