THÉÂTRE

GRANDE SALLE

VENDREDI 16 OCTOBRE – 20H

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Tarif B
Dès 16 ans - 1h40


PHÈDRE !

FRANÇOIS GREMAUD
2B COMPANY

Un homme seul en scène et une déclaration d’amour à Phèdre qui déraille magnifiquement.

Ce n’est pas tout à fait une mise en scène de Racine. C’est mieux, ou autre chose. À force d’admiration, un conférencier passionné devient tour à tour chaque personnage de la tragédie : Phèdre, Hippolyte, Thésée.

François Gremaud joue de ce glissement avec une jubilation communicative : le théâtre s’explique, se démontre, s’emballe. Et quelque part entre la parole et les feux de la tragédie, le spectateur se retrouve happé sans l’avoir vu venir.


Mieux, ce ne serait pas tenable. – Le Monde
Aussi délirant qu’instructif. Un petit bijou. – Franceinfo
Intelligent, drôle, un spectacle qui s’adresse à tous, avec une folle générosité. – France Culure

Conception et mise en scène : François Gremaud – Texte : François Gremaud d’après Jean Racine – Assistanat à la mise en scène : Mathias Brossard – Lumières : Stéphane Gattoni – Avec : Romain Daroles.

© Photo : Loan Nguyen

Distribution suite Assistanat en tournée : Arnaud Huguenin / Floriane Mésenge/ Diane Albasini. Production : 2b company – Production déléguée : Théâtre Vidy-Lausanne – Avec le soutien de : Ville de Lausanne, Canton de Vaud, Loterie Romande, Pour-cent culturel Migros, Hirzel Stiftung, CORODIS, une fondation privée genevoise, Pro Helvetia Fondation suisse pour la Culture – Avec les équipes de production, technique, communication et administration du Théâtre Vidy-Lausanne.

Site de la compagnie

Comment transmettre sa passion pour un texte ? François Gremaud met en scène la comédie Phèdre !, un monologue joyeux d’après la tragédie Phèdre de Racine.

L’auteur classique français écrit la passion ardente de Phèdre, reine d’Athènes, épouse de Thésée, pour son beau-fils Hippolyte. Son tort, sa faute, est d’avouer cet amour brûlant, alors que Thésée est absent et bientôt soupçonné mort : toute la tragédie repose non sur des actes, mais sur des paroles prononcées – des paroles qui disent la passion et qui vont mener à la mort l’aimé et l’aimante. Phèdre, considérée comme la tragédie la plus aboutie de Racine, est ainsi le drame de la passion et des mots.

François Gremaud ne met pas en scène Racine à la lettre, mais la passion pour les mots de Racine : la passion de Phèdre devient celle du théâtre lui-même. Avec pour décor une simple table, seul en scène, Romain Daroles est une façon de conférencier qui présente, livre en main, devant une salle de classe ou un auditoire de théâtre, le texte de Racine. Il raconte les merveilles de l’alexandrin, les divines généalogies mythologiques des principaux personnages – Phèdre est la petite-fille d’Hélios, le dieu du soleil – ou les malices des seconds rôles… Peu à peu, alors qu’il entreprend de raconter l’histoire acte par acte, il est emporté par sa passion pour le texte de Racine et bientôt se prend à jouer les personnages et à réciter les alexandrins, avec son livre comme seul accessoire pour mimer la couronne de Phèdre, la barbe de Théramène ou l’armure de Thésée, tout entier habité de la joie complice de partager les réussites et trouvailles du texte racinien. Comme Phèdre, le conférencier est emporté par son émotion fervente, et ses mots disent l’irrépressible passionnel.

À la fin de sa façon de conférence, Romain Daroles offre à chaque spectateur·rice le livre du spectacle : le texte de Phèdre !, contenant mot pour mot ce qu’il a prononcé. Sa passion, aussi fougueuse fut-elle, était littéraire et théâtrale, écrite et maîtrisée. Pièce sur une pièce, Phèdre ! raconte comment le théâtre naît du plaisir de croire ensemble à une fiction et qu’il rencontre le réel de façon toujours inattendue.

ERIC VAUTRIN
DRAMATURGE DU THÉÂTRE VIDY-LAUSANNE

Phèdre !

