JEUDI 26 MARS 20H
durée 1h10
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GRANDE SALLE
tarif A
DANSE
dès 16 ans

The Great He-Goat

COMPAGNIE MOSSOUX-BONTÉ

Divagation picturale et vertige chorégraphique, une métaphore de nos temps actuels sur fond historique.

Déjà accueillie avec A Taste of Poison et Histoire de l'Imposture, la compagnie Mossoux-Bonté poursuit son travail d'exploration du mouvement en lien avec la peinture et trouve une « substance fantasmagorique » chez un maître du genre : Francisco de Goya. Considéré comme l'un des plus grands précurseurs de l'art contemporain, le peintre espagnol (1746- 1828) a laissé une œuvre marquée par l'agitation et la noirceur de son époque.
Dix gardiens de musée, enfermés la nuit dans les salles, se font phagocyter par les tableaux de Goya qu'ils côtoient la journée. Affublés de doubles marionnettiques qui les démultiplient et les transfigurent, leur lien avec le réel prend des formes saugrenues. Ils psalmodient comme des sourds, entonnent des chants perdus, frappent la terre d'anciennes danses andalouses, tel un seul corps mouvant et pluriel. Face à la débâcle générale, leur dernière force reste encore la dérision.
La danse se fait tour à tour rituelle, cauchemardesque et fascinante, empruntant les codes visuels du cabaret. Hanté par les « Pinturas Negras », le spectacle dénonce avec intelligence et humour, la violence aveugle et l'intoxication des esprits qui sont de tous temps comme une malédiction de l'Histoire.

« En tout état de cause les tableaux sont superbes. Les scènes de groupe sont globalement impressionnantes. Les costumes aux riches couleurs, très habilement éclairés, ressortent de l'ombre. Les visages sont extrêmement expressifs. C'est un cours magistral de théâtralité du mouvement que donne la troupe ici assemblée… À voir, définitivement. » TouteLaCulture.com

Conception et chorégraphie Nicole Mossoux. Mise en scène Nicole Mossoux, en collaboration avec Patrick Bonté. Interprétation et collaboration artistique Juan Benítez, Dounia Depoorter, Thomas Dupal, Yvain Juillard, Frauke Mariën, Fernando Martin, Isabelle Lamouline, Shantala Pèpe, Candy Saulnier, Fatou Traore, Eva Ponties-Domeneghetty en alternance avec Marie-Lou Adam. Figures, costumes et scénographie Natacha Belova. Création vocale Jean Fürst. Création sonore Thomas Turine. Lumière Patrick Bonté. Réalisation des costumes Patty Eggerickx, avec l'aide de Lydie Fourneau, et de Myriam Simenon, Agnès Brouhon et Christelle Vanbergen de l'atelier costumes du Théâtre de Liège. Réalisation des masques Loïc Nebreda et Audrey Robin. Réalisation des prothèses Laurent Couline. Maquillages et perruques Rebecca Flores-Martinez. Réalisation du décor Mikha Wajnrych. Formation flamenco Coral Vados. Assistanat Anaïs Grandamy et Sébastien Chollet. Assistanat et régie plateau Rita Belova. Direction technique Jean-Jacques Deneumoustier. Remerciements Anna Moreno i Lasalle, Alicia Tajuelo Martin, Lou Emanueli et Cécile Maniquet.

Production : Compagnie Mossoux-Bonté. Coproductions : Charleroi Danse – Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Belgique, La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne, Le Théâtre de Rungis, La Coop asbl. et Shelterprod. Avec le soutien du Théâtre de Liège, du Théâtre de Châtillon, Taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, service de la danse et de Wallonie-Bruxelles.

© photo : Mikha Wajnrych

Site de la compagnie

Patrick Bonté

Après des études de philosophie et lettres et d'interprétation dramatique, Patrick Bonté écrit de nombreux textes pour le théâtre, la radio et le cinéma et réalise de nombreuses mises en scène à Bruxelles, Anvers et au Québec. Désirant se servir du théâtre pour aborder des thématiques liées à l'énigme de la présence, il cherche à inventer des langages évitant la narration textuelle, le réalisme et la psychologie. Avec Nicole Mossoux, qu'il rencontre en 1985, il partage le désir de «créer une image scénique porteuse de sens, qui ne prétende pas détenir une vérité mais dans laquelle règne une tension liée aux contradictions dont elle est nourrie».Il est également directeur artistique des Brigittines (Centre d'Art contemporain du Mouvement de la Ville de Bruxelles).

Nicole Mossoux

Après une formation en danse classique et des études à Mudra, l'école de Maurice Béjart, Nicole Mossoux entreprend une remise en cause de ces acquis à travers les arts plastiques, la pratique du mouvement avec des amateurs, et l'approfondissement de techniques telles que l'Eutonie et le Taï-Chi. Elle rencontre en 1985 le dramaturge et metteur en scène Patrick Bonté, avec qui elle fonde la Compagnie de Théâtre-Danse Mossoux-Bonté, au sein de laquelle l'un et l'autre conçoivent des projets en alternance. Elle y est aussi interprète, notamment dans des solos comme Juste Ciel, Gradiva, Twin Houses, Light!, Kefar Nahumet Whispers.Depuis 1999, à côté des laboratoires destinés aux professionnels de la scène, centrés sur le rapport du mouvement à la présence, à l'objet (avec Agnès Limbos), ou au costume (avec Colette Huchard), elle donne des ateliers de danse à destination des enfantsautistes et psychotiques.

