DANSE | DÈS 10 ANS

Les Autres

Chorégraphie Kader Attou
Compagnie Accrorap

Jeudi 5 janvier
20h | Durée 1h10

Grande Salle
Tarif A

Une ode – baroque, intense, virtuose – à la différence et à l’humanité dansante.
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Sur scène, six danseurs combinent leur virtuosité à celle de deux musiciens, chacun se révélant époustouflant d’inventivité et de technicité. Entre apparences inattendues, moments d’illusion et éléments de surprise, la gestuelle coule avec fluidité du hiphop au contemporain, envoûtée par des mélodies aux sonorités originales. Les deux partis se répondent, jouent ensemble et expriment leur personnalité dans un joyeux florilège d’émotions intenses. Ensemble, ils s’interrogent : qui sommes-nous et qui est cet autre qui fait peur parce qu’on ne le connaît pas ? Avec Les Autres, Kader Attou se réinvente pour le meilleur et s’amuse de toutes les curiosités. Une nouvelle fois, le chorégraphe prouve sa capacité à allier spectaculaire et poésie, physicalité, beauté et émotion.

Direction artistique et chorégraphique Kader Attou. Interprètes Capucine Goust, Ioulia Plotnikova, Wilfried Ebongue, Sébastien Vela Lopez, Erwan Godard, Pasquale Fortunato. Création musicale et sonore Régis Baillet – Diaphane. Musique live Loup Barrow, Grégoire Blanc. Scénographie Olivier Borne. Dramaturgie Camille Duchemin. Création lumière Fabrice Crouzet. Création costumes Colombe Lauriot.

© Photo : Julie Cherki

Production : CCN La Rochelle – Cie Accrorap / Direction Kader Attou. Coprods : Les Gémeaux – SN de Sceaux, La Villette – Paris, La Coursive – SN de La Rochelle, Châteauvallon – SN, Théâtre de Chartres – SCIN art et création.

Site de la compagnie

Depuis le début de mon parcours, j’ai toujours refusé les clichés, les attendus, considérant que le hip hop est une discipline d’art et de recherche portée par le croisement des cultures et des pratiques artistiques. À l’origine de cette nouvelle création, il y a ces rencontres fortes avec des musiciens remarquables qui jouent d’instruments rares et atypiques et auxquels j’ai proposé de partager mon univers. Multi-instrumentiste, percussionniste, toujours en quête de sonorités originales, Loup Barrow est parmi les grands spécialistes du Cristal Baschet, « l’orgue de cristal » dont le clavier est constitué de baguettes de verre qu’il caresse de ses doigts mouillés et qui par des effets de vibrations dessine dans l’espace une sculpture sonore fascinante. Violoncelliste, ingénieur, Grégoire Blanc est un des rares utilisateurs de thérémine au monde, un mystérieux instrument électronique dont il joue sans le toucher avec les mains qui ondulent à l’intérieur du champ électromagnétique émis par deux antennes posées sur un boîtier. De cette sorte de violon invisible émanent des vibratos et des mélodies éclatantes d’une pureté exceptionnelle.

Avec ces découvertes est né le désir de travailler autour de la notion d’étrange, d’insolite, de cet hors du commun qui engendre beauté et poésie et de renouveler le dialogue entre la musique, la danse et la scénographie. Entre apparences inattendues, moments d’illusion et éléments de surprise, nous entrons dans un espace-temps où l’extraordinaire se substitue à l’ordinaire. La danse est portée par six danseurs singuliers issus des esthétiques hip hop et contemporaine. Dans cette aventure trois autres artistes aux univers si particuliers me rejoignent : le scénographe Olivier Borne avec ses lieux imaginaires, ses décors expressionnistes qui jouent sur la poétique de l’objet et l’oubli de la matérialité du monde. Régis Baillet avec cette musique sensible qui le caractérise, ses boucles électroacoustiques et cristallines dont l’élégance et la fluidité accompagnent ma danse. Camille Duchemin m’accompagnera sur la dramaturgie. Les musiciens seront sur scène, aux côtés des danseurs imprégnant de leur virtuosité et de leur personnalité un spectacle qui sera le reflet de nos échanges et de nos émotions, à la fois baroque, intense et surprenant.

