THÉÂTRE | DÈS 14 ANS

Comme nous pardonnons aussi

Mise en scène Pierre Notte
Compagnie Les gens qui tombent

Création & coproduction DSN

Vendredi 20 & samedi 21 janvier
20h | Durée 1h35

Le Drakkar
Tarif A

La mère revient dans la grande maison familiale. Le père est rentré, après dix ans d’absence, il est venu mourir là. La mère a convoqué ses trois enfants, deux naturels, un adopté. Ils arrivent, elle les accueille et c’est l’heure des grands règlements de comptes, des souvenirs, des secrets à fouiller... L’héritage et les héritiers. Mais il n’y a pas de testament. La mère convoque les fantômes du mourant, ses parents, ses anciens collègues, ses amis, son premier amour… Elle voit passer des spectres... Les vivants et les morts se croisent. On reconstitue la vie du père. Reviennent en surface les trahisons, les choses qui ont bouleversé les vies de chacun d’entre eux, sans que rien jusque-là n’ait été jamais dit. Du père, on tente de faire le portrait, faute de pouvoir lui rendre hommage. On cherche à comprendre qui il était, ce qu’il a fait, cet homme absent. On pardonne, ou pas. Les enfants repartent, ils n’avaient pas prévu de vêtements de deuil. La mère s’effondre. Mais les enfants reviennent...

Texte, mise en scène et piano Pierre Notte. Avec Pauline Chagne, Muriel Gaudin, Benoit Giros, Silvie Laguna, Clyde Yeguete. Scénographie François Gauthier-Lafaye. Lumière Antonio de Carvalho. Son Adrien Hollocou, Clément Walker-Viry. Costumes Alain Blanchot. Musiques originales Pierre Notte.

© Photo : Cie Les gens qui tombent

Production : Cie Les gens qui tombent. Coprod: DSN-Dieppe Scène Nationale. Soutien : Spaziu Culturale Rochiccioli de Cargèse.

Une grande scène, une grande table familiale où la mère est assise, royale.  Elle ne quitte jamais le plateau, espace abstrait (intérieur d’une maison familiale, ou d’une mémoire,  refuge de souvenirs d’intérieurs.)  On doit sentir que l’espace est clos, fermé, qu’ils y sont enfermés, comme dans L’Ange exterminateur  de Buñuel. 

Il y a des lumières, précises, cisaillées, et un piano, au fond à cour, clavier électrique ou non. L’auteur  lui-même interprète des interludes et des chansons, annonce les dates, les intertitres. Il est  interrompu régulièrement par les comédiens qui l’interrogent sur le sens de la pièce (il ne  répond pas.) Il se fait de temps en temps harponner par la mère (l’actrice), car c’est bien lui, le  responsable de cette affaire. En réponse à la mère, l’auteur metteur en scène chante une chanson  originale, ou deux. 

Une sorte d’îlot de cuisine, petit espace, où l’auteur lui-même prépare le repas (une quiche, un  poulet au citron) pour les personnages et les comédiens. Cela doit vivre, tout le temps.  La grande table est un espace concret pour les personnages concrets (les enfants et la mère),  mais elle devient un autre plateau, espace de jeu, pour les fantômes agités en lesquels se transforment  les comédiens. 

Les comédiens jouent donc leur propre rôle (ils invectivent l’auteur), mais aussi les rôles des  personnages concrets (vivants, enfants et mère), ainsi que les fantômes (les codes de jeu, corps  et voix, changent à chaque fois, à chaque rôle, selon le registre et le moment.)  Autour de l’espace de jeu, partout sur scène : des éléments de costumes, accessoires, que  saisissent les comédiens pour incarner la multitude de personnages, fantômes qui passent. Ce  doit être d’une grande fluidité. La table occupe l’essentiel de l’espace de jeu, c’est là, sur elle,  que les figures évoluent. 

Là, grâce aux lumières, les temps se juxtaposent, les vivants et les morts se croisent, s’effleurent,  se rencontrent et s’affrontent.  La mise en scène se concentre ici sur l’énergie des acteurs et leur capacité inouïe à changer de  rôle, de code, de rythme, à casser l’attendu pour rompre, avec force et vitalité. Ce doit être une  grande fête, à la fois macabre et joyeuse. 

