À ta place

THÉÂTRE & MARIONNETTES | DÈS 10 ANS
Mise en scène Vera Rozanova
Compagnie Za !

Coproduction DSN

Mercredi 10 novembre 19h
Durée 1h
Séances scolaires : Lun. 8 & mar. 9 nov. 10h | 14h30
Le Drakkar
Tarif D | Réserver

 

Conception et mise en scène Vera Rozanova Texte Christophe Moyer. Construction des marionnettes Lucas Prieux, Vera Rozanova, Thais Trulio et Eve Bigontina. Création vidéo, régie vidéo et jeu Yasmine Yahiatène. Manipulation et jeu Eve Bigontina et Thaïs Trulio. Construction de la scénographie Lucas Prieux. Création sonore Thomas Demay. Création lumière et régie Romain Le Gall. Regard extérieur Séverine Coulon. Regard sur la dramaturgie Sylvie Baillon. Costumes Lucile Réguerre. Soutien et développement numérique Samy Barras.

Que faire quand les choses à ranger ne rentrent plus dans aucune catégorie ? Et s'il n'y a plus de place ? Range ta chambre ! Demain, c'est fini l'enfance.
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Un mur de tiroirs, un tas de tiroirs, des marionnettestiroirs ou visibles uniquement la nuit, le décor mobile s'active autour de la boîte à jouets par la vidéo et le dessin en direct. C'est dans cet univers bien construit qu'une jeune fille doit trouver sa place. Elle rentre en 6e. Elle n'a pas peur, elle est prête ! Elle range sa chambre pour se débarrasser de son enfance. Parée de l'assurance un peu provocante due aux certitudes de son âge, elle va devoir traverser la ville, seule, pour se rendre à son collège… Ce sera la première fois. Jusqu'à maintenant elle a toujours été accompagnée, dans un univers où chaque chose a sa place. Et elle ? Va-t-elle la trouver sa place dans cette nouvelle étape de la vie qui commence ? C'est avec cette question en tête qu'elle franchit le seuil de la porte et se confronte aux ordres et désordres d'un monde souvent absurde qu'elle ne connaît pas. Elle y croisera des sans-place-fixe, des placeurs, des déplacés, des pas-à-leur-place, des qui font place nette… Et surtout quelqu'un de son âge qui vient d'un pays qui n'existe pas… C'est l'histoire du puzzle de son enfance qu'elle casse jusqu'à ce que les pièces qui le composent se réajustent, mais également l'histoire du rangement en général de nos sociétés et de nos dérangements intérieurs...

© Photo DR.

Production : Cie ZA! Coprod : Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, Charleville-Mézières | DSN – Dieppe Scène Nationale | Théâtre pour Deux Mains – Pascal Vergnault, Nantes | Théâtre à la Coque – Centre National de la Marionnette (en préparation), Hennebont | Théâtre de Laval – Centre National de la Marionnette (en préparation) | Conseil départemental de Loire-Atlantique | Région Pays de la Loire | DRAC Pays de la Loire. Soutiens : Ville de Nantes | Les Fabriques - Laboratoires artistiques, Nantes | L'Atelier des Initiatives, Nantes | Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes – Centre de la Marionnette en région Hautsde- France, Amiens | Le Strapontin – Scène des arts de la parole, Pont-Scorff | Théâtre aux Mains Nues, Paris | L'Espace Périphérique, Paris | Institut International de la Marionnette dans le cadre de son dispositif d'aide à l'insertion professionnelle des diplômés de l'ESNAM

Site de la compagnie

Demain, finit l'enfance. Elle rentre en 6ème. Elle n'a pas peur, elle est prête !

Parée de l'assurance un peu provocante due aux certitudes de son âge, elle va devoir traverser la ville, seule, pour se rendre à son nouveau collège… Ce sera la première fois. Elle y croisera des sans-place-fixe, des placeurs,des déplacés, des pas-à-leur-place, des qui-font-place-nette…
Et surtout quelqu'un de son âge qui vient d'un pays qui n'existe pas…

Un texte original sera écrit spécialement pour ce projet par Christophe Moyer. Les premières recherches se sont déroulées lors de la saison 2018-2019 dans des allers/retours entre le plateau et le travail sur table. Afin d'enrichir l'écriture, deux temps d'ateliers sont prévus avec des adultes (migrants,personnes sans abris, gens du voyage), des adolescents (collège) et des enfants (primaires) pendant la saison 2019-2020.

La question des places prises et/ou à prendre, attribuées et perdues est au coeur de la pièce. Avoir une place pour exister, réussir à avoir une bonne place, ne pas se sentir à sa place, perdre sa place et donc ne plus exister aux yeux des autres, se révolter contre ce système...

