DANSE THÉÂTRE

GRANDE SALLE

VENDREDI 20 NOVEMBRE – 20H

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Tarif B
Dès 10 ans - 1h10

DERRIÈRE

LE VIDE (VOLET 2)

PJPP
CLAIRE LAUREAU – NICOLAS CHAIGNEAU

Qu’est-ce qui se passe quand un spectacle rate ? Quelque chose de poétique, d’absurde et d’étonnamment drôle.

Nicolas veut danser un solo puissant. Claire doit lancer la musique. Mais rien ne se passe comme prévu et c’est exactement le sujet. Dans ce deuxième volet du diptyque Le Vide, les corps parlent à la place des voix, le ratage devient matière, et l’absurde des situations les plus ordinaires révèle avec humour et minutie sa part de poétique et de sensible. Un spectacle qui bricole, qui tâtonne, qui rate et qui touche juste.


Aussi étonnant que réjouissant. — Sceneweb
Une formidable ode à l’imagination. — La Provence
Un bijou de spectacle merveilleusement écrit. — Le Figaro

Conception et interprétation : Nicolas Chaigneau et Claire Laureau – Regard extérieur : Aurore Di Bianco – Créatrice lumière : Valérie Sigward – Régisseur son : Rafaël Georges – Musiques : J.-S. Bach, G. Fauré, Kompromat, M. Farmer, G. Gershwin.

© Photo : Loïc Seron, Julien Athonady

Production : pjpp – Administration, production et diffusion : Laëtitia Passard – Coproductions : Le Trident, SN de Cherbourg-en-Cotentin ; Le Phare, CCN du Havre Normandie (direction Emmanuelle Vo-Dinh) ; CHORÈGE, CDCN de Falaise ; Le Tangram, SN d’Évreux-Louviers ; le Rive-Gauche, scène conventionnée de Saint-Étienne-du-Rouvray ; L’ARC, SN Le Creusot – Résidences : L’Étable, Beaumontel ; Le Triangle, Cité de la Danse, Rennes ; AKTÉ, Le Havre ; Le Phare, CCN du Havre Normandie (dir. Fouad Boussouf) ; Le Wine & Beer, La BaZooKa, Le Havre ; Théâtre de l’A rsenal, scène conventionnée de Val-de-Reuil – Soutiens : Le Département de Seine-Maritime et l’Odia Normandie. pjpp est conventionné pour l’ensemble de ses activités par le Ministère de la Culture (Drac Normandie), La Région Normandie et La Ville du Havre .

Site de la compagnie

Derrière commence par une scène de répétition. La situation est simple : Nicolas souhaite présenter un solo de danse « puissant », et demande à Claire de lui lancer la musique. Rien ne se déroule comme prévu : Claire maîtrise mal les touches de l’ordinateur, ne saisit pas bien quel est le top pour lancer la musique, et au fond, n’est pas très intéressée par le solo qui se prépare. Tout prend du temps, Nicolas essaye de s’expliquer. Chaque tentative pour danser le solo échoue, et son exaspération ne fait qu’augmenter.

Pour cette scène d’une dizaine de minutes, aucun son ne sort de notre bouche, tout s'entend. Nos dialogues sont enregistrés, et leur diffusion nous permet de faire entendre tous les sons qu'une voix peut produire (paroles, soupirs, cris, grommellements...), permettant d’appuyer l’absurde de cette situation d’une grande pauvreté, où les personnages au plateau n’ouvrent pas la bouche.

Ce principe de playback corporel est tenu tout au long du spectacle. Être privés de nos voix nous obligent ainsi à faire parler nos corps, et invitent les spectateurs à les lire avec plus d’acuité. Nos voix enregistrées deviennent une musique dans laquelle nous voyageons, essayant toujours d’être au plus près, au plus juste, cherchant même à faire oublier au public que nous ne parlons pas.

Mais au-delà de l’enjeu d’interprétation, ce principe de voix enregistrées génère un paradoxe étrange entre une interactivité constante avec le public, et l’irrémédiable fixité de cette bande-son.

De cette première scène, nous avons cherché à développer l'écriture d'un spectacle qui ne fait qu’échouer. L'enjeu est de mettre en scène avec tendresse et dérision deux artistes peu convaincants qui font leur maximum pour que la magie opère, mais rien ne se passe comme prévu, et le spectacle devient une succession de tentatives ratées et d’accidents. De ce début très autocentré suivront donc un bord plateau afin d’échanger sur cette première scène, une rencontre avec un spectateur invité à choisir son interprète préféré.e, une scène dansée interrompue par un excès de flatulences, le marquage d’une scène de meurtre, un numéro de clown, une scène de meurtre, un enchainement de problèmes techniques, un accident dans le théâtre, une attaque de clown, un carnage, une danse participative, un épilogue apocalyptique.