Kader Attou

Les Autres est votre dernière création en tant que directeur du CCN de La Rochelle. Sur quoi travaillez-vous et quels en sont les enjeux ?
L’idée est d’aller chercher, avec six danseurs, l’étrange et la poétique dans le corps et le mouvement. Nous transformons le quotidien, à travers des objets comme un manteau ou un lampadaire. En faisant naître des situations sur le plateau, nous détournons des objets qui vont intégrer le corps de l’interprète et créer une sorte de chimère, parfois à la frontière entre l’imaginaire et le réel. Ce sont ces émotions et ces états de corps qui m’intéressent ici, un peu comme dans Petites histoires.com. J’ai voulu poser les choses, contrairement à Allegria et Opus 14, pièces très dynamiques et dansées dans l’idée d’un ballet.

Dans nos vies, les autres incarnent nos relations sociales qui nous ont tant manqué pendant les confinements. Mais ce sont aussi des individus ou des groupes dont on se méfie parce qu’on a peur d’aller à leur rencontre. Comment définissez-vous ici les autres ?
Il y a dans ce spectacle des dimensions politiques, traversées par ma sensibilité d’artiste, ce qui fait que les deux lectures sont possibles. Nous travaillons sur l’uniformisation et les contraintes dans le monde actuel, sur l’individuation et le choc de la rencontre, ce qui inclut le choc humain comme le choc des cultures. Ensuite, viennent les chimères, des images qui nous interrogent sur nous-mêmes: Qui sommes-nous et qui est cet autre qui fait peur parce qu’on ne le connaît pas ? C’est notre réponse au communautarisme qui devient de plus en plus insupportable. Enfant, j’ai été élevé dans un melting pot. Il y avait des gens de toutes les cultures. Les autres, ce sont donc tous mes compagnons au sens propre comme au sens figuré, qui me permettent aujourd’hui d’inventer des mondes et auxquels j’essaye ici de me reconnecter. Artistiquement parlant, les autres, ce sont aussi les saltimbanques et les poètes qui permettent que notre imaginaire fonctionne, ou bien une note de musique, un détail, un espace qui s’éclaire, une ombre. Et justement, tout ça inclut aussi des dimensions de soi-même qu’on ne connaît pas, qu’on ne maitrise pas et qui font peur. C’est pour contrer cette peur que je veux poser, sur le plateau, la question du rapprochement. Comment faire corps avec l’autre ?

L’idée de dialogue et de fusion avec l’autre s’exprime aussi dans le rapport à des instruments de musique très « autres », car rarement vus ou entendus, surtout en lien avec la danse. Ils seront joués en live et feront partie intégrante du spectacle. Que représentent-ils ?
L’idée même de la pièce est née grâce à ma rencontre avec des musiciens atypiques. Il s’agit de Grégoire Blanc avec le thérémine et de Loup Barrow avec son Cristal Baschet. Ces instruments dégagent une puissance poétique forte qui me permet de faire de la musique l’écho de mes émotions. Le thérémine, l’un des premiers instruments de musique électronique, a été inventé il y a un siècle en Russie par Léon Theremin. Issu de la recherche physique sur les capteurs, l’appareil est devenu instrument de musique par la suite. Je trouve extraordinaire la manière dont cet objet s’est transformé. En plus il a une sonorité puissante et jouer du thérémine est un geste très spécifique, une manière de chorégraphier le son. Grégoire Blanc joue aussi de la scie musicale, laquelle me touche car elle est l’instrument des clowns au cirque, un objet à connotation sociale qui appartient à la culture populaire. On n’a pas besoin de comprendre, on est touché directement. Face à Grégoire Blanc, on trouve Loup Barrow avec le Cristal Baschet, un « orgue de cristal » utilisé par seulement une dizaine de musiciens dans le monde. Cet instrument pèse quatre-vingt kilos et Barrow, qui est lui-même d’un gabarit impressionnant, fait corps avec lui dans une grande douceur. Entre lui et Grégoire Blanc qui est très mince et mesure presque deux mètres, le contraste des silhouettes est très marqué. Aussi, instruments comme instrumentistes deviennent de vrais enjeux scéniques.

