Le Jour se rêve

DANSE | DÈS 11 ANS
Chorégraphie Jean-Claude Gallotta

Mardi 9 novembre 20h
Durée 1h15
Grande Salle
Tarif A | Réserver

 

Musique Rodolphe Burger. Assistante à la chorégraphie Mathilde Altaraz. Dramaturgie Claude-Henri Buffard. Textiles & Couleurs Dominique Gonzalez-Foerster assistée d'Anne Jonathan et Chiraz Sedouga. Scénographie Dominique Gonzalez-Foerster et Manuel Bernard. Lumière Manuel Bernard. Avec Axelle André, Naïs Arlaud, Ximena Figueroa, Ibrahim Guétissi, Georgia Ives, Fuxi Li, Bernardita Moya Alcalde, Jérémy Silvetti, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger et Jean-Claude Gallotta.

Une danse qui n'a d'autre sujet que le vivant.
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Avec Le Jour se rêve, Jean-Claude Gallotta revient à ses débuts de danseur à New-York, du côté de Bethune Street, à Manhattan. Là où il étudie la danse auprès de Merce Cunningham et vit ses premières espérances d'apprenti chorégraphe. Après son triptyque rock (My Rock, My Ladies Rock, L'Homme à tête de chou) il renoue avec la forme chorégraphique de ses débuts : une danse sans livret, sans « propos », sans habillage narratif, sans référence thématique. Il réinterroge l'abstraction. Mais il y a toujours chez lui un peu de sens, un rien de narration, un soupçon de figuration, une touche de jeu ou d'ironie pour venir troubler l'ordonnance rythmique de la scène. Gallotta a donné rendez-vous au musicien Rodolphe Burger, l'explorateur de nouveaux espaces sonores, et à la plasticienne Dominique Gonzalez-Foester pour mettre les danseurs en lumière et en costumes. En trois tableaux, entrecoupés de solos du chorégraphe, dix danseurs magnifient les troubles solaires de la nature, les phosphorescences des grandes villes et livrent une vision folle de l'avenir. Chorégraphie éclatée ou danseurs qui l'éclatent, duos qui se trouvent, groupe qui se réunit, la chair de la danse est présente.

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« Jean-Claude Gallotta est monté sur scène avec des danseurs prodigieux pour présenter la première de Le Jour se rêve. Grandiose. (...) Il y a du génie dans cet homme-là. Il a proposé une vraie pépite au public. (...) Trois tableaux incroyablement bien travaillés. L'ensemble est réellement magistral. Délicieux. » La Voix du Nord

© Photo : Guy Delahaye, Joseph Caprio.

Production : Groupe Émile Dubois | Cie Jean-Claude Gallotta. Coprod : Théâtre du Rond-Point, Scènes Vosges, Le Manège – Scène nationale de Maubeuge, Le Grand R – Scène nationale La Roche-sur-Yon, Malraux – Scène nationale Chambéry Savoie, L'Archipel – Scène nationale de Perpignan. Avec le soutien de La MC2: Grenoble.

Site de la compagnie

Souvent, la danse de Jean-Claude Gallotta, afin de souscrire à l'ici et maintenant que le corps des interprètes lui impose, s'est cherchée des thèmes qui la protègent du présent : les mythologies, le répertoire, les hommages.

Plus récemment, avec le triptyque rock (My Rock, My Ladies Rock, L'Homme à tête de chou), le diptyque danse- littérature (L'Étranger, Bonjour Tristesse), Jean-Claude Gallotta a fait dialoguer sa danse avec de grandes figures du siècle. Aujourd'hui, il renoue avec la forme chorégraphique de ses débuts, une danse sans livret, sans «propos», sans habillages narratifs, sans références thématiques.

Avec le Jour se rêve, Jean-Claude Gallotta revient rôder du côté de Bethune Street, à Manhattan, où, dans les baies vitrées du studio de Merce Cunningham se reflétaient au début des années 80 ses espérances d'apprenti chorégraphe. Le voilà qui vient réinterroger ses sources, sa source : l'abstraction. Mais une abstraction qui ne rejette pas la chair de la danse.
« Deux épaules ou deux cuisses, ça se prend, ça se mord », disait Béjart. Il y a, il y aura toujours chez Jean-Claude Gallotta, un peu de sens, un rien de narration, un soupçon de figuration, une touche de jeu ou d'ironie pour venir troubler l'ordonnance rythmique de la scène.
Ces échappées - qu'il laisse advenir, ou qu'il ne retient pas, ou qu'il provoque - traverseront le Jour se rêve. C'est là que se niche une des singularités du travail de Jean-Claude Gallotta, à l'origine d'un mouvement dont il est sans doute le seul représentant : l'«abstraction ludique».