Mes intentions sont toutes entières contenues dans ce titre.
Bien sûr, on le devine, il sera question de Phèdre, la plus fameuse et plus jouée des tragédies de Racine.
Pourtant, bien que son principal sujet, elle ne sera pas le véritable sujet de ce spectacle.

Ce dernier se cache sous le point d’exclamation, ce signe de ponctuation qui, au temps de Racine, était appelé point d’admiration (du latin admirari, composé de ad – et de mirari, « admirer », « s’étonner »).

En effet, le véritable sujet de Phèdre ! est l’admiration que son unique protagoniste – Romain, façon d’orateur – voue à la tragédie de Racine.

Un admirateur, par définition, considère avec un étonnement mêlé de plaisir quelque chose qui lui paraît beau, qui lui paraît merveilleux.

Mon ambition est de mettre en partage avec les spectateurs·rices cet étonnement mêlé de plaisir en abordant simultanément, par le biais d’un conférencier débordant d’enthousiasme, différentes facettes de la pièce : la langue unique et merveilleuse de Racine, la force des passions qu’il dépeint mieux que personne, les origines mythologiques des protagonistes (Phèdre, « fille de Minos et de Pasiphaé », petite-fille du Soleil, demi-soeur du Minotaure), le contexte historique de l’écriture de la pièce (théâtre classique français du XVIIe)

De fait, j’entends pas moins que partager – outre mon admiration pour Phèdre en particulier – mon amour pour le théâtre en général, cet art vivant qui ne cesse de célébrer la joie profonde d’être au monde.

Une théorie voudrait que l’origine du point d’exclamation vienne de l’exclamation de joie, io en latin, qui aurait été abrégée d’un i au-dessus d’un o.

Ainsi, comme dans tous mes spectacles – et bien que la pièce de Racine soit une tragédie – il sera dans Phèdre ! question de joie, cette « force majeure » dont « le privilège est de savoir triompher de la pire des peines » comme le résume formidablement le philosophe Clément Rosset.

FRANÇOIS GREMAUD
FÉVRIER 2017

L’ÉTONNEMENT JOYEUX

Comment présenter la 2b company ?
La 2b company (1) propose des créations avec des formats divers qui présentent plusieurs points communs : le premier serait qu’elles ont toutes un rapport avec l’idiotie dans le sens étymologique du terme – c’est-à-dire singulier, particulier – mais qui n’est pas la bêtise. Plutôt l’idiotie comme quelque chose de dérisoire et si possible amusant. L’autre aspect serait qu’elles ont à voir avec la joie dans son acception philosophique, nietzschéenne, où l’on célèbre d’une certaine façon la vie, le fait d’être vivant tout en n’étant pas dupe du tragique de la vie. Il ne s’agit pas d’amuser seulement pour faire rire mais plutôt de célébrer la vie et avoir un certain étonnement sur les choses. Un étonnement joyeux.

Cette joie, cette façon de célébrer la vie sans oublier la part tragique qui gronde sous la légèreté est en effet assez caractéristique des créations de la 2b company. Et l’idiotie des spectacles n’ignore rien du savant et de l’intelligence.
Non, loin de là ! Au contraire, je pense que c’est une façon de ne pas mettre en avant une posture, un positionnement qui pourrait éloigner le spectateur. L’idée est de présenter des spectacles qui semblent faciles d’accès, où le spectateur peut se dire « je suis plus intelligent que ce spectacle » et en l’appréhendant ainsi, il peut découvrir d’autres choses. Une manière détournée de cacher cette dimension savante du spectacle qui n’empêche pas une dramaturgie, une trame réfléchie, des connaissances mobilisées.

Dans le spectacle Conférence de choses par exemple – et c’est aussi le propos de Phèdre ! – nous mettons en partage l’étonnement face à la vie et au savoir. On dit parfois que l’étonnement est à la base de la philosophie. Dans Conférence de choses, ce n’est pas un philosophe qui parle, mais un proto-philosophe, quelqu’un avant le philosophe qui fait découvrir l’étonnement. Et après, pourquoi pas, à nous spectateurs de penser. Notre rôle est de déclencher la pensée.

