DANSE | DÈS 10 ANS

Vie de famille,
génération II

Chorégraphie Claire Durand-Drouhin
Compagnie Traction

Coproduction DSN

Mardi 28 février
20h | Durée 55 mn

Grande Salle
Tarif A

Parler de la vie et de la différence.
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Entre danse et prises de paroles, Claire Durand-Drouhin propose avec cette deuxième génération une exploration plus poussée des personnages apparus dans Vie de famille, dont Françoise et Alain, patients en psychiatrie, qui demeurent des guides en matière de poésie singulière et de simplicité.
Dans cette nouvelle tribu marquée par la dissemblance, huit interprètes confrontent leurs différences, expriment leurs souvenirs et jouent sur des tableaux qui s’inspirent volontairement des rapports familiaux ancestraux. Ponctuée de témoignages de chaque interprète, cette fable familiale transpire d’une saveur réaliste, quasi documentaire et rappelle au spectateur que ce ne sont pas juste les corps qui sont différents mais aussi les croyances et les valeurs.

Chorégraphie Claire Durand-Drouhin. Interprètes Julius Bitterling, Alain Chaussat ou Géraldine Seguin, Adalberto Fernandez Torres, Karine Girard, Inés Hernández, Jyotsna Liyanaratne, Haruka Miyamoto, Jean-Pierre Rigondeau. Scénographie et lumière Mélanie Rattier. Création sonore Charles Amblard.

© Photo : Cie Traction.

Production en cours : Maison des Métallos, DSN — Dieppe Scène Nationale, Micadanses. Coprods : CCN de Créteil et du Val-de-Marne, Ministère de la Culture, Ballet de l’Opéra de Bordeaux, Théâtre du Cloître SN de Bellac, CCM de Limoges SCIN pour la danse. Soutiens : Région Nouvelle Aquitaine, Saisons du Vieux Château – Vicqsur- Breuilh, La fabrique de la danse, Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Site de la compagnie

Dans cette version que nous avons entamée à  la Maison des métallos au mois de décembre 2020  lors de la co‑coOP avec Michel Schweizer, je me suis  inspirée d’une texture particulière en danse et  en théâtre, découverte lors de ce travail mené avec  4 danseurs et 2 patients de l’hôpital psychiatrique  de Limoges en 2016. 

Dans Vie de famille, la rencontre de nos corps et de nos  imaginaires a amené une étrangeté que je revisite  avec des danseurs et comédiens professionnels.  Un mélange de naïveté et de dureté, un paradoxe  de candeur et de violence. Cette matière sur laquelle  je veux m’appuyer est le fruit de l’intuition des patients  avec lesquels nous avons travaillé ou travaillons  encore, et aussi de leurs corps inhabituels en danse  au contact des nôtres. 

Françoise pèse 140 kilos et Alain est maigre,  âgé et raide. Ils sont en quelques sortes « Botero  et Giacometti ».  J’ai repris la même constellation familiale, 8 personnages,  avec autant de différences culturelles apparentes  que possible, et j’ai commencé par travailler des  scènes existantes tout d’abord pour les retrouver  puis nous les avons explorées encore davantage  physiquement.   

Pour bien comprendre quelle est cette poésie  des patients, je commence par reprendre certains  mouvements tels qu’ils sont avec leur désarmante  simplicité, pour les déployer ensuite dans l’espace  par les corps des danseurs.  Certains gestes sont improbables, ils sont arrivés  d’eux‑mêmes par l’esprit spontané de Françoise  et Alain qui n’ont été formatés par aucun  code artistique. 

Françoise, qui repose sa joue contre la plante des  pieds de Claire et tient dans ses mains ses chevilles,  regardant ainsi le public les yeux grands ouverts.  Alain, qui prend des poses figées, aériennes, à la fois  démonstratives et tellement modestes avant de  frapper fort avec sa ceinture…

C’est la saveur particulière de ces gestes là,  de ces regards, de ces attitudes que je tente de  maintenir puis de développer avec les danseurs.  Le danseur par son langage poétique propre utilise  cette matière et en joue techniquement. Les danseurs  sont en attente, d’une image, d’une réalisation  à la hauteur d’un but fixé. Ils envoient une image  empreinte de mille désirs de paraître pour toucher  l’esprit du spectateur. Ce sont tous ces codes-là que  les patients font exploser par leur poétique et par  leur désarmante simplicité. C’est cela qu’ils peuvent  nous apprendre. 

