Mar. 15 décembre

20h | Durée 1h15
RÉSERVER
Séance scolaire
Mar. 15 déc. 14h

Grande salle
(nouveau lieu !)
Tarif A | Jauge limitée

Breaking the news

THÉÂTRE | DÈS 14 ANS
Mise en scène Laëtitia Botella, Compagnie Les Nuits Vertes
Coproduction DSN

L'impact dévastateur du politique sur l'intime.
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C'est un monde où tout est observé, scruté en permanence et où l'information est tronquée. La pièce décline quatre tableaux où quatre personnages – un reporter, une première dame, une actrice et un politique – sont confrontés à un schéma implacable : le personnage veut sauver sa peau ; pour ce faire, il renonce à son éthique, à sa morale ; la situation lui échappe, le système est plus fort et plus sournois que lui…
Les acteurs sont à la fois personnages, narrateurs et manipulateurs de l'espace qu'ils transforment. Ils piègent et ils épient leurs partenaires. Le décor, tout en transparence, est fait de cloisons qui séparent et nous permettent d'être voyeurs de tout. Le texte d'Alexandra Badéa observe le monde d'aujourd'hui par le prisme médiatique et en même temps regarde la fragilité de l'être dans une société toujours plus intrusive et impitoyable. Dans cette pièce, Laëtitia Botella alimente sa réflexion sur cette frontière fragile entre le Moi et le monde politique, économique et médiatique.

ATELIER DÉCOUVERTE
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Par le biais de jeux et d'improvisations, Laëtitia Botella vous invite à réfléchir à l'image et à sa puissance médiatique.
➔ Lun. 14 décembre 18h30 | Studio | Dès 15 ans
Infos & résa

Texte Alexandra Badea. Jeu Vincent Fouquet, Jade Collinet, Ismaël Habia. Création lumière Jean-François Lelong. Scénographie Joël Cornet et Romain Renault. Création sonore Guillaume Zolnierowski. Son Matthieu Leclere.

© photo : Arnaud Bertereau

Site de la compagnie

«Il y a un impact dévastateur du politique sur l'intime.»

Alexandra Badea

J'ai souhaité retranscrire au plateau un monde où tout est observé, scruté, analysé en permanence et où l'information est tronquée. Les acteurs sont à la fois personnages, narrateurs, manipulateurs de l'espace qu'ils transforment ils piègent et épient leurs partenaires. On ne sait plus si les personnages sont vraiment maîtres de leurs actions et choix et c'est toute l'ambiguïté de cette pièee d'Alexandra Badea. J'ai souhaité un décor en transparence, des cloisons qui séparent, empêchent, enferment et en même temps qui nous permettent dêtre voyeurs de tout. cette volonté est avant tout celle de laisser entrevoir que nos personnages sont humains avant tout "humain trop humain" ...

Le texte dAlexandra Badea est un matériau qui me permet à la fois de traiter le monde d'aujourd'hui, de l'observer par te prisme "médiatique''. et en même temps de regarder la fragilité de l'être dans une société toujours plus intrusive, dure et impitoyable. Il y a les personnages et les comédiens et la frontière entre les deux est l'endroit de jeu qui m'intéresse pour ce spectacle.

La solitude des personnages dans Breaking the News frappe d'emblée, car elle est généralisée, systématique.

Dans un monde hyper-connecté où nous sommes branchés aux autres en permanence, l'échange humain est devenu une sorte de fantôme. On parle à l'Autre comme on ferait sa propre analyse, l'autre n'est plus une oreille attentive, c'est un miroir tendu sur soi-même. L'Autre n'est même plus un corps, c'est un répondeur sur lequel on laisse un message.

Les sentiments ont déserté et la notion de plaisir a disparu, au lieu de ça on répond à des fonctions, on établit des stratégies.