De la même façon pour Phèdre !, qui est à la base un projet écrit pour être joué dans les écoles, il s’agit de mettre en partage l’étonnement de Phèdre. Ce projet résulte de mon envie de donner à voir quelqu’un qui serait totalement passionné, traversé par ce texte. Pour plusieurs raisons, et notamment parce que je suis passionné par Phèdre depuis toujours – Phèdre a été mon premier rapport avec les textes classiques. D’abord à l’école, puis durant des cours amateurs que je prenais le soir. Je vivais alors un amour passionnel d’adolescent et j’entendais ces mots qui résonnaient totalement avec ce que je ressentais. L’interprète, Romain, nourrit la même passion pour ce texte. Nous désirons partager la passion que l’on peut ressentir pour quelque chose, en espérant que par effet de ricochet cela se transmette.

Une sorte de monologue d’un homme qui parlerait de sa passion et de sa rencontre avec ce texte ?
Oui. Sous forme de cours dans les classes, de conférence dans les théâtres. Un spécialiste vient parler de Phèdre. Il y a beaucoup de sujets à aborder autour de ce texte : la période durant laquelle il a été écrit, le texte classique, le style de l’alexandrin, qui est Phèdre, fille de Minos et de Pasiphaé... Qu’est-ce que cela veut dire ? Et ainsi de suite.

Et il y a la pièce à raconter. Or un comédien habile comme Romain peut rejouer ou évoquer des personnages devant des spectateurs qui ne sont pas dupes du fait qu’il est en train de les rejouer. Le pari ? Faire un spectacle réjouissant. Mais en même temps, que l’on puisse entendre vraiment une passion pour Phèdre et si possible, à un moment, être touché par cette passion.

L’INVENTION D’UNE LANGUE

Phèdre de Racine, c’est à la fois le drame de la passion, mais aussi l’invention d’une langue. Ce sont deux chemins qui avancent ensemble...
Oui. Et c’est la conjonction des deux qui, je pense, fait de cette pièce un chef-d’oeuvre. Pour moi, il n’y a aucune autre oeuvre francophone qui rassemble à ce point, de manière si juste, ces deux éléments. Une oeuvre où la langue, ne serait-ce que l’agencement des mots, des sons, la respiration même de la langue, provoque de l’émotion.

J’ai le souvenir du travail de l’alexandrin en Belgique, à l’INSAS2, où nous devions nous saisir de la langue grâce à des exercices de respiration. Nous nous rendions compte que si les alexandrins étaient bien dits, avec un ancrage dans le sol, nous avions quasiment tous les larmes qui nous montaient aux yeux. Une espèce de miracle qu’on ne retrouve pas chez Molière, ni Corneille, cette fameuse imbrication entre le sens et la forme.

L’invention d’une langue : on pourrait trouver la démarche de Racine très contemporaine, cette langue qui fait naître, souligne et accompagne le sens. On n’arrête pas de croire que le théâtre contemporain ne se préoccupe que de la forme, ce que je pense totalement faux. Au contraire, le théâtre contemporain, c’est trouver une forme en adéquation avec le sens. Et avec Racine, on est pile à cet endroit. Pour moi une langue intemporelle qui n’est pas du tout datée. C’est une invention absolue qui a son propre fonctionnement. Un monde en soi.

(1) La 2b company a été fondée par François Gremaud et Michaël Monney comme une structure de production pour le collectif GREMAUD/ GURTNER/BOVAY ainsi que les créations de François Gremaud comme auteur et metteur en scène.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ERIC VAUTRIN ET FANNY GUICHARD EN JANVIER 2017 AU THÉÂTRE VIDY-LAUSANNE

« À l’issue de Phèdre!, nous avons ri et surtout nous avons appris. Notamment ceci : le théâtre est une matière vivante, formidablement vivante. » Thierry Sartoretti, rts.culture, décembre 2017

« En parallèle à ces calembours téléphonés et assumés et aux chansons populaires détournées, François Gremaud et Romain Daroles placent le niveau très haut. D’une part, avant d’entrer dans le vif des cinq actes qui seront résumés au pas cadencé, les deux auteurs dressent le portrait mythologique de chaque protagoniste, remontant le fil compliqué des amours clandestines avec les divinités. Mais aussi, ils n’hésitent pas à expliquer des termes sophistiqués comme « catharsis », « hémistiche » ou la règle des trois unités. Grâce à la maestria du conteur, le public reste captivé » Marie-Pierre Genecand, Le Temps, 8 juin 2018