Mais par la suite le travail approfondi et  physique avec les danseurs amène le geste encore  plus loin toujours habité par cette fascinante  simplicité. C’est comme un relai. 

La nécessité d’aller chercher auprès des patients  cette troublante simplicité et puis l’envie de la  travailler corporellement avec les danseurs m’anime.  Des prises de paroles viennent aussi ponctuer cette  fable familiale, des témoignages de chaque interprète.  Une saveur réaliste, quasi « documentaire » transpire  dans la pièce, et rappelle au spectateur que ce ne  sont pas juste les corps qui sont différents mais aussi  les croyances et les valeurs. 

Claire Durand-Drouhin Diplômée en 1998 de la London Contemporary Dance School, elle est ensuite engagée dans la Compagnie Philippe Saire à Lausanne et dans la Compagnie Jacky Auvray à Caen. De 2000 à 2009, elle accompagne Nieke Swennen au sein de la compagnie IN VIVO, travaille régulièrement dans les hôpitaux psychiatriques et participe à plusieurs créations dont Intiem, Presto jubilato et La chambre d’ange. Elle crée la compagnie Traction en 2007, elle travaille tous les mois à l’hôpital psychiatrique de Limoges et s’investit également dans des actions artistiques en milieu carcéral (maisons d’arrêt de Limoges, du Val d’Oise, de Versailles, de Vivonnes…). Elle créé en 2010, Chambre 10, en 2013, Vie de famille, en 2016, Who’s Bach ?. Elle réalise également des documentaires destinés à la télévision (France Télévisions, Planète…), en partenariat avec Pyramide Production. En 2011, elle réalise Blanche-Neige en prison (Fr3) documentaire de 52’ sur un atelier de danse avec un groupe de femmes détenues de la prison de Poitiers-Vivonne. En 2013, un deuxième documentaire intitulé Seconde Danse suit le parcours de Béatrice qui sort de prison et renoue avec la danse. Aujourd’hui, elle vient de terminer son troisième documentaire (France Télévisions) Le monde autrement relatant sa rencontre avec des patients aux troubles du comportement avec lesquelles elle danse depuis cinq ans.

Charles Amblard Compositeur, musicien né en 1987. La musique de Charles Amblard tend à la création d’un paysage sonore organique et cyclique. Instrumentarium : guitare, électronique, claviers, effets, studio — une liste jamais arrêtée. Ses compositions manifestent un art subtil de la répétition, de la variation et de la modulation. Elles accompagnent et épousent différents mouvements : la danse, l’image filmée ou la scène. Son travail se déploie également dans des projets de groupes (Volatile, Blue Gene).

Julius Bitterling est un artiste de cirque nomade, d’origine allemande. Sa formation professionnelle débute en France au Centre Régional des Arts du Cirque de Lomme et se poursuit en Chine, avec les acrobates de la Troupe de Pékin, puis à l’École Nationale de Cirque de Montréal. Il présente son Duo de Main-à-Main Julius & César dans plusieurs festivals, dont le Cirque de Demain en France, Youngstage en Suisse, Ficho au Mexique. Il participe à la tournée du spectacle Hotel avec le Cirque Eloize et joue présentement dans le nouveau spectacle TINA de la compagnie belge Théâtre d’Un Jour. Par le biais de son art, il aspire chaque expérience et s’applique à entamer de nouvelles rencontres. Il cherche à s’appuyer sur une polyvalence artistique et culturelle dans ses créations. Dans une recherche constante de nouvelles inspirations, il évolue dans un réseau croissant d’artistes et d’amis à l’échelle internationale. Voyageant et créant des ponts interculturels, il devient un citoyen du monde.

Alain Chaussat a participé à de nombreux ateliers danse à l’hôpital psychiatrique Esquirol de Limoges. Il danse depuis 2005 dans la compagnie IN VIVO où il rencontre Claire Durand-Drouhin, alors interprète. Depuis 2010 il danse dans plusieurs créations de la Compagnie Traction dont Chambre 10, Vie de famille, Une famille singulière et aujourd’hui Vie de famille, Génération II. Il est le doyen de cette création évolutive.

Adalberto Fernandez-Torres Contorsionniste né à Bayamón, Porto Rico en Avril 1991. Il a commencé son parcours par la danse et le théâtre en 2004 et en arrivant au monde du cirque en 2006. Très vite il a commencé à travailler dans le cirque traditionnel dans son pays natal jusqu’à 2014 quand il arrive en France pour faire une formation de cirque contemporain au Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en- Champagne. Aujourd’hui, il fusionne la contorsion avec différentes matières, mouvements de danse et théâtralité en parlant de ses expériences de vie.