L’enjeu de Derrière se situe donc essentiellement dans la relation entre ce qui se joue sur scène et le public, plutôt que dans son contenu. Ainsi, nous questionnons en permanence la place du spectateur.

Nous passons régulièrement du jeu (séquence dansée, numéro de clown, scène de meurtre…) à un état qui s’apparenterait plutôt à une sorte de méta-théâtre. Nous échangeons avec le public et partageons avec lui certaines réflexions, mais lorsque nous nous adressons à lui, nous imaginons ses réponses ou ses réactions, et tentons de les traduire physiquement, à travers notamment nos visages et expressions. Quand nous invitons un spectateur à nous rejoindre sur scène, nous l’imaginons à nouveau, et à travers nos regards, nous le/la faisons se lever, venir au plateau, et imaginons ses réponses à nos questions. Quand nous invitons tout le public à danser avec nous, nous imaginons une foule en délire.

Le/la spectateur-trice se retrouve ainsi pris en otage par notre partition immuable, générant de l’absurde, du rire, de la gêne, et peut-être une certaine inquiétude… Le spectacle évolue progressivement vers une humeur étrange, où l’invisible va prendre de plus en plus de place, grâce notamment à un travail minutieux de spatialisation du son.

Jouant à ne rien dire (dans tous les sens du terme), Derrière célèbre donc l’invisible, l’indicible, la capacité d’imagination du spectateur, et sa liberté d’interprétation.

Plutôt que de dire, faire entendre
Plutôt que de montrer, faire deviner
Plutôt que de revendiquer, laisser imaginer

Claire Laureau, chorégraphe et interprète
Après avoir eu la chance de participer au spectacle La Poudre des Anges de Karine Saporta à l’âge de 8 ans, Claire se forme à la danse contemporaine aux conservatoires régionaux de Caen et Lyon, puis au CNSMD de Paris. Depuis sa sortie d’école en 2002, elle travaille avec, entre autres, Dominique Brun, Virginie Mirbeau, Laura Scozzi, Fatou Traoré, Béatrice Massin, Joanne Leighton, Emmanuelle Vo-Dinh, Olivier Dubois, Sarah Crépin, Etienne Cuppens, Pauline Simon. De 2015 à 2025, elle co-dirige pjpp avec Nicolas Chaigneau. Ensemble, ils créent Les déclinaisons de la Navarre en 2016, puis Les Galets au Tilleul (…) et Les Visites Mal Guidées en 2021, et Derrière en 2024. En parallèle à son travail chorégraphique, Claire se forme à la réflexologie plantaire et au shiatsu. Elle se lance depuis quelques temps dans le dessin, en développant plusieurs projets dans ce domaine.

Nicolas Chaigneau, chorégraphe et interprète
Après des études aux Beaux-Arts de Rouen, Nicolas se forme à la danse contemporaine auprès de Peter Goss et Philippe Tréhet, puis au sein de la Compagnie COLINE, où il travaillera, entre autres, avec Odile Duboc et Hervé Robbe. Il étudie ensuite à New York avec Barbara Mahler, Janet Panetta, et au studio Cunningham. Il entame un travail chorégraphique et crée plusieurs pièces depuis 2008. Depuis 2012, il est interprète pour Alban Richard et la BaZooKa (Sarah Crépin & Étienne Cuppens). Nicolas est également porteur du projet musical NINO. En 2015, il co-fonde pjpp avec Claire Laureau. Ensemble, ils créent Les déclinaisons de la Navarre en 2016, puis Les Galets au Tilleul (…) et Les Visites Mal Guidées en 2021, et Derrière en 2024. À partir de 2026, il dirige seul la compagnie et y développe ses propres projets. Ainsi, il se lance dans la création d’un seul en scène musical intitulé Récital sans Méduses, créé en février 2026 au Volcan, scène nationale du Havre.

