Jeu. 5 novembre

20h | Durée 1h30
RÉSERVER

Grande Salle
Tarif A

Boire, écrire, s'enfuir

CONCERT
Miossec

Un concert intimiste d'un artiste hors du commun, autour du répertoire d'un premier album mythique, Boire.
______

Voilà 25 ans, en mars 1995, sortait Boire sur un label bruxellois indépendant. Un disque au petit budget, sec, sans batterie, loin des canons de l'époque avec ses paroles rugueuses. Ce disque a imprimé une certaine génération, fait bouger quelques lignes et pris une place qu'il n'était pas censé avoir dans l'histoire de la chanson. Beaucoup sont venus puiser dans ce vocabulaire.
Relire ce premier album aujourd'hui, c'est l'enrichir avec des chansons écrites pour les autres, comme des extensions, des contre-chants ; c'est aussi l'éclairer, avec de nouvelles chansons originales, en forme de bilan. Cette relecture de Boire est immatérielle et ne subit pas les contraintes de minutage des formats commerciaux. Elle est présentée sous la lumière du jour, malaxée, réarrangée de fond en comble, avec quelques mots, quelques histoires très courtes sur lesquelles viennent se greffer les chansons écrites pour les autres, celles qui font écho, celles qui les prolongent... Comme Boire ne se voulait pas être « rock », les musiciens viennent d'autres univers (classique, contemporain, jazz). L'éclairage est théâtral, les tableaux sobres et les instruments utilisés sont présentés comme des pièces de musée. Plaisir des yeux et des oreilles !

______

« S'ils se gardent d'évidences littérales, les textes de Miossec savent depuis longtemps mettre les mains dans le cambouis de la réalité, qu'elle soit sociale ou autobiographique... Miossec demeure l'une des personnalités les plus importantes et attachantes de la chanson française. » Le Monde

CINÉMA
Miossec, tendre granit
Film documentaire français de Gaëtan Chataigner | 2019
______
Son enfance, ses débuts d'artistes, ses erreurs de jeunesse ; retour sur la trajectoire tumultueuse et à présent apaisée de Christophe Miossec.
➔ Sam. 31 octobre 18h

Chant Christophe Miossec. Guitares Sébastien Hoog. Violon, chant, claviers Mirabelle Gilis. Basse Laurent Saligault. Batterie, percussions Guillaume Rossel.

© photo : Yann Orhan

Site de la compagnie

Voilà 25 ans, en mars 1995 sortait « Boire » sur un label bruxellois indépendant.

Un disque au petit budget, sec, sans batterie, loin des canons de l'époque avec ses paroles rugueuses.

Ce disque a imprimé une certaine génération, a fait bouger quelques lignes, a pris une place qu'il n'était pas censé avoir dans l'histoire de la chanson.

Gréco, Birkin, Gardot, Hallyday, Bashung, Eicher sont venus puiser dans ce vocabulaire.

L'idée est de relire ce premier album avec les chansons écrites pour les autres, comme des extensions, des contre-chants.

De nouvelles chansons originales, en forme de bilan, viendront éclairer l'histoire.

Le seul musicien invité sur Boire fut Blaine L Reininger, du groupe underground californien, Tuxedomoon.

C'est cette veine qui sera poussée, d'autant plus que cette relecture de Boire est immatérielle et ne subira donc pas les contraintes de minutages des formats commerciaux.

L'album relu sous la lumière du jour, malaxé, réarrangé de fond en comble. Ses chansons présentées avec quelques mots, quelques histoires très courtes sur lesquelles viennent se greffer les chansons écrites pour les autres, celles qui font écho, celles qui les prolongent..

Comme Boire, avec son absence de batterie, ne se voulait pas être « rock », les musiciens pressentis, quatre, viennent d'autres univers ( classique-contemporain-jazz ).

L'éclairage sera théâtral. Des tableaux. Sobres.