Petit retour en arrière : que signifie pour vous le temps parcouru au CCN de La Rochelle depuis que vous en avez pris la direction, en 2009 ?
Ces treize ans constituent une expérience très riche, intense et dense. J’avais la chance, en 2009, de ne pas arriver en inconnu et de connaître déjà la région car en 1996, La Coursive m’avait accompagné une première fois pour une création et depuis, toutes mes pièces ont été coproduites par La Coursive. Ma nomination à la direction du CCN a marqué l’arrivée du hip hop dans les institutions chorégraphiques. Je savais que j’étais prêt, mais à l’époque on nous voyait encore comme « les autres ».
À mon arrivée, j’ai reçu une lettre anonyme d’une spectatrice mécontente. Elle évoquait les pas de danse « élégants » chez Chopinot qui allaient laisser la place au « grincement des baskets »! Peu après, Mourad Merzouki a été nommé à Créteil. C’était un pari pour chacun d’entre nous, car pour montrer que nous étions à notre juste place, il nous fallait faire plus que les directions précédentes. Mais nous avons su démontrer que dans l’histoire de la danse, le hip hop avait encore énormément de choses à faire et à dire. Et en termes de fréquentation ou d’accompagnement, nous n’avons pas à nous cacher, au contraire ! Aujourd’hui, le hip hop occupe une place importante dans la cité rochelaise. Quand je rencontre des gens qui savent que je m’en vais et qui me remercient d’avoir laissé une empreinte, ça n’a pas de prix pour moi. Et même si je suis actuellement frustré de cette longue période empêchée par la Covid-19, il est important de savoir que les gens ne m’oublieront pas.

L’arrivée du hip hop à la direction des institutions chorégraphiques, n’a-t-elle pas aussi contribué à faire bouger les lignes dans la réflexion sur le rôle des CCN ?
Sans doute, oui. Car ce n’est pas le CCN qui nourrit un artiste, c’est l’artiste qui nourrit le centre chorégraphique. On n’est pas juste une direction, on porte un projet. J’avais présenté le mien, axé sur la rencontre, l’échange et le partage de l’outil. Attentif à l’émergence, j’ai accompagné beaucoup d’artistes et essayé d’apporter à chaque fois une bienveillance. J’ai aussi monté le festival Shake La Rochelle, qui a créé une dynamique forte en partenariat avec d’autres structures. Et je suis très fier d’avoir porté le CCN à l’endroit où il est, à savoir en quatrième position nationale en termes de recettes propres et de projets.

Au cours de ces treize ans, quelle évolution constatez-vous pour la danse hip hop dans le paysage chorégraphique ?
Aujourd’hui, l’écriture singulière des uns et des autres est enfin reconnue comme celle de grands auteurs. Et le hip hop possède désormais son propre répertoire. C’est important car pendant très longtemps, on nous a mis dans la position des « autres ». Depuis que je suis gamin, on essaye de me mettre dans une case et de me dire : « Votre danse, c’est super, mais votre place n’est pas ici. » Lorsque nous sommes passés de la rue à la scène, on nous a dit : « Vous allez perdre votre énergie, votre empreinte artistique. » Nous avons montré qu’au contraire, ça l’a amplifiée et que nous pouvions créer de nouvelles formes, car l’idée n’avait jamais été de répéter ce que nous faisions dans la rue.

Vous allez quitter le CCN de La Rochelle fin 2021. Quels sont vos projets à partir de 2022 ? De quoi rêvez-vous ?
Je vais réactiver la compagnie Accrorap, qui est en sommeil depuis ma prise de fonction au CCN. Je suis en train de m’implanter artistiquement du côté de Toulon, Istres, Cannes etc. pour construire un projet itinérant, un pôle méditerranéen de la création chorégraphique. Ce pôle doit permettre des rencontres avec des artistes multiculturels : danseurs, musiciens, poètes, conteurs, etc. pour imaginer des projets de création et raconter la Méditerranée avec sa splendeur et sa souffrance. Il y a des choses tellement belles à dire et d’autres, dures à raconter. Je reste bien sûr artiste créateur avec plusieurs projets sur trois ans, mais je me plais aujourd’hui aussi à l’endroit de la programmation, pour donner à voir des choses qui me constituent. En même temps, ma famille reste à La Rochelle et je garde donc le lien avec la région.

Propos recueillis par Thomas Hahn (mai 2021)

KADER ATTOU
DIRECTEUR DU CCN DE LA ROCHELLE
CHORÉGRAPHE DE LA CIE ACCRORAP
Avec une démarche artistique humaniste et ouverte sur le monde qui fusionne les influences et décloisonne les genres, Kader Attou a contribué à transformer le hip hop en une nouvelle scène de danse, faisant émerger une danse d’auteurs reconnue comme une vraie spécificité française. Il inscrit sa danse dans le partage, le dialogue des cultures et le croisement des esthétiques. Il cherche dans les voyages et les rencontres la matière qui nourrit ses oeuvres. Enfant de l’immigration, les questions de l’identité, de la différence et de l’altérité fondent sa démarche, transformant sa danse en un lieu de convergence où se construit une communauté de corps et d’émotions.