Karine Girard Formée en danse classique et moderne, elle se dirige vers la danse contemporaine, tout en suivant un cursus d’études supérieures de danse en Sorbonne. Elle est interprète pour divers chorégraphes, dont Serge Ricci, Michel Sebban, Jean Alavi, Frédérique Chauveau, Philippe Decouflé, Jean-Marc Holbecq, Taoufiq Izeddiou… Mais également pour des compagnies de danse-théâtre comme le Théâtre de la Mezzanine, dirigé par Denis Chabroulet, pour la création Trésor Public (2000) ou encore la Cie Balafori (Alessandra Costa) et la Cie L4-L5 (Véronique Maury). En 2003, elle rejoint la Cie Opinioni in Movimento dirigée par Laura Scozzi pour la création F.E.I.R. : désir-dégout et depuis l’assiste aussi sur plusieurs projets artistiques pour la compagnie et dans des productions lyriques du metteur en scène Laurent Pelly. Elle assiste, de 2008 à 2011, Karine Saporta pour la reprise de pièces du répertoire de la Compagnie. En 2010, elle collabore avec Caroline Roëlands pour la création Un ticket pour Broadway avec le ballet de l’Opéra de Toulon. Depuis 2009, elle est interprète pour Olivier Dubois sur les créations Révolution (2009), Tragédie (Avignon, 2012), Auguri (2016) et l’assiste sur la création Tropismes (2019), ainsi que sur de nombreux projets artistiques.

Inés Hernández Née à Barcelone, elle est diplômée en danse contemporaine et chorégraphie de l’Institut del Teatre de Barcelone. En 1995, elle arrive en France où elle est l’interprète de nombreux chorégraphes entre autres B. Sajous, Amy Garmon, M. Ricozzi, C. et F. Ben Aïm, Christian Bourigault, Dominique Brun, Juha Marsalo, Frédéric Cellé, Yann Lheureux. Elle participe à la création du spectacle musical Notre Dame de Paris, chorégraphié par Martino Müller. En Allemagne, elle travaille avec Graham Smith, Joachim Schloëmer et Stephanie Tiersch. Inés Hernández participe à la création de Tragédie d’Olivier Dubois et de Auguri, et fait une reprise de rôle pour Révolution. Depuis 2009, elle développe un travail pédagogique dans le milieu scolaire et social.

Jyotsna Liyanaratne se consacre entièrement à son métier de danseuse – chorégraphe en 2014, après s’être investie neuf ans en tant qu’éducatrice spécialisée en milieu psychiatrique et auprès de jeunes sourds. Après un parcours de danse classique, modern jazz et contemporain débuté à l’âge de cinq ans, Jyotsna Liyanaratne élargit sa pratique. En 2007, elle part à la rencontre de danses traditionnelles, tsiganes, soufi, danses rituelles de femmes des Balkans et de peuples autochtones du Brésil et de Taïwan, avec des danseurs traditionnels et de renommé internationale, et poursuit sa formation en danse contemporaine auprès de compagnies comme celle de Hofesh Shechter ou Frey Faust.

Haruka Miyamoto Elle entame sa formation en 1992 au Tottori city ballet studio (Japon). En 2008, elle intègre l’École nationale Supérieure de danse de Marseille, dans la classe d’insertion professionnelle et réalise son stage au ballet d’Europe. Lors de son cursus elle a travaillé avec différents chorégraphes tels que Daniel Larrieu, Hervé Robbe, Frédéric Flamand. Elle intègre la création de Nicolas Paul : danseur de l’opéra de Paris. Part en tournée à Vienne et Paris en 2014. Haruka intègre la compagnie RIDZ de Simonne Rizzo pour la création des pièces Un certain rythme, Louis Pi / XIV et Miwa. En 2016, elle danse dans la compagnie de Robert Swinston au CNDC d’Angers dans les pièces Paysage poétique et Moving numbers, elle y interprète également Beach bird et Biped de Merce Cunningham. Elle danse en parallèle dans la compagnie la Parenthese de Christophe Garcia.

Jean-Pierre Rigondeau subit une amputation des deux jambes en 2019. Repéré par Elizabeth Fély-Dablemont, productrice de la Cie Traction, et amie de sa fille, il intègre Une famille Singulière à Limoges en 2022. Il a rejoint le noyau dur de la compagnie et est à présent engagé dans Vie de famille, Génération II.