Pour le Jour se rêve, fidèle à la pratique du « carrefour d'échanges » de Cunningham, Cage et Rauschenberg, Jean- Claude Gallotta a donné rendez-vous à un musicien, Rodolphe Burger, l'explorateur de nouveaux espaces sonores, qui mêle le rock à la philosophie, qui « fréquente » Beckett et Johnny Cash, Büchner et Lou Reed, qui réussit la belle alchimie de l'élitaire et du populaire. Il a également donné rendez-vous à Dominique Gonzalez-Foerster, plasticienne aux personnalités multiples, exploratrice des liens entre les arts, brouilleuse de pistes, qui viendra mettre les danseurs en costumes et en lumières pour les aider « à rendre claire la conscience du moment présent ».

Composé de trois « events » de vingt minutes chacun, entrecoupés de deux solos du chorégraphe, le Jour se rêve veut être une chorégraphie du « présent sans impatience » qui puisera son intensité dans la pleine expérience du mouvement, du son et de l'image. Y jouera-t-on encore, ou à nouveau, «le jeu de l'abstraction»? Le regard contemporain l'acceptera-t-il ? Ni l'interprète, ni le musicien, ni la plasticienne, ni le chorégraphe ne le savent, seulement préoccupés, tous, à construire dans un même lieu et dans un même temps - ceux de la représentation - leur propre espace ; chacun le leur, espace qui, comme le premier jour du monde, n'existait pas avant eux.

Claude-Henri Buffard

 

JEAN-CLAUDE GALLOTTA
Après un séjour à New York à la fin des années 70 où il rencontre Merce Cunningham et découvre lunivers de la post-modern Dance (Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Trisha Brown,...), Jean-Claude Gallotta fonde en 1979 à Grenoble – avec Mathilde Altaraz – le Groupe Émile Dubois qui devient en 1984 l'un des premiers Centres chorégraphiques nationaux, inséré dans la Maison de la culture de Grenoble, dont il sera également le directeur de 1986 à 1988.
Ulysse, 1981, lui ouvre les portes de la reconnaissance internationale, jusqu'à Shizuoka où il dirige une compagnie japonaise de 1997 à 1999. Suivront notamment Daphnis é Chloé (1982), Hommage à Yves P. (1983), Mammame (1985), Docteur Labus (1988), Presque Don Quichotte (1999), Nosferatu (à l'Opéra de Paris, 2001).
Attaché à ouvrir grand les portes de la danse contemporaine, il propose une série de pièces sur et avec
« les Gens », dont Trois Générations (2004), et Racheter la mort des gestes (Théâtre de la Ville, 2012), où il mêle danseurs professionnels et personnes de tous âges, de toutes corpulences, de toutes histoires.
Puis son répertoire de plus de quatre-vingts chorégraphies s'enrichit au fil des années par le croisement de la danse avec les autres arts : le cinéma (il a lui-même réalisé deux longs-métrages), la video, la littérature, la musique classique.
Son Sacre et ses révolutions, en 2015, est présenté à la Philharmonie de Paris ; en 2016, il crée Volver avec la chanteuse Olivia Ruiz, à la Biennale de la danse de Lyon ; il travaille également autour des figures du rock avec le triptyque My Rock, My Ladies Rock et la recréation de l'Homme à tête de chou en 2019 au Printemps de Bourges. Son Groupe Émile Dubois, redevenu compagnie indépendante en 2016 reste hébergé à la MC2 : Grenoble. Jean- Claude Gallotta est également artiste associé du Théâtre du Rond-Point à Paris et de Scènes Vosges à Épinal.
Il prépare pour la rentrée 2021, à la demande du Volcan, Scène nationale du Havre, une recréation d'Ulysse, 40 ans après sa première représentation.