Les instruments utilisés seront éclairés comme des pièces de musée, de collection. Plaisir des yeux.

Aux 12 titres de « Boire » qui, pour la plupart, n'ont plus été joués en concert depuis 1998, viennent se greffer :

« Merci » « Couvre feu » Juliette Gréco
« Les Avalanches » Jane Birkin
« L'attente » « 20 ans » Johnny Hallyday
« Disparaître » Stephan Eicher
« Faisons envie » Alain Bashung
« Mon beau fantôme » Mélody Gardot

Miossec a choisi d'intituler son onzième album studio « Les Rescapés ». Parce que ce mot, pris dans les vents contraires, évoque à la fois la tristesse et l'optimisme. Parce que quiconque est arrivé jusque là, malgré les blessures, les obstacles, les pertes, les tourments et les désillusions, est l'un d'eux. Et peut-être, aussi, parce que cet album est le résultat d'un long voyage animé par un souffle, une envie bien particulière : que l'on sente l'homme, la femme, derrière chaque son – que l'on sente les êtres vivants.

Les Rescapés vient après près de 4 années de tournée. À celle en grand ensemble d'Ici-bas, ici même (2014) a très vite succédé celle, plus intimiste, plus militante et plus spontanée de Mammifères (2016), passée par des guinguettes, des granges, un vignoble, un musée. Cette dynamique habite Les Rescapés qui compte trois morceaux sur le frisson de la scène, le banal et le divin de la tournée (L'Aventure, On meurt, Pour). « Pour tous les territoires parcourus, pour ceux où on ne vient plus, ceux où on ne passe pas. Pour la géographie du désespoir et celle de la joie, pour la beauté, pour le geste et pour la façon dont elle se manifeste » chante Miossec sur Pour composé avec Benjamin Lebeau. Les autres morceaux sont écrits, composés par Miossec excepté « La Vie Sentimentale » avec Mirabelle Gilis et « Les Infidèles » avec Leander Lyons. Dans cet album transpirent l'envie de porter la musique sur scène et la joie sans cesse renouvelée d'avoir retrouvé l'essence du métier, son utilité.

Les Rescapés se construit de mai 2017 à avril 2018, sur trois périodes distinctes. Brest d'abord, avec Mirabelle Gilis et Leander Lyons, où une première étape s'impose : limiter le champ d'action en réunissant « du matériel d'avant les programmations » – Piano, Roland SH 1000, Orgue Yamaha, Mellotron et une boite à rythme italienne, une Elka. Pour cet album particulièrement, Miossec entend maîtriser de bout en bout le son. Comme une sérigraphie, raconte-t-il, « le disque s'est fait avec les mains, dans un cadre et avec un choix de couleurs sonores précis, volontairement limité ». Ici se lit la volonté de retrouver les contraintes et les principes, tenus, assumés, des débuts.

Viennent ensuite les étapes parisiennes : au studio Badabing de Julien Delfaud avec Laurent Bardainne, Mirabelle Gilis et Sylvain Daniel où les chansons sont enregistrées en live, avec le rajout de basses Roland et de Jupiter. Puis Studio Garage où l'album est mixé et malaxé avec Dominique Ledudal, avec qui, pendant des nuits, l'entente se fait parfaite. Là, les morceaux sont remodelés avec des guitares, toutes jouées par le chanteur, qui ne sonnent pas souvent comme des guitares.

Pour Miossec, cet album est le plus personnel musicalement, depuis Boire (1995). Entre temps qu'est-il arrivé ? Quels drames et quelles peaux a-t-on effleuré ? « Je suis devenu ce que font les années, tout ce qui a pu se passer, les souvenirs perdus ou complètement déformés» chante Miossec dans Je suis devenu. Rescapés de nos erreurs, de nos élans et de nos vertiges dont Miossec a souvent su écrire la bande son, nous voilà donc face à l'urgence et au frisson du présent. Organique.