« Romain Daroles, le conférencier-acteur est visiblement pétri d’admiration (!) pour ce monument phare du Théâtre Classique dont il va proposer un remake contemporain avec un enthousiasme débonnaire – et une drôlerie faussement potache – devant un public composite quelque peu éberlué par tant d’ « innocence » feinte recouvrant une connaissance académique des alexandrins et des enjeux historiques et culturels respectés à la lettre. Une heure et demie durant, montre en main, pour resituer le contexte géopolitique de l’époque, brosser la généalogie foutraque des dieux (…) et développer le processus dramatique de la « comédie » – c’en est devenue une sans pour autant renier les enjeux de la tragédie originelle – en cinq actes conçue magistralement et mise en scène sobrement par François Gremaud. Un travail d’orfèvre à couper le souffle. » Yves Kafka, Lebruitduoff, 24 janvier 2019

« Avec brio, [Romain Daroles] incarne tous les personnages tout en maniant les jeux de mots et en s'aventurant dans des digressions désopilantes. Même Dalida , Barbara et Michel fugain sont convoqués. Les vers de Racine claquent et la langue magnifique et tragique se met à flirter avec le comique. Phèdre devient Phèdre!. Une pièce sur une pièce. Le passage de la tragédie de Racine à la joyeuse Phèdre! se fait avec plaisir. Exclamation! » Alain Geffray, Haut Parleur, 7 octobre 2021

«PHÈDRE» DE JEAN RACINE, LA TRAGÉDIE DES PASSIONS

Phèdre (1677) est certainement la tragédie la plus célèbre de Jean Racine (1639-1699). Après elle, Racine abandonna le théâtre pour devenir historiographe du roi. Depuis cette date, presque toutes les grandes comédiennes françaises ont joué Phèdre et ont dû, à proprement parler, interpréter ce rôle brûlant.
En reprenant un thème antique largement exploré par le théâtre et la littérature du XVIIe siècle, Racine semble faire le point sur ce qu'il entend par la passion : un état terrible, construit par le destin et auquel on ne peut résister.

Racine réutilise le procédé de Mithridate (1673) – le retour du roi qu'on croyait mort – comme axe essentiel du texte. C'est le moyen d'un renversement de situation qui intervient juste au milieu de la pièce. De part et d'autre de cet axe, Phèdre souffre. Dans la première partie, alors qu'elle croit son époux Thésée disparu, sa douleur vient de son amour incestueux pour son beau-fils Hippolyte, et de l'aveu qu'elle en fait à OEnone, sa nourrice et confidente : « J'ai conçu pour mon crime une juste teneur ;/ J'ai pris la vie en haine et ma flamme en horreur » (I, 3). Dans la deuxième partie, quand Thésée revient et qu'il fait de son amour un crime encore plus grand, son mal vient de sa jalousie et de la faute terrible qu'elle fait en laissant OEnone (excessivement attachée à sa maîtresse, objet d'horreur, être « bas » qui ne respecte ni les lois ni les valeurs) accuser indûment Hippolyte d'avoir violé sa maîtresse. La fausseté du langage, thème récurrent de l’oeuvre de Racine, porte ses fruits : l'accusation truquée réussit et plonge les protagonistes dans un monde trouble, moins troublant pourtant que le langage vrai de l'héroïne, qui lui échappe en bouffées incontrôlables. Face aux fureurs amoureuses de Phèdre, Hippolyte et Aricie – la jeune princesse qu'il aime – n'opposent qu'un discours galant que la reine reprend, en réalisant les métaphores à la lettre : Phèdre est celle qui sent vraiment son corps « et transir et brûler », celle qui perd réellement l'esprit. Thésée, lui, se laisse prendre au piège des mots, maudit son fils, commande aux dieux de le punir : Hippolyte succombe au monstre marin envoyé par Neptune. Devant Phèdre qui se punit elle-même en s'empoisonnant, le roi ne peut que regretter et vouloir racheter son geste, en protégeant Aricie.