COMME NOUS PARDONNONS AUSSI
Il s’agirait de demander aux espaces accueillant le spectacle, théâtre, plateau, salles diverses, de mettre à la disposition de la compagnie le matériel de théâtre non-utilisé : des projecteurs cassés, des câbles, des flight-cases, des caissons, des praticables, des poubelles, des tissus, taps et rideaux. Mais aussi des chaises, des tabourets, des portants de cintres, des bureaux ou des banquettes, des coussins, d’anciens fauteuils usagés, d’éléments de cuisine.

Ces matériaux, matériels de théâtre, très vite identifiables, seraient organisés sur scène en travées, tranchées, qui dessineraient cinq espaces de jeu distincts pour finir : un salon, deux chambres, une cuisine, une entrée ou une salle de bain. C’est-à-dire, un espace principal de jeu (le salon et les couloirs, les allées), des espaces d’arrières plans (des loges, les chambres) ; et un espace de régie et de coulisses (la cuisine ou la salle de bain).
Tous ces espaces et couloirs seraient recouverts d’immenses morceaux de taps noirs, qui seraient à un moment précis soulevés à vue, et dévoileraient dans la dernière partie de la pièce, à la mort du père, ce matériel de théâtre organisé en travées ou en lieux.
Ces espaces distincts seraient délimités par ailleurs par des circuits de leds, alignements de lumières qui prendraient des intensités et des couleurs différentes selon l’action et les lieux de l’action.

Aussi, chaque espace d’accueil du spectacle participerait à sa façon à l’édification du projet, à sa conduite, au hasard du matériel disponible, et le dévoilerait au public au fil de la représentation. Cet espace, constitué des outils de la scène, raconterait peut-être mieux qu’un autre l’immense cimetière sans tombes (convoquant les fantômes et les mensonges, les non-dits et les spectres, les morts et les vivants réconciliés dans l’acceptation d’une grande crédulité) que peut-être le théâtre.

SILVIE LAGUNA (La mère, dite « la bonne épouse. »)
Silvie Laguna, metteuse en scène, pédadogue et comédienne, actrice au cinéma (Delicatessen ; Sagan...), a travaillé avec Pierre Notte dans Perdues dans Stockhom ; Nigth in withe Satie ; C’est Noël tant pis ou encore L’Homme qui dormait sous mon lit.

MURIEL GAUDIN (La fille aînée. Et tante Alice, le biographe, le collègue, la soeur du mourant, la deuxième autorité médicale.)
Scénariste, auteur, comédienne, Muriel Gaudin a notamment travaillé avec Pierre Notte dans L’Histoire d’une femme et L’Homme qui dormait sous mon lit.

BENOIT GIROS (Le grand fils. Et le jardinier au sécateur, le premier amour, feu le père du mourant, le banquier, le frère du mourant, la première autorité médicale.)
Comédien, Benoit Giros a travaillé avec Pierre Notte, metteur en scène, dans La Magie lente, et Jubiler, textes de Denis Lachaud. Il est également metteur en scène et directeur artistique de la compagnie L’Idée du Nord.

SHÉKINA (La fille en robe rouge. Et feu la mère du mourant, tante Thérèse, le notaire, le médecin psychiatre.)
Actrice, chanteuse, danseuse, elle est originaire de la Martinique. Après une année de classe préparatoire à l’Académie de l’Union à Limoges, elle rentre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris où elle travaille avec Valérie Dreville, Robin Renucci, Nada Strancar, Claire Lasne Darcueil...

CLYDE YEGUETE (Le fils préféré. Et le fantôme du mourant, le médecin.)
Comédien au Conservatoire national, Clyde Yeguete joue sous la direction de Pierre Notte le rôle-titre de L’Homme qui dormait sous mon lit.

