REX 30 SEPTEMBRE > 20 OCTOBRE
RENOIR 21 > 27 OCTOBRE
Film français d’Emmanuel Marre (2026 – 2h33)
Avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Mathieu Perotto
✪ Prix du scénario, Cannes 2026
✪ Prix de l’AFCAE, Cannes 2026
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques…
mercredi 15h30 - 20h
jeudi 14h15 - 20h30
vendredi 14h15 - 20h30
samedi 14h15 - 18h
dimanche 14h15 - 18h
mardi 14h15 - 20h30
mercredi 20h45
jeudi 14h15 - 20h30
vendredi 15h15 - 20h
samedi 14h15 - 18h - 20h45
dimanche 14h15 - 18h
mardi 14h15 - 20h30
mercredi 16h
jeudi 20h45
samedi 16h
dimanche 18h15
mardi 20h30
mercredi 20h
vendredi 14h
mardi 17h D
Pour son deuxième long-métrage, Emmanuel Marre s’est lancé un défi colossal : évoquer la sombre période du régime de Vichy (très peu portée à l’écran) en s’inspirant de la correspondance entre ses propres grands-parents. Il le relève admirablement en réalisant une épopée intime doublée d’une solide leçon d’Histoire. Outre une virtuosité dans la mise en scène et un courage certain, ce résultat nécessitait un grand sens des responsabilités, Emmanuel Marre explique : « Je savais que mon arrière-grand-père avait été partie prenante du régime de Vichy, qu’il avait écrit ce livre, un traité politique pétainiste. Dans ma famille, on n’a jamais parlé de lui comme une personne ayant participé à des choses horribles, mais plutôt comme un individu à côté de la plaque. (…) En faisant des recherches dans les archives, j’ai découvert que des personnes comme lui, il y en a eu plein... Dans ses lettres, il n’y a aucun moment où il exprime des questions de choix, à part des choix administratifs. Face à cette période de l’histoire de France, tout le monde se demande ce qu’il aurait fait. Il est important de parler de la honte de ce qui s’est fait dans l’ordinaire, par des personnes du mauvais côté. Je voulais garder ce nom-là, celui de Marre, (…) le spectateur pouvant faire le lien avec le mien. Ensuite, il devient monsieur Henri, un personnage générique de cette période. Libre à chaque spectateur de se poser la question : Et mes grands-parents, et mes arrière-grands-parents ?». L’écho de cette période lointaine résonnant singulièrement dans notre époque actuelle, il est inévitable de se demander également : Et nous, aujourd’hui ? Demain ?
LE MOT DU JURY DES CINÉMAS ART ET ESSAI
Nous avons décidé de ne pas accorder de mention spéciale, de ne remettre que le Prix [des Cinémas Art et Essai], afin de mettre en évidence notre inclination totale et unanime pour le film.
Un film qui, comme les flashs en plein visage sur les personnages, est venu nous surprendre et nous éblouir par sa grande confiance dans la mise en scène. Notre Salut est certes un film passionnément politique - qui explore de par son étude patiente et habile les « petits pas » qui mènent à la médiocrité et au mal ordinaire - mais est avant tout un film qui fabrique du politique par le langage cinématographique. Un film qui raconte des petites monstruosités par l'éclairage, par des contre-plongées, par des décadrages. Un film qui tente de chercher l'écart révélateur, la faille humaine, par le montage. Nous saluons la grande liberté de ton du film, où le rire devient une forme de pardon, nous invitant à rester vigilant, à nous regarder intimement, sans jamais moraliser. Nous reconnaissons et célébrons la grande inventivité et vitalité du film où chaque choix formel compte. Par exemple, des peaux surexposées, une caméra à l'épaule, une bande originale, qui racontent quelque chose de notre modernité.
Le dispositif technique est également remarquable, condensant ainsi une histoire du cinéma, entre analogique et numérique, fiction et documentaire, des frères Lumière à Peter Watkins. Enfin, une mention particulière doit également être accordée au casting, à la puissance comique discrète mais suprême.
En somme, un film d'auteur courageux, inventif, jubilatoire et accessible à tous. À l'heure où les fondamentaux vacillent et où les valeurs s'inversent, il nous semble éminemment pertinent et nécessaire de défendre dans nos salles, auprès de nos publics, un tel geste cinématographique et politique.
Les membres du Jury des Prix des Cinémas Art et Essai 2026 :
Corinne Honliasso, Maëlig Cozic-Sova, Jean-Marc Delacruz, Chloé Guilhem et William Robin.
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