Aurore Di Bianco, regard extérieur / interprète
Après un cursus au CNSMD de Lyon, Aurore part à Prague en 1997 pour travailler avec Jean-Pierre Aviotte, directeur artistique du théâtre Laterna Magika. Elle revient en France en 1999 pour intégrer le Ballet de l'Opéra de Lyon sous la direction de Yorgos Loukos. Par la suite, elle deviendra interprète pour différents chorégraphes : Dominique Boivin (pour la mise en danse de l’opéra Orphée aux enfers avec Laurent Pelly), Myriam Dooge, Jean-Guillaume Weis, Maryse Delente, Thomas Duchatelet, Serge Campardon, Marie-Claude Pietragalla et Benoît Bar. Plus récemment, elle collabore avec Frédéric Cellé, Olivier Dubois, Emanuel Gat, Edmond Russo & Shlomi Tuizer, Gilles Baron, Sarah Crépin et Etienne Cuppens. Diplômée d’état, elle est sollicitée comme intervenante artistique dans différentes structures.

Marie Rual, regard extérieur / interpète
Diplômée du CNSM de Paris en 2003, elle fut interprète pour Yvann Alexandre, Esther Aumatell, Étant Donné (Frédérique Unger & Jérôme Ferron), NGC25 (Hervé Maigret), Emanuel Gat, compagnie ECO (Emilio Calcagno), DCA (Philippe Decouflé) et au Ballet du Nord d’Olivier Dubois. Depuis 2013, elle danse pour la Cie Adéquate (Lucie Augeai & David Gernez. En 2014, elle intègre Le Pôle (Léonard Rainis & Katell Hartereau) et participe aux différentes performances in situ et aux projets plateau. Depuis 2015, elle reprend plusieurs rôles dans les spectacles de La Bazooka (Sarah Crépin & Étienne Cuppens) et participe aux créations de Pillowgraphies et Solo OO. En 2018, elle chorégraphie le solo TOTEM Liri et crée la Cie Codario. Elle rejoint en 2019 le CCN de Nantes, dirigé par Ambra Senatore, pour une reprise de rôle dans Pièces, puis pour la création de In Comune. Elle rejoint pjpp en 2020 en tant qu’interprète pour Les Galets au Tilleul (...) et participe à Derrière et Récital sans Méduses en tant que regard extérieur.

Valérie Sigward, créatrice lumière
Éclairagiste pour la danse et le théâtre, Valérie Sigward collabore avec Rodolphe Dana et le Collectif les Possédés depuis la création d’Oncle Vania en 2004. Elle est membre du Collectif Artistique du Théâtre de Lorient depuis 2016. De 2000 à 2016, elle travaille également avec le chorégraphe Alban Richard (CCN de Caen en Normandie). Elle est par ailleurs auteure de sept romans publiés aux Editions Juilliard et de trois textes pour la jeunesse publiés chez Syros, Nathan et lauréate 2007 de la Villa Kujoyama à Kyoto. Sous le pseudonyme d’Elena Janvier (avec Nadia Porcar et Véronique Brindeau), elle écrit Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa 2011) et Ce que tout le monde sait et que je ne sais pas (Arléa 2013). En 2018, elle fonde avec quatre associées, La Ronde de Nuit, maison d’édition dont la direction est collégiale. Les premières publications voient le jour à l’automne 2020.

Laëtitia Passard, administration, production et diffusion
Professionnelle engagée dans le spectacle vivant et ses relations aux publics, Laëtitia débute sa carrière en tant qu'artiste chorégraphique au sein du CCN de Caen puis auprès de plusieurs compagnies, dont l’Ensemble l’Abrupt, direction Alban Richard. Après une Licence Professionnelle Conception et mise en oeuvre de projets culturels à l'Université de Rouen, elle poursuit son parcours avec des missions de production, de diffusion auprès de La Bazooka, puis pilote les projets d’actions culturelles au sein de CCN du Havre sous la direction d’Emmanuelle Vo-Dinh. En novembre 2022, elle rejoint pjpp à l’administration et production, et plus largement dans l’accompagnement du projet artistique de la compagnie.

pjpp
Claire Laureau et Nicolas Chaigneau se rencontrent en 2013 en tant qu’interprètes pour le spectacle MADISON de la BaZooKa, compagnie de danse havraise. L’humour les rapproche très rapidement et leur donne envie de se retrouver en studio, afin de mettre en forme leur complicité. Quelques semaines de recherche font naître le désir d’élaborer de manière exigeante des formes théâtrales et chorégraphiques décalées. Ils fondent leur compagnie pjpp au Havre en 2015, et créent leur premier spectacle Les déclinaisons de la Navarre, en tournée depuis janvier 2016.

À partir de 2018, ils entament de nouvelles recherches, et se lancent en 2020 dans la création du dyptique Le Vide . Le premier volet, Les Galets au Tilleul (…), pièce pour 4 interprètes autour de la vacuité, est créé en juin 2021. Les Visites Mal Guidées , performance créée en extension des Galets (…) apparaît en juillet de la même année. Le second volet du Vide , initialement intitulé Dernière , est créé en novembre 2022, puis recréé et renommé Derrière en décembre 2024.