Créer des univers sensibles qui révèlent  la poésie du hip hop

Dès le début, il considère le hip hop comme une discipline d’art et de recherche mais aussi, et c’est ce qui fait sa singularité, comme un moyen de témoigner sur la condition humaine, de réfléchir sur des questions de société. Prenant la liberté d’inventer une danse riche qui ne s’interdit rien, il ne cesse de renouveler le hip hop avec créativité sans renier ses valeurs fondatrices. Avec Symfonia Piesni Zalosnych du compositeur polonais Henryk Górecki, il sera le seul à créer à partir d’une oeuvre musicale intégrale et classique, explorant le lien entre les énergies, les intentions de sa danse plurielle et celles de la musique et des instruments. Pièce 100% hip hop, The Roots démontre avec rage et passion l’incroyable évolution de l’écriture hip hop qu’il n’hésite pas ensuite à inscrire dans l’abstraction et le corps du Ballet avec seize danseurs au plateau pour Opus 14. En 2017, il crée Allegria pour raconter tout en légèreté la gravité du monde et en réinventer un autre, drôle, onirique, rempli d’espoir et du plaisir simple de danser. Cherchant à élaborer un langage commun entre la danse, la musique et la scénographie, il s’entoure de collaborateurs atypiques et crée des univers sensibles aux confins du réel et du rêve. Mélange de force physique, de fluidité du geste et de complexité, sa danse révèle la puissance poétique du hip hop dont s’emparent avec générosité et virtuosité ses danseurs, compagnons de route...

En 2008, Kader Attou est nommé directeur du CCN de La Rochelle et du Poitou-Charentes, devenant ainsi le premier chorégraphe hip hop à la tête d’une telle institution. Il développe un projet culturel de territoire d’envergure avec une forte dimension internationale. Il accompagne l’émergence de nombreuses compagnies et crée en 2016, le Festival Shake qui soutient la diversité de la danse hip hop.

OLIVIER BORNE
SCÉNOGRAPHIE
Olivier Borne est scénographe, sculpteur, inventeur de machinerie poétique pour le spectacle vivant et l’événementiel depuis plus de trente ans dans les domaines du théâtre, de la danse et du cirque. Titulaire d’un master 2 en “Recherches et expérimentations dans les arts de la scène”. Il a collaboré avec Matthias Langhoff, Benno Besson, Catherine Diverrès, Johann Le Guillerm, Alain Françon et Jérôme Deschamps. Expert en modélisation 3D, il est certifié par la fondation Blender comme “Certified Trainer”. Il développe des outils de Réalité virtuelle et d’impression 3D pour la scénographie de spectacle dans une volonté de partage, de compatibilité et de simplification des systèmes. Il a déjà travaillé sur la scénographie de deux pièces de Kader Attou The Roots (2013) et OPUS 14 (2014). Selon Olivier Borne, « la scénographie est un travail d’artisan qui plonge dans la matière pour en extraire le poème comme le chorégraphe plonge au coeur des humanités qu’il met en scène. Toujours en quête de déséquilibre, le décor et les accessoires se doivent d’interroger le personnage dramatique comme autant d’obstacles à surmonter. Sur scène, les portes devraient toujours mal fermer, les chaises être toujours bancales, les planchers de travers.»

