MARDI 19 NOVEMBRE 20H
durée 1h10
RÉSERVER
GRANDE SALLE
jauge limitée
tarif A
THÉÂTRE
dès 12 ans

AUTOUR DU SPECTACLE
atelier découverte | scène ouverte

Visions d'Eskandar

TEXTE ET MISE EN SCÈNE SAMUEL GALLET
LE COLLECTIF ESKANDAR
COPRODUCTION DSN DANS LE CADRE DE PAN,
PRODUCTEURS ASSOCIÉS DE NORMANDIE.

Un théâtre de l'urgence poétique à l'énergie brute qui questionne notre rapport à l'imaginaire…

Créé début 2015 sous l'impulsion de Samuel Gallet, écrivain et metteur en scène, le collectif Eskandar rassemble dramaturges, acteurs et musiciens, autour du projet de constitution d'une ville imaginaire nommée Eskandar. Dans cette ville détruite par un séisme et à l'heure des ruines qui attendent d'être relevées, deux hommes et une femme trouvent un refuge existentiel. Malgré les destructions qui s'accélèrent et sous la menace d'une mort pouvant survenir à tout moment, ces habitants inventent le monde qui viendra et les formes qu'il pourrait prendre. Architecture, politique, rêves, utopies, lois, ils tentent d'imaginer la reconstruction en dépit du désastre.
À la croisée du théâtre, de la performance et du concert, cette épopée théâtrale apocalyptique et burlesque nous donne à voir des visions de mondes meilleurs. Eskandar c'est cette ville jailli du rêve de quelques-uns entre enthousiasme et inquiétude, un abri pour qui ne supporterait plus la société actuelle.

« Visions d'Eskandar, une quête d'optimisme au coeur d'une ville imaginaire. » Liberté Caen

Interprétation Caroline Gonin, Jean-Christophe Laurier, Pierre Morice. Composition musicale et interprétation Mathieu Goulin, Aëla Gourvennec. Scénographie Magali Murbach. Dramaturgie Amaury Ballet, Théo Costa-Marini. Lumière Adèle Grépinet. Régie Lumière Martin Teruel. Son Fred Bühl. Construction Les ateliers du Préau.

Production : PAN, Les producteurs associés de Normandie : Comédie de Caen-CDN de Normandie, Le CDN de Normandie-Rouen, Le Préau CDN Normandie-Vire, Scène nationale 61 Alençon Flers Mortagne-au-Perche, Le Trident SN Cherbourg-Octeville, DSN – Dieppe Scène Nationale, Le Tangram, Scène Nationale Evreux Louviers. Coproduction : les scènes nationales du Jura (Direction Virginie Boccard).

© photo : Joran Tabeaud (visuel), Samuel Gallet, DR

Site de la compagnie

Dans le premier volet de ce triptyque – La bataille d'Eskandar – créé en février dernier au Théâtre du Préau (Centre Dramatique de Vire) et dans le bocage normand, une femme, pour échapper aux huissiers, rêve d'un séisme qui les ferait disparaître. Ainsi le chaos lui permettrait-il de se reconstruire, autre, avec Mickel, son fils de huit ans et demi. L'urgence est telle et le rêve si fort que la catastrophe advient. Tout s'effondre. Dans la ville d'Eskandar, la nature reprend ses droits. Un zoo est laissé à l'abandon, des fauves s'échappent, et attaquent celles et ceux qui n'ont pas pu ou voulu partir. Parmi eux, Thomas Kantor, un obscur criminel en cavale. Se rebaptisant Madame de Fombanel, cette femme s'enfonce dans la zone pour abattre des lions, à la fois effrayée et fascinée par la propagation du désastre.

Dans Visions d'Eskandar, nous retrouverons Mickel, le fils, devenu architecte, qui saisi dans un moment de rupture existentielle, commence, à habiter cette ville parallèle. Face à la catastrophe politique, écologique, imprévisible, il imagine le monde qui viendra et les formes qu'il devrait ou pourrait prendre. Architecture, politique, rêves, utopies, lois, sous la menace d'une mort pouvant survenir à tout moment, tente de s'inventer la reconstruction au coeur même du désastre, en dépit du désastre, contestant par là même sa totalité.