À partir de 2026, Nicolas prend seul la direction de la compagnie. Il continue à porter les projets créés en commun avec Claire, et développe son propre travail. Ainsi, le spectacle Récital sans Méduses , seul en scène musical, est créé en février 2026 au Volcan, scène nationale du Havre.

« Le duo met en scène une suite de ratages, de ridicules bricolages et ne cesse paradoxalement de magnifier la représentation et ses échecs par ce qu’il donne à imaginer au public. Réjouissant exercice où, à partir du rien, les spectateurs se mettent à rêver le tout, où le raté devient rare émotion esthétique, plastique, poétique. Et mène au rire comme à l’invisible… » Télérama (TTT) / Fabienne Pascaud

« Un manifeste ludique aux gloires minuscules de l’échec, Derrière s’attache à ce qui se passe en dehors du champ, à côté de l’action. Il ne s’agit plus d’expliquer, mais de laisser surgir. Ce sont des situations dépeintes au minimum, des micro-récits qui échappent à toute dramaturgie classique. Et pourtant, on est captivé. (...) Un spectacle qui rate tout avec une telle grâce qu’il finit par tout réussir. » Spectatif / Frédéric Perez

« Derrière est un spectacle sur le fil, s’absentant presque de lui-même, dont on ne sait pas très bien s’il est à force centrifuge ou centripète, et dont les deux interprètes constituent l’insaisissable et drolatique vortex. Particulièrement inspirés par le manque d’inspiration de leurs personnages, ces derniers proposent une vraie poésie de l’échec, jusqu’à son antiparoxystique et désopilant épilogue. » I/O Gazette / Mathias Daval

« Vous trouverez difficilement plus bizarre, fou, étrange, indescriptible que « Derrière ». En théorie, les coulisses de la création d’un drôle de spectacle. En pratique, un ovni clownesque, dantesque qui laisse la moitié de la salle pantoise et l’autre pliée en deux. Prenez le risque d’être surpris. Courez-y ! » Multi / Clémence Duranton

« Derrière rend sa beauté à l’échec, afin de sublimer, par une multitude de bricolages, sa tragédie toute relative. Rater mieux en essayant toujours, aurait dit Beckett ! « Jouant à ne rien dire », Claire Laureau et Nicolas Chaigneau se font clowns métaphysiques, indispensables à l’époque. » La Terrasse / Catherine Robert

« Ce qui émerveille, c’est la façon dont ils transforment ce vide apparent en une source infinie d’imaginaire et d’attente curieuse. Leur travail sonore et gestuel crée des situations à la fois gênantes, drôles et touchantes, où le public devient acteur à part entière, participatif et réactif. » L'Autre Scène / David Rofé-Sarfati

« La nouvelle création de Claire Laureau et Nicolas Chaigneau est un ovni visuel drolatique qui évoque l’histoire d’un spectacle voué à l’échec. (…) Ces deux grands artistes nous entraînent dans une suite de numéros parfaitement millimétrés. Comme cela fait du bien de se perdre dans les méandres de leur poésie. » L’OEil d'Olivier / Marie-Céline Nivière

« (...) Derrière est un spectacle drôle et sensible qui pause bel et bien la question des états dans le spectacle, aussi bien ceux des artistes sur le plateau que ceux des spectateurs qui doivent tellement projeter leurs propres connaissances pour croire à cette « Derrière fiction » et cela montre le sens de l’observation des deux artistes sur les rouages mêmes de la représentation, leur machiavélique sens de la manipulation des masses, tout ça avec le rire et le burlesque qu’ils savent faire surgir… A ne pas rater sous peine d’être triste pendant tout le Festival…» Le Bruit du Off / Emmanuel Serafini

« Derrière confirme une nouvelle fois tout son talent. Depuis Les Déclinaisons de la Navarre, pjpp aiguise une écriture très singulière, fruit d’un sens de l’observation, d’un humour ravageur, de l’autodérision. Sans oublier une gestuelle d’une grande précision nourrie de danse et de théâtre (…) Ils restent justes parce qu’ils touchent l’intime, le sensible et en extraient la part absurde.» Relikto / Maryse Bunel « Avec la délicatesse et la précision d’une plume virevoltant dans le ciel, Derrière touche à l’indicible » Un Fauteuil pour l'orchestre (fff) / Nicolas Thevenot