La rigueur structurale de la tragédie renvoie à celle du destin : « Le mal vient de plus loin. » Phèdre est victime de forces qui la dépassent ; elle est la démesure et la fatalité. Fille de Minos (descendant de Jupiter) et de Pasiphaé (descendante du Soleil), elle souffre sans répit de son désir et de la conscience que ce désir est une faute. Dès le début de la pièce, elle se meurt, coupable et victime à la fois.
Les dieux ne sont plus seulement un beau décor, des noms qui sonnent bien, ou même les références symboliques des passions et des désirs, mais des entités terribles, les puissances du désordre, ou d'un ordre ignoré, fondant de fausses valeurs sur lesquelles les hommes se brisent. La douleur des personnages renvoie donc à l'inquiétude morale et religieuse des hommes devant l'ignorance qu'ils ont des décrets divins. Vision janséniste ? Peut-être. Vision tragique, assurément.

ADAPTÉ DE LA NOTICE DE CHRISTIAN BIET POUR L’ENCYCLOPÉDIE UNIVERSALIS.

FRANÇOIS GREMAUD
Conception, mise en scène

Qu’il signe ses créations seul, accompagné par Pierre Mifsud, Victor Lenoble, ou encore à six mains avec le collectif GREMAUD/GURTNER/ BOVAY, François Gremaud imprime, au sein de l’helvétique 2b company (co-fondée en 2015 avec Michaël Monney), sa marque de fabrique. Un univers singulier et poétique, un humour tendre et décalé. (Co-)auteur, (co-)comédien, (co-)metteur en scène, il se range volontiers du côté des idiots, au sens philosophique du terme : ceux qui, de leur regard amusé, révèlent nos travers. S’il manie le rire, c’est pour mieux cerner son principal sujet - l’humain - et sa prodigieuse capacité à faire, malgré le tragique de sa condition. Chez lui, la joie est plus qu’une nature. C’est sa signature, artistique et politique. En témoignent, au sein d’un répertoire considéré par la critique comme l’un des plus innovants de Suisse romande, les spectacles KKQQ, Re, Conférence de choses (dont la version intégrale dure huit heures) ou encore la trilogie qu’il a consacrée à 3 grandes figures féminines des arts vivants classiques en même temps qu’à 3 interprètes d’exception : Phèdre ! avec Romain Daroles, Giselle… avec Samantha van Wissen et Carmen. avec Rosemary Standley. Ces trois spectacles ont été montrés à Vidy, respectivement en 2018, 2022 et 2023. La trilogie y est jouée en intégrale en juin 2023.

ROMAIN DAROLES
Interprétation

Suite à des études littéraires, Romain Daroles crée son premier spectacle et seul en scène Vita Nova au festival du far° à Nyon (Suisse) en 2018, après l’obtention de son bachelor de comédien à la Manufacture. Spectacle élaboré avec la complicité de Mathias Brossard et François-Xavier Rouyer, autour de leur compagnie La Filiale Fantôme. Il crée aussi à leur côté des spectacles aussi variés qu’un Platonov monté acte après acte année après année dans une forêt des Cévennes (France) ou La Possession, fiction entre cinéma d’horreur et théâtre où un motard marginal vient redonner foi en la vie à une femme au bord du suicide. Littérature et musique restent au centre de son travail actuel : Vita Nova peint les solitudes du savoir et des couloirs de bibliothèques et Moi-même je me suis déçu est une performance de neuf heures à l’oreillette d’après les Entretiens de Paul Léautaud rêvée aux côtés de Robert Cantarella. Hommage littéraire aussi depuis 2017 avec le spectacle Phèdre ! mis en scène par François Gremaud, où une façon de conférencier transmet sa passion pour le Phèdre de Jean Racine. Romain Daroles a aussi joué dans des spectacles notamment de Guillaume Béguin, Marie Fourquet et Alain Borek. Il collaborera avec le collectif CLAR pour Pile ou Face présenté au Reflet à Vevey et à la Comédie de Genève en avril 2024, d’après l’oeuvre éponyme de Catherine Colomb. Aussi passionné d’opéra, il proposera le spectacle Ars Nova, fiction dystopique à partir d’enregistrements lyriques, en mars 2024 au théâtre Saint-Gervais de Genève et au Sport à Sion. Par ailleurs, il chronique régulièrement pour le journal en ligne Bachtrack de nombreuses représentations d’opéras dans toute l’Europe. 

crédit photo : Christian Lutz et Timothée Zurbuchen