CAMILLE DUCHEMIN
DRAMATURGIE
Diplômée en scénographie en 1999, à l’Ecole Nationale Supérieur des Arts Décoratifs de Paris, Camille Duchemin devient auditeur libre pendant un an au Conservatoire National d’Art Dramatique de Paris au cours d’interprétation de Jacques Lassales en 1999-2000. Depuis 1999, elle crée des scénographies pour le théâtre, la danse et l’opéra. En musique et opéra, elle a travaillé avec Christophe Gayral sur Matrimonio Segreto et avec Armand Amar. Elle est nommée aux Molières 2011 dans la catégorie scénographie - décor pour son travail sur la pièce Le Repas des fauves mise en scène par Julien Sibre.
Pour le théâtre, elle travaille auprès d’Arnaud Meunier, Laurent Sauvage, Tilly, Denis Guénoun, Khierdine Lhardhjam et auprès de Frédéric Maragnani. Elle multiplie les collaborations avec Justine Heyneman.
Avec Pauline Bayle, elle fait la scénographie de Iliade, crée en 2015.
Depuis 2014, elle travaille avec le Birgit Ensemble sur Berliner Mauer Vestiges, repris au Théâtre Gérard Philipe de Saint- Denis. Elle travaille également sur le Prélude en 2015 et sur la nouvelle création Sarajevo et Athènes en juillet 2017.
En danse contemporaine, après de multiples scénographies pour Caroline Marcadé, elle travaille également avec Hamid Ben Mahi (La Géographie du Danger, La Hogra) et avec CFB451, François et Christian Ben Aïm sur Peuplé, Dépeuplé en 2016 et sur leur dernier spectacle Brûlent, nos coeurs insoumis en 2017.
Elle a travaillé pour la première fois avec Kader Attou sur la scénographie de la pièce Allegria en 2017 puis l’accompagnera sur la dramaturgie de ce nouveau projet.

RÉGIS BAILLET
CRÉATION SONORE ET MUSICALE
De formation musicale de piano classique, Régis Baillet n’a de cesse d’enrichir ses gammes, poussé par une curiosité des sons qui le conduit, par exemple, à la découverte et la pratique du chant Dhrupad - chant classique de l’Inde du nord. Il revendique ses influences musicales dans la musique classique, ainsi que dans les courants de musiques électroniques les plus exigeants : electronica, modern classical, ambient, industriel et dubstep.
Son style musical est en constante évolution. Dans ses compositions, Régis Baillet procède par l’accumulation de nappes et de sons révélant une musique sensible, aux ambiances mélancoliques et contrastées. En 1991, il crée le duo de musique électronique Ab ovo avec Jérôme Chassagnard. En 2004, le duo signe chez le label allemand de musique industrielle Ant-Zen qui marque le début d’une certaine reconnaissance. En 2010, Ab ovo décide de prendre des voix séparées pour se concentrer sur des projets solos. Régis Baillet forme alors Diaphane et sort deux albums Samdhya et Lifeforms.
En 2012, il cosigne la bande originale du documentaire réalisé par Dror Moreh The Gatekeepers. Le film, rencontre un succès mondial, et est nominé aux Oscars dans la catégorie « Meilleur documentaire ».
Régis Baillet compose, par la suite, les créations musicales des spectacles de la compagnie Mastoc et enregistre un double CD concrétisant des années de collaboration : Les gens de pluie, Vagues à l’âme au fil de l’eau, Vagues à l’âme, Dis-le moi, Des vils, Ça va valser et Lâche-moi... Il poursuivra la création musicale de spectacles avec la compagnie Pyramid Arenthan (Transhumans), le cercle des danseurs disparus (Poesia), ainsi qu’avec la compagnie slovène M&N Dance Company (Room with a view, S/HE, Conspiracy of Silence, Labyrinth, Infra).
En janvier 2013, Kader Attou fait appel à lui pour la création sonore originale de sa pièce The Roots. Ce partenariat se poursuivra sur Opus 14, Un break à Mozart, Yatra, La vie parisienne, Danser Casa et Allegria.

LOUP BARROW
CRISTAL BASCHET
Réputé pour son grand savoir-faire du Cristal Baschet, Loup Barrow a fait des instruments rares sa spécialité. Né à Paris au sein d’une famille d’artistes, il débute son éducation musicale, à un très jeune âge, avec le violon. Lors d’un voyage à Venise, il découvre la Harpe de Verre qui aiguise sa curiosité pour les instruments énigmatiques, et bientôt il découvre le Cristal Baschet, utilisé par seulement une dizaine de musiciens dans le monde. Il devient fasciné par cet instrument et ses possibilités musicales illimitées.
Art du geste, travail de l’harmonie et de la mélodie, quête introspective : la principale clé de l’univers de Loup Barrow se trouve sans doute à la conjonction de ces expériences, et dans ce jeu de correspondances et de résonances qu’il réussit à tisser entre la beauté surnaturelle des matières sonores et les profondeurs de son âme. Compositeur, arrangeur, capable d’écrire pour un ensemble du plus orchestral au plus minimal, multi-instrumentiste il joue également la harpe de verre, le hammered dulcimer, le paslterion bariton, l’aciel et le balafon chromatique. Loup Barrow a joué dans plus de trente pays et a collaboré avec de nombreux artistes internationaux : Yael Naim, Guo Gan, Serge Teyssot Gay, Manu Delago, Thomas Bloch, Olivier Mellano, Sebastien Leon Agneessens, Nadishana Vladiswar, Shaun Evans, Dominique A, Pauline Haas et Mathew Slater.
En 2020, il signe chez Mobscene/Arkival (L.A) en tant que compositeur, il collabore avec l’orchestre de Paris à l’occasion du festival Un violon sur le sable.Il part en tournée pour une vingtaine de dates en Asie avec le maître du Erhu Guo Gan.et il est programmé au festival des musiques sacrées de Fès et à La nuit des virtuoses à la Réunion.