Obsessions, trouble, sinuosités entre les disciplines, surprenantes anfractuosités. Les matières que manipulent, traitent, diffractent Nicole Mossoux et Patrick Bonté ont en commun de charrier une inquiétante étrangeté. Depuis 1985, le tandem de créateurs imagine des univers se jouant des frontières. Elle est danseuse et chorégraphe, il est metteur en scène et dramaturge, leurs projets, pilotés alternativement et nourris d'arts plastiques, de musique ou de silences, autant que de psychanalyse, embrassent l'inexploré, la sensibilité et l'inconscient, tout en s'adressant à notre imaginaire.

Marie Baudet / 2018

Épure et démesure cohabitent depuis toujours dans l'œuvre que construisent Nicole Mossoux et Patrick Bonté. Leur compagnie, fondée il y a plus de 30 ans, continue d'ausculter l'humain sous des points de vue inédits, en plongeant "les mains dans une épaisseur de trouble". Le trouble de la présence, de l'instant, de l'ensemble, "acteurs et spectateurs, dans une sorte de vertige d'être". (...) Juan Benítez, Dounia Depoorter, Thomas Dupal, Yvain Juillard, Frauke Mariën, Fernando Martin, Isabelle Lamouline, Shantala Pèpe, Candy Saulnier, Fatou Traore et la jeune Eva Ponties-Domeneghetty (en alternance avec Marie-Lou Adam) habitent The Great He-Goat, en constituent le corps mouvant et pluriel, creusent les sinueuses voies de cette pièce et de ses langages multiples : rythmique, visuel, sensuel, sonore, vocal, gestuel. On y retrouve la marionnette, le masque, le double, récurrents dans l'art de la Cie Mossoux-Bonté. Lévitations, dédoublements, démembrements et illusions bâtissent et peuplent les tableaux en série dans une suite organique et orgiaque, un rituel cauchemardesque et fascinant. Un cérémonial empruntant autant à l'imagerie sacrée qu'aux codes du cabaret, et dont le caractère puissamment visuel ne délaisse jamais les autres sens. C'est aux Écuries de Charleroi Danse que cette création a rencontré son premier public – enthousiaste – lors de deux représentations (ces 15 et 16 mars 2019). Espérons d'autres dates à l'avenir sur nos scènes pour cet opus magistral. Marie Baudet - La Libre

Une succession de tableaux sombres et puissants, un surréalisme où les doubles et les présences à peine discernées rôdent dans les ombres. Fascinant.
Si on s'habitue, au bout d'un moment, à distinguer les marionnettes des humains, les premières minutes du spectacle sont absolument sidérantes, quand on réalise que la grappe d'humains en complet-veston qui surgit de l'obscurité à fond de scène a décidément moins de jambes qu'elle ne devrait en avoir étant donné le nombre de têtes que l'on compte (...). En tout état de cause les tableaux sont superbes. Les scènes de groupe sont globalement impressionnantes. Les costumes aux riches couleurs, très habilement éclairés, ressortent de l'ombre. Les visages sont extrêmement expressifs. C'est un cours magistral de théâtralité du mouvement que donne la troupe ici assemblée. (...) En somme, s'il ne s'agit pas d'une œuvre de gaîté et de lumière, ce n'est pas pour autant une pièce morbide, contrairement à ce que son esthétique pourrait laisser penser de prime abord. Il y a de l'espoir, il y a des tableaux poignants, il y a des liens qui se nouent et qui réconfortent au cœur de l'obscurité. Une œuvre chargée symboliquement, très incarnée, très belle et très forte. Ceux qui viendraient y chercher de la danse pure seraient surpris, car elle porte beaucoup plus vers le mouvement théâtralisé (...). A voir, définitivement. Mathieu Dochterman - TouteLaCulture.com

(…) une divagation vertigineuse à partir des noirceurs de Goya. (...) Pour Nicole Mossoux (avec la collaboration à la mise en scène de Patrick Bonté), Goya n'est pas le point d'arrivée, mais un point de départ. Le but n'est pas de reconstituer le tableau, mais d'évoquer l'univers dans lequel naviguait le peintre, à savoir une Espagne profondément cléricale et aristocrate, un pays en guerre et la souffrance d'une population qui était sensible aux croyances occultes et soumise à l'Inquisition. Sur ce fond historique The Great He-Goat dessine pourtant une métaphore de nos temps actuels, où la manipulation des esprits par des voleurs d'âmes et d'esprits est de retour (…). Les images de The Great He-Goat évoquant la piété, l'inquisition, la souffrance ou la pauvreté viennent d'ailleurs, et d'abord des autres Pinturas Negras, et aussi de tout ce que Goya n'a pas mis dans cette œuvre si emblématique, et du monde actuel. Images oniriques, danses macabres et danses de bâton exprimant fureur et désespoir, gestuelle saccadée, violence de la guerre et jeu social s'inspirent notamment de l'engagement moral de Goya. Nicole Mossoux poursuit donc sur sa route, si personnelle, unique et brillamment tracée, de nouveau en compagnie d'un grand maître et dans une complicité parfaite. Thomas Hahn - Danser Canal Historique