« …Reprendre en main son cadre domestique, le retourner de fond en comble, interroger la présence de chaque objet, lui rendre son éclat d'un coup de chiffon avant de le remettre à sa place ou de lui en trouver une meilleure, permet de prouver son pouvoir sur les choses, de définir sa propre place dans le monde, de la préciser, de l'actualiser... »

Mona Chollet, « CHEZ SOI, une odyssée de l'espace domestique »

Les objets à ranger ou les objets pour le rangement font partie du corps de la marionnette. Ce qui permet de révéler la place de chaque personnage. Il y a ceux qui rangent et ceux qui portent le dérangement en soi.
Le tiroir est un objet central du spectacle. Il est utilisé pour le corps de certaines marionnettes, mais aussi comme leitmotiv scénographique : le mur de tiroirs, les tas de tiroirs, les tiroirs sans fond, sont là pour refléter le rangement de notre monde, de nos habitats, de nos places.

« Ma maison, mon chez moi, c'est une image de moi-même »

une jeune femme (Nantes)

Les marionnettes sont là pour traduire en image métaphorique les relations de tous les personnages avec leur « place », leurs rangements, dérangements et arrangements. Yasmine Yahiatène travaille sur l'univers visuel et les personnages. Un monde dérangé et incomplet.

Nous parlons aussi de personnes « invisibles » ou celles qu'on ne veut pas voir. Les marionnettes sont là pour proposer une métaphore de cette existence hors de vue. Pour donner un exemple : Le marcheur (une personne sans abris qui passe ses journées à marcher) n'a que deux jambes et deux bras pour figurer son corps, sa tête n'apparaît que quand quelqu'un s'adresse à lui en lui donnant donc un visage et une existence.

« Vivre, c'est passer d'un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner. »

G. Perec, « Espèces d'espaces »

Nous utilisons la vidéo avec la technique du mapping, permettant d'envoyer des images où Nous voulons sans que le spectateur s'y attende. Dans le but d'accompagner la scénographie mais aussi comme moyen d'expression complémentaire au sujet du spectacle, nous créons une interaction entre les personnages et la vidéo, venant perturber le désordre ou l'ordre établi.

Le dessin en direct devient un vrai partenaire du jeu, il permet aussi d'annoncer les personnages avant qu'on les rencontre (les traces du Marcheur, par exemple), partager leur monde intérieur, donner l'existence à leurs mots qui ne sont jamais entendus... Le dessin évolue tout au long du spectacle de gribouillis enfantins vers le trait de plus en plus droit et « rangé ».

Nous avons développé des projets d'action artistique, qui ont pour but de nourrir l'écriture du spectacle. Nous continuons toujours à collecter des témoignages qui inspirent la création, nous proposons d'imaginer un travail à la fois théâtral et plastique.

Les adultes peuvent partager leur rapport et leur expérience du « chez soi » : une expérience qui n'est pas la nôtre et qui sort des normes. Ici, on parle d'une action sur la durée avec des personnes sans abri et des migrants. Ce sont des gens qui ont été/sont réellement et concrètement confrontés à la question de leur place dans ce monde.

Les (pré)adolescents pourront partager leurs ressentis les plus intimes, leurs frustrations et leurs peurs. Cela nous est indispensable pour créer notre personnage principal. Le contact avec notre « public cible » nous aide à définir les points les plus cruciaux, à être juste dans les choix dramaturgiques.

La compagnie ZA! est basée à Nantes depuis 2017.
"ZA" est un petit mot russe qui peut prendre des sens multiples selon le contexte dans lequel il est employé. Nous l'utilisons pour confirmer notre soutien (en cas de vote, par exemple), notre engagement, pour exprimer l'intention de commencer un travail, pour signifier la position géographique ou morale de celui qui suit quelqu'un, etc. Cependant ce petit mot ne veut pas dire grand-chose lorsqu'il est tout seul, tout comme un artiste a besoin d'une équipe, de spectateurs aussi. Vera Rozanova définit la ligne artistique de la compagnie et, pour chaque nouveau projet, s'entoure d'autres artistes venant d'horizons différents pour mener une recherche autour de questionnements intimes liés aux enjeux de la société contemporaine, à travers les Arts de la Marionnette et du Théâtre d'objets.

Vera Rozanova
Après une formation à l'Académie de Théâtre de Saint-Pétersbourg, spécialité « mise en scène » et à l'École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette ( Charleville-Mézières), elle est accompagnée par le Théâtre aux Mains Nues pour la création de son projet A travers la Cerisaie .En parallèle elle met en scène des projets avec le Théâtre de Klaïpéda, mène des projets d'actions culturelles (Lille -2015, Sénégal – 2016, Paris – 2017, Laval -2018).
En parallèle, elle poursuit ses collaborations avec d'autres compagnies en tant qu'interprète : Les Ateliers de Pénélope (Faire la Guerre,2015), Glitch compagnie ( #Humains 2018), Cie Tourneboulé (Je brûle d'être toi, 2019) et en tant que constructrice de marionnettes pour la cie sénégalaise Djarama (Petit bout de bois, 2018). Elle rencontre Pascal Vergnault en juin 2017. En 2018, elle entame un compagnonnage avec la compagnie Théâtre pour 2 mains autour de son projet de création « CHEZ SOI/dé-RANGEMENT » (titre provisoire).