Eskandar serait ainsi cette ville imaginaire qui jaillit du rêve de quelques-uns qui ne supportent plus la société actuelle, qui se sentent totalement étrangers au monde tel qu'il va. Ils se réfugient alors dans cette ville détruite et en voie de reconstruction.

« Notre existence est prise entre les vies que nous vivons et les vies que nous ne vivons pas, dont nous avons manqué l'occasion, - des vies que nous pourrions mener mais que, pour une raison ou une autre, nous ne menons pas. Et nous apprenons à vivre entre la vie que nous avons et celle que nous aimerions avoir… Mais, il y aura toujours la vie que nous avons menée, et la vie qui a accompagné la vie que nous avons menée, - la vie parallèle ou les vies parallèles qui n'ont jamais réellement eu lieu - que nous avons menées en imagination, nos vies souhaitées : Les risques que nous n'avons pas pris, les occasions que nous avons évitées, ou qu'on ne nous a pas fournies. Nous nous référons à elles comme à nos vies non vécues ; Parce que nous croyons, au fond, qu'elles s'offraient bien à nous, mais que pour telle ou telle raison – que nous pouvons passer notre vie (vécue) à essayer de cerner - elles avaient quelque chose d'impossible. Et nous partageons nos vies avec ces gens que nous avons échoués à être. »

Adam Phillips, La meilleure des vies

Comment reconstruire ? Comment parler de ce qu'il faut reconstruire ou construire ou inventer ? Dans un temps convaincu de l'inévitabilité de la catastrophe ? Comment exprimer les premières pousses d'un monde nouveau, autre, inattendu et vivable ?

Visions d'Eskandar évoquera notre société occidentale actuelle, minée par le dégout d'elle-même, traversée par des jaillissements de violences, des replis identitaires et pourtant prise dans des appels vivaces à de nouvelles reconstructions.

Quelles sont les vies que l'on ne vit pas mais que l'on souhaiterait vivre ? Qui aurions-nous voulu être ? Qu'estce que nous nous interdisons de rêver face à un monde contemporain souvent présenté comme condamné ? Vies parallèles, non vécues, regrettées ou fantasmés qui nous accompagnent.

à travers la figure de l'architecte et des autres personnages peuplant cette ville parallèle, il s'agira de faire entendre cette tension que le rêve exprime sans contradiction entre notre obscur désir de destruction totale et notre lutte quotidienne pour construire des espaces viables pour soi et pour autrui, les énergies de reconstruction qui peuplent nos sociétés et nos fors intérieurs.

Le poème dramatique
Travaux sur le deuil, l'oubli, les marges, la colère, mes pièces – plus poétiques que documentaires – dessinent un monde en ruine, en train ou déjà effondré et les énergies pour le reconstruire. Pris dans l'expectative et dans ce sentiment de panne générale, des êtres tournant sur eux-mêmes peuplent mes écrits. Englués dans leurs conditionnements, écrasés par le passé, ils essaient de trouver des prises sur le monde et tentent par la poésie ou la violence, par le repli autiste ou par la fondation d'un clan, de se libérer.

Pour exprimer ce rapport contradictoire au présent comme ces appels vers des issues réelles ou rêvées, le théâtre que je propose se construit sur une friction entre situations et poèmes dramatiques.

A la croisée du théâtre, de la performance et du concert, alternant entre incarnation fictionnelle et distanciation narrative, morceaux ou dérives électro-acoustiques, les protagonistes paraissent sur scène à la fois diseurs, narrateurs visionnaires et personnages aveuglés par l'urgence du présent. Ils jouent la fiction, la détaillent, la contestent, la chantent, la musique venant prendre le pas sur l'aporie de la parole pour exprimer peut-être cet enchevêtrement dont chaque vie est faite nous situant à la fois en nous et hors de nous.

Entre théâtre et oratorio, épique et dramatique, évocation et incarnation, présence et absence. Entre le rêve et le réel, je tente de proposer un théâtre qui n'avance qu'en confrontant différentes formes de prises de paroles – chants, dits, invectives, explications – contradictoires, complémentaires, insatisfaites.

