THÉÂTRE PERFORMANCE

LE DRAKKAR

MARDI 24 NOVEMBRE – 20 H

SÉANCE SCOLAIRE
MARDI 24 NOVEMBRE – 14H30

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Tarif B
Dès 15 ans - 1 heure


COUCOÙ

MÉMOIRE DE VEILLEUSE

KRISTEL LARGIS DIAZ
COMPAGNIE LA VAGUE RÉGULIÈRE

Cette nuit, la mémoire de Coucoù largue ses amarres et, avec elle, tout ce qu’une vie a tenu enfoui.

Elle s’appelait Carmen. Son mari l’appelait Coucoù. La France l’a appelée Marie. Dans sa chambre envahie de câbles électriques, entourée de ses lampes, une vieille femme d’origine espagnole traverse ses dernières heures. Les souvenirs vacillent, se déforment, laissent remonter un secret muselé par des décennies de silence post-franquiste.

Entre autofiction et fantaisie lumineuse, le spectacle tisse avec tendresse un fil entre perte intime et mémoire collective.


Dans le cadre du réseau PAN – Producteurs Associés de Normandie.

Texte : Humphrey G. Lebrun et Kristel Largis-Diaz – Mise en scène, conception et jeu : Kristel Largis-Diaz – Dramaturgie : Humphrey G Lebrun – Scénographie : Manon Choserot et Kristel Largis-Diaz – Création sonore : Frédéric Minière – Création lumière : Jean- Victor Tournade.

© Photo : Humphrey G. Lebrun

Distribution suite Accessoires et regard extérieur : Manon Choserot – Création lumière : Jean-Victor Tournade avec la complicité de Louise Franck – Création audio et enregistrements : Antoine Vaillant – Doublure plateau : Diane Kristanek – Assistante mise en scène tournée : Cécile Lemaître – Transport : Lorenzo Guilbaud – Avec les voix-off d’Humphrey G Lebrun, Diane Kristanek, Gilduin Tissier et Antoine Vaillant. Production : La Vague Régulière – Coproduction : Le Préau CDN de Normandie Vire ; Le Vivat, scène conventionnée d’Armentières ; Réseau des Producteurs Normands Associés (PAN) – Soutiens : Itinéraires d’artiste(s) 2025 (Coopération Nantes, Rennes, Brest, Le Mans, Rouen) ; Le Préau CDN de Normandie – Vire ; TQI : le Théâtre des Quartiers d’Ivry CDN du Val-de-Marne ; Le Labo Victor Hugo, Ville de Rouen ; La Cité théâtre, Caen ; DSN - Dieppe Scène Nationale ; Le Jardin Parallèle, Reims ; Théâtres Dullin-Dormoy / Ville de Grand-Quevilly ; la SACD – Avec l’aide à la création de la Drac Normandie, de la Région Normandie et du département du Calvados – Avec le soutien à l’innovation et aux formes hybrides dans la création artistique du département de Seine-Maritime et l’aide à la maquette de la Région Normandie.

Site de la compagnie

Je ne cherche pas à jouer la vieillesse.

Les signes apparaissent ailleurs : dans les gestes, le rythme du corps, un regard qui passe de l'égarement à la joie, de l'angoisse à la naïveté, dans une langue déracinée, sans adresse mais habitée d’une survivance poétique.

La jeunesse du corps ne nie pas la vieillesse mais vient plutôt réveiller la présence invisible de cette vieille dame.

Le théâtre est pour moi le lieu de cet invisible. On y fait apparaître des présences qui n'existent pas ou plus.

Ce qui m'intéresse, c'est le moment où le regard du public bascule, où une situation ordinaire commence à être lue autrement : Coucoù prend son petit déjeuner. La biscotte craque. Le bruit prend de plus en plus de place. Le geste ralentit. Le temps s'étire. Le regard cherche quelqu'un qui n'est pas là. L’action devient le lieu d'une solitude immense.

C'est dans ces infimes glissements que se construit l'écriture de Coucoù. Une nappe blanche devient tour à tour voile de mariée, chiffon tablier, placenta, bébé ou écume... Elle disparaît comme peau de chagrin.

Nous n'utilisons aucun projecteur. Seules les lampes domestiques sculptent l'espace et font naître un univers nocturne où les choses n’existent que dans le contraste entre l'ombre et la lumière. Elles ne se contentent pas d'éclairer les souvenirs. Elles les font advenir.

Le réel glisse dans le passé, s'y déforme, puis réapparaît dans un présent transformé. Comme la mémoire, l'écriture de Coucoù est fragmentaire. Elle en adopte le fonctionnement. Elle est faite de manques où peuvent se loger nos imaginaires.

Elle n'invite pas à résoudre une énigme, mais à éprouver ce qui résiste encore lorsque les souvenirs se dérobent.

Kristel Largis-Diaz