PIERRE NOTTE (Il joue son propre rôle, auteur et metteur en scène, au piano.)
Auteur, compositeur, metteur en scène, artiste associé au théâtre du Rond-Point depuis 2009, Pierre Notte a écrit entres autres L’Effort d’être spectateur ; Sur les cendres en avant ; C’est noël tant pis ; Moi aussi je suis Catherine Deneuve…

L’ÉQUIPE

FRANÇOIS GAUTHIER-LAFAYE - SCÉNOGRAPHIE
Scénographe, costumier, accessoiriste… Il a été assistant costumier pour les opéras dirigés par William Christie. Il travaille régulièrement avec Les Chiens de Navarre, David Lescot, Guillaume Vincent, Julie Duclos ou encore Anne-Lise Heimburger.

ANTONIO DE CARVALHO - LUMIÈRES
Il a été l’éclairagiste de James Brown, Johnny Hallyday ou Sylvie Vartan, il signe les lumières du Cirque du Phénix. Avec Pierre Notte, il a réalisé les créations lumières de La Nostalgie des blattes ; Les couteaux dans le dos ; Sur les cendres en avant ; La Mauvaise petite fille blonde ou L’Histoire d’une femme.

ADRIEN HOLLOCOU - SON
Il assure notamment la création sonore de Coupable d’après le film Den Skyldige au Théâtre Marigny, après avoir longtemps travaillé au Théâtre de l’Atelier à Paris. Il a réalisé le son du spectacle Je te pardonne (Harvey Weinstein).

CLÉMENT WALKER-VIRY - ARRANGEMENTS MUSICAUX
Pianiste, arrangeur, compositeur, il accompagne le spectacle Moi aussi je suis Barbara mis en scène par Jean-Charles Mouveaux, au piano, et signe tous les arrangements des mises en scène de Pierre Notte : Jubiler de Denis Lachaud ; L’Effort d’être spectateur ; L’Homme qui dormait sous mon lit ; L’Histoire d’une femme… Il joue et arrange la partition musicale de Je te pardonne (Harvey Weinstein).

ALAIN BLANCHOT - COSTUMES
Après avoir travaillé dans le cinéma et la publicité, puis pour des chanteuses Brigitte Fontaine, Sapho, Anna Karina ou Ingrid Caven, il a investi l’Opéra-Comique, où il a créé les costumes des mises en scène de Benjamin Lazar, Louise Moaty, les Arts Florissants ou encore Robert Carsen. Il a signé les costumes de La Mauvaise petite fille blonde et de Je te pardonne (Harvey Weinstein) de Pierre Notte.

VÉRONIQUE DESHAIRES - ADMINISTRATION
Directrice adjointe du Théâtre de l’Atelier à Paris pendant près de vingt ans, elle travaille aujourd’hui avec les compagnies, entre autres, de Pierre Notte et Jacques Osinski.

LA COMPAGNIE LES GENS QUI TOMBENT 

Auteur, compositeur, comédien, metteur en scène, Pierre Notte fonde sa première compagnie  en 1991, il a 20 ans. Il monte La Ronde de Schnitzler, puis ses propres textes, La  maman de Victor ; L’ennui d’Alice devant les arbres. Il devient animateur dans un centre  de loisirs, journaliste, écrivain, pédagogue, intervient dans les collèges et les lycées, puis  fonde sa compagnie Les Gens qui tombent en 2013. Il met en scène ses textes, Sortir de  sa mère (avec le soutien de la Drac île de France), La Chair des tristes culs ; C’est Noël tant  pis ou Sur les cendres en avant. Le propos est toujours en lien avec le foyer, premier  cercle social, ses guerres intestines, ses champs de ruines. Ses projets interrogent la  place de l’individu singulier, différent, au sein d’un groupe dont il veut s’échapper, tribu,  famille, ou monde professionnel. Avec sa compagnie, Pierre Notte a écrit, mis en scène et  interprété L’Effort d’être spectateur, son essai et hommage au théâtre et à son public, en  tournée depuis trois ans. Avec les comédiens de la compagnie Les gens qui tombent, il  intervient régulièrement dans les établissements scolaires, lycées ou universités, pour y  mener des stages, des rencontres ou des ateliers. Par l’écriture et le théâtre, il est toujours  question d’interroger le mal fait à l’autre, la place qu’on lui accorde, et comment y  voir plus clair, et prendre les distances qui s’imposent par la représentation.