Le fonctionnement des 4 tableaux est invariable et suit un même schéma implacable:

1. Le personnage veut sauver sa peau, sa place.
2. Pour se faire, il renonce à son éthique, à sa morale.
3. La situation lui échappe, le système est plus fort et plus sournois que lui.

Cette question de l'Être et son inscription dans le monde me fascine depuis toujours. Avec cette pièce j'ai envie d'explorer cette frontière fragile entre le Moi et le reste du monde (politique, économique et médiatique).

Je veux que nous puissions observer à quel point la « grande Histoire » peut dévorer la « petite histoire».

L'ESPACE / PERCEPTION
Je souhaite également utiliser des micros, discrets. La notion de sincérité étant tellement fragile dans ce texte, il est vraiment intéressant de traiter la parole le plus naturellement possible, pour qu'au contraire certains moments soient traités avec le filtre du micro qui modifie, amplifie. Le public perdra ainsi tout repère, il sera confondu entre sincérité et mise en scène, empathie et dégoût.

L'ESPACE / LES ECRANS
De plus en plus d'écrans nous séparent les uns des autres. Ils sont un moyen de nous isoler, de nous mettre à distance, de nous détacher du monde et en même temps on se montre, on se dévoile comme jamais auparavant. Le plateau devient un lieu d'expérimentations où des écrans de plexiglas, évolutifs, sont à la fois des cadres qui délimitent, des frontières qui protègent, des barrières qui contraignent ou au contraire des lentilles, des révélateurs.

Laëtitia Botella

Alexandra Badea  est une autrice roumaine d'expression française, metteure en scène, scénariste et scénographe contemporaine, lauréate du Grand Prix de littérature dramatique 2013 du CNT et Chevalière de l'Ordre des Arts et des Lettres. Elle suit une formation de mise en scène à l'École nationale supérieure d'art dramatique et cinématographique de Bucarest.

En 2003, elle s'installe à Paris et exerce en tant que metteuse en scène, entre la France et la Roumanie. Parallèlement, elle écrit en français et publie ses premiers textes chez L'Arche Editeur dès 2009.

Elle a obtenu le Grand Prix d'écriture dramatique du Centre National du Théâtre pour Pulvérisés (L'Arche). Son premier roman, Zone d'amour prioritaire est paru en février 2014.

En 2018, elle travaille sur un projet d'écriture à l'initiative de la metteure en scène Anne Théron qui donnera la pièce A la trace. Le texte est publié chez L'Arche et le spectacle est en tournée en France. Elle présentera également au festival d'Avignon puis au Théâtre National de la Colline Points de non-retour (Thiaroyel) la première partie d'un triptyque qui explore les parts sombres de l'histoire contemporaine de la France.

photo © Richard Schroeder

Fondée en 2008 en Normandie par Laëtitia Botella, la compagnie Les Nuits Vertes s'est réellement implantée sur le territoire en 2011 avec la création du Chant du tournesol d'lrina Dalle, ainsi que de nombreuses actions culturelles. Depuis la compagnie a choisi d'axer son travail autour des auteurs et autrices contemporain.e.s.

En montant à la fois des spectacles (l'île de Dieu de G. Motton - en 2016, Je suis drôle de F. Melquiot en 2016, Bouboule et Quatzieux de P. Gauthier en 2017, Breaking the news d'A. Badea en 2020) mais également des concerts-littéraires (Affaires imaginaires en 2015, Le voyaged'Octavio en 2017, Le Noel d'Auggie Wren en 2018, Mayo, ketchup ou lait de soja en 2020).

Suite à une collaboration étroite avec le festival littéraire Le Goût des autres depuis 2014, la compagnie a élargi son champ d'action à la lecture à voix haute et c'est naturellement qu'en 2019, Les Nuits Vertes ont créé un café littéraire itinérant "Le Cali", chapiteau proposant des formations de lecture à voix haute ainsi que des lectures par des comédien.ne.s.

Littérature, textes contemporains, transmission et partage sont les maîtres mots de notre compagnie.