RODOLPHE BURGER
Fondateur du groupe Kat Onoma (1986- 2002), guitariste et chanteur, Rodolphe Burger développe depuis 30 ans une carrière des plus originales.
À travers son label Dernière Bande, il fait paraître, outre ses cinq disques solo, plus d'une vingtaine d'albums qui témoignent d'une générosité créatrice qui l'a vu collaborer avec de nombreux auteurs et artistes, parmi lesquels ses amis et écrivains Pierre Alferi et Olivier Cadiot, mais aussi Alain Bashung, Jeanne Balibar, Françoise Hardy, James Blood Ulmer, Erik Truffaz, Rachid Taha, Ben Sidran et bien d'autres.
À travers la Compagnie Rodolphe Burger, il développe depuis 2010 de nombreuses créations de spectacles, dont : le Cantique des Cantiques & Hommage à Mahmoud Darwich (dans la Cathédrale de Strasbourg en novembre 2016), Hommage au Velvet Underground (dont une nouvelle version programmée à la Philharmonie de Paris en 2016), In the Land of the Head Hunters, musique live sur un film de Edward S. Curtis (juillet 2015, en clôture des Rencontres d'Arles au Théâtre antique), Psychopharmaka (avec Olivier Cadiot). Sa création Explicit Lyrics a donné naissance à l'album solo intitulé GOOD paru en février 2017 (Dernière Bande / PIAS).
Son dernier album Environs est paru en juin 2020.
Il est également le fondateur du festival « C'est dans la Vallée », un rassemblement d'artistes particulièrement original qui se tient tous les deux ans dans la ville de Sainte-Marie-Aux-Mines, dans le Haut Rhin.

DOMINIQUE GONZALEZ-FOERSTER
Artiste expérimentale basée à Paris et Rio de Janeiro, aux personnalités multiples, Dominique Gonzalez-Foerster envisage le champ artistique sous toutes les formes possibles : plasticienne, metteure en scène, graveuse, photographe, musicienne, cinéaste...
Nourrie de références littéraires (de Virginia Woolf à Thomas Pynchon, des sœurs Bronté à Nathaniel Hawthorne) et cinématographiques, architecturales et musicales, scientifiques ou pop, elle crée des « chambres » et des «intérieurs », des «jardins », des « attractions » et des « planètes ». Ses installations sont des « mises en espace », des « anticipations » ou des « apparitions ». À partir 1988, elle réalise un peu plus d'une cinquantaine d'intérieurs, autant d'installations qui condensent des climats et des émotions par le biais d'objets, de couleurs, d'éclairages et de modulations de l'espace. En 2008, elle est la première artiste française à investir le Turbine Hall de la Tate Modern de Londres.
À travers des multiples expositions internationales (Museu de Arte/Lisbonne, Palacio de Cristal/Madrid, Centre Georges Pompidou/Paris,…), films courts, mises en scènes et concerts, DGF réinterroge ces « espèces d'espaces » que sont les lieux d'exposition et les rapports qu'ils entretiennent avec le public.

 

Aucune histoire ne se dessine, aucune ambiance particulière, juste de la danse quasi pure. Les moments collectifs, les plus immédiats, fascinent par leur harmonie. Les pas de deux, plus complexes, demandent une plus grande attention. Mais l'énergie des danseurs.euses, impressionnante, emporte totalement. Le soin de la construction scénique classe ce travail remarquable parmi les grands moments de la danse contemporaine. Magcentre, 9 juin 2021

Bonne pioche, un spectacle de nature à combattre la morosité, à oublier les incertitudes de l'heure. Onze danseuses et danseurs dans un jaillissement continu de postures, de sauts, de pas de deux et de plus ... Un spectacle incroyablement tonique ! (...) Le Journal du travailleur Catalan, 3 juin 2021

Jean-Claude Gallotta renoue ici avec l'abstraction tout en magnifiant la chair de la danse. L'Indépendant, 3 juin 2021

Des moments de transe et des instants de douceur où les corps fragmentent l'espace, telle est la gestuelle libre et foncièrement joyeuse de Jean-Claude Gallotta. La Semaine du Roussillon, 2 juin 2021

J'ai trouvé mon John Cage et ma Robert Raushenberg. Les Affiches de Grenoble, 18 septembre 2020