GRÉGOIRE BLANC
THÉRÉMINE
Grégoire Blanc découvre l’existence du thérémine en marge d’un cours de physique au lycée. Le premier contact avec l’instrument a été une véritable révélation, après quelques années de pra­tique du violoncelle. En effet, la démarche qui consiste à aller chercher une note dans un espace sans aucun repère reste la même, le musicien délimite la hauteur du son avec l’antenne droite comme s’il avait une corde invisible devant lui.
Encouragé à développer une technique de jeu par sa professeure de violoncelle au conservatoire d’Issy-les-Moulineaux, les pro­grès sont rapides et quelques vidéos sur YouTube attirent vite l’attention d’un large public. La rencontre avec de théréministes de renom, en particulier Carolina Eyck et Lydia Kavina lui permet d’aller plus loin dans son expression musicale.
Ingénieur diplômé de l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers, Grégoire termine ses études par un master en sciences de la musique (ATIAM) à l’IRCAM – l’institut de recherche en acoustique/ musique fondé par Pierre Boulez. À l’issue de ces six années d’études supérieures en août 2019, il prend la décision de consacrer sa vie professionnelle à la musique.
Son projet artistique se développe avec la musique classique, qui met merveilleusement en valeur l’expressivité du thérémine. Grégoire s’est constitué un répertoire éclectique constitué de transcriptions et d’oeuvres originales pour l’instrument, lui donnant l’occasion de se produire en concert avec diverses for­mations instrumentales. Parmi les évènements marquants depuis l’été 2018, il a joué au Festival de Musique d’Uzerche, aux Rivages Électroniques, ainsi qu’au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, à Almaty au Kazakhstan, à Montréal et à New York pour célébrer les 100 ans du thérémine.
Dans Apparitions, Grégoire Blanc collabore avec Diederik Peeters dans un projet entre la performance et le théâtre contemporain et où le thérémine devient le fil rouge musical.
Grégoire intervient également dans la création sonore du nouveau spectacle d’Anna Vigeland et Maja MaletkoviC : Kafakafakafa : Spectak avec un K.
Il travaille pour la première fois avec Kader Attou sur sa nouvelle création en 2021.

Kader Attou dans une chorégraphie entre acrobatie, hip-hop et belles lignes donne sa vision de l’altérité, l’oreille rivée sur les sons des instruments marginaux et l’harmonie chavararique circassienne des danseurs. On perçoit bien la périlleuse recherche d’équilibre entre une volonté de tout montrer, d’une exhaustivité chorégraphique et la sobriété soulignant la minutie des mouvements dansés. Lucas Liberati | toutelaculture.com

Les Autres (2), titre de son dernier spectacle, pourrait résumer le fil de son hip-hop pluriel, fondamentalement ouvert sur la rencontre. Interprètes de formations hip-hop et contemporaine s’y mêlent sans distinction tandis que la danse se confronte à différents mondes sonores et visuels. Cette fois, deux mystérieux instruments investissent la scène : un orgue Cristal Baschet et un Thérémine. « Cette musique est très inspirante, comme la chanson française ou la musique classique qui sont dans mes précédentes pièces, explique-t-il. La liberté est l’ADN du hip-hop, une culture du métissage. » Marie-Valentine Chaudon | La Croix

Entre apparences inattendues, moments d’illusion et éléments de surprise, nous entrons dans un espace-temps fantasmagorique où l’extraordinaire se substitue à l’ordinaire. La danse est portée par six danseurs singuliers issus des esthétiques hip hop et contemporaine. sceneweb.fr