Samuel Gallet, janvier 2017

L'espace
Visions d'Eskandar, se construira sur une multiplicité d'espaces et de lieux de paroles, à la fois évoqués et investis, suivant en quelque sorte la multiplicité des statuts de la parole (dramatique, épique, narratif, choral). L'enjeu de ces formes mêlant théâtre, poème, et musique, est qu'il s'agisse bien d'un groupe qui prend la parole et qui parfois incarne un personnage qui décrit la situation, la chante, la conteste, l'interroge. Ainsi musiciens et acteurs sont en lien permanent. Devenir musique de la parole, devenir parole de la musique.

La lumière
Il s'agirait de partir d'objets lumineux très simples qui se multiplieraient jusqu'à saturation complète de l'espace. Partir de choses concrètes, présentes dans les lieux, butagaz, ampoules, pour aller vers un espace de plus en plus onirique, allégorique, avec les lumières trouvées installées par les personnages au fur et à mesure que l'obscurité se fera sur Eskandar.

Créé début 2015 sous l'impulsion de Samuel Gallet, écrivain et metteur en scène, et de Pierre Morice, comédien et dramaturge, le Collectif Eskandar rassemble régulièrement dramaturges, acteurs, musiciens, artistes français et étrangers, autour du projet de constitution d'une ville imaginaire nommée Eskandar

Eskandar est une ville qui a été détruite par un séisme. Le projet du collectif est actuellement de créer trois spectacles qui racontent chacun une histoire se déroulant dans cette ville. (La bataille d'Eskandar – Bonus Tracks – Visions d'Eskandar). Autour de ces créations, des résidences d'écriture collective sont régulièrement organisées en Normandie pour travailler à partir de recueil de paroles d'habitants sur les rêves, les cauchemars, les vies parallèles que chacun garde en soi et le rapport que l'on entretient aujourd'hui avec l'imaginaire.

Avant que la compagnie ne se structure administrativement, les membres du collectif Eskandar ont pu créer depuis 2009 en association avec Samuel Gallet et le Théâtre du Préau (CDN de Normandie – Direction Pauline Sales et Vincent Garanger) quatre spectacles en résidence soit dans des établissements solaires soit en tournée dans le bocage. Oswald de nuit/ Erold / Les enfants atomiques / Réanimation. Ainsi que des écritures collectives (anthologies oniriques/grands opéras). De très nombreux ateliers d'écriture, résidences en établissements, lectures chez l'habitants ont été organisés durant ces 6 années.

Depuis 2016, trois spectacles sont en création ou disponible à la tournée et de nombreuses actions artistiques ont été et sont menées sur le territoire normand.

Après l'exploitation réussie de La bataille d'Eskandar en juillet 2018 au Théâtre des Halles en Avignon, le collectif Eskandar travaille pour la saison 2018/2019 sur la création des deux autres volets du triptyque : Bonus Tracks qui sera présenté le 4 décembre au CDN de Vire puis en tournée dans le bocage en janvier 2019, et Visions d'Eskandar qui sera créé à Dieppe et à Caen en février mars 2019 puis présenté à partir du 25 mars 2019 à Caen, Vire, Cherbourg.

« Sillonner les villes et les pays, s'inspirer des enjeux et des problématiques rencontrées, créer des passerelles entre des mondes le plus souvent étanches, proposer d'autres géographies et d'autres histoires que celles qui participent au désespoir ambiant, interroger les rêves qui nous animent ou les rêves qui nous manquent, comment la poésie dramatique et le théâtre peuvent-ils venir avec les armes qui sont les leurs, questionner et remettre en jeu les représentations parfois figées que nous portons sur notre époque ?

Dans ce nouveau monde en train d'apparaître, complexe et inquiétant, la ville d'Eskandar exprimera cette modernité que nous habitons, le rapport que nous entretenons encore et toujours à l'imaginaire. Comment ESKANDAR peut-elle être cette ville que nous avons tous secrètement en partage, à la frontière du réel et du rêve, cette métaphore d'un possible commun, d'un avenir non catastrophique à construire.

Que ce soit par l'écriture de textes, par un travail sur les écritures contemporaines, par des enquêtes sur les rêves et de projets d'écritures collectives, de rencontres et de confrontations avec la société civile, ou d'échanges internationaux, le collectif Eskandar cherche à dresser une cartographie enthousiaste et inquiète, de cet espace dévasté et en reconstruction, réel et imaginaire dans lequel nous vivons : Eskandar. »