REPRISE DE LA QUINZAINE DES RÉALISATEURS

DU 11 AU 25 SEPTEMBRE

Section parallèle du festival de Cannes créée par la Société des réalisateurs de films (SRF) après l’édition mouvementée de mai 68, « la quinzaine » est indépendante, libre et non compétitive. Depuis sa création, cette sélection a permis la diffusion des premiers films de Herzog, Fassbinder, Oshima, Scorsese, Loach, Jarmusch, Haneke, Sofia Coppola… Grâce à l’opération « Le meilleur de la Quinzaine », vous allez découvrir les dernières pépites dénichées lors de l’édition 2022 (4 films dont 3 en avant-première) et peut-être aussi les grands noms du cinéma de demain.
Tarifs habituels

Dimanche 11 septembre | 16h30
EN AVANT-PREMIÈRE

Pamfir

FILM UKRAINIEN DE DMYTRO SUKHOLYTKYY- SOBCHUK | 2022 | 1H42
AVEC OLEKSANDR YATSENTYUK, STANISLAV POTIAK

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Dans une région rurale aux confins de l’Ukraine, Pamfir retrouve femme et enfant après de longs mois d’absence. Lorsque son fils se trouve mêlé à un incendie criminel, Pamfir doit renouer avec son passé trouble pour réparer le préjudice…

Dmytro Sukholytkyy-Sobchu

Réalisateur et scénariste ukrainien, est diplômé de l’Université de Kyiv et a participé à la Berlinale Talents, et à la Locarno Film Academy. Il est est également le fondateur de la plateforme de développement ukrainienne Terrarium. En 2018, il s’est distingué avec son court métrage Weighlifter, sélectionné à l’EFA et Grand Prix du Festival Premiers plans d’Angers. Son premier long métrage a été soutenu par la Cinéfondation de Cannes, leTorinoFilmLab et Midpoint.

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Critique

Comment réussir à prendre un nouvel envol quand le mythe pèse plus que l’humain ? Retour sur Pamfir, film ukrainien présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.

Pamfir est un géant bigger than life, mais derrière ce personnage se cache Léonid, un homme plus sensible que ce qu’il en a l’air, prêt à tout pour changer le cours de l’histoire de sa famille. Nazar, le fils de Léonid, mettra le feu à la paroisse du village et Pamfir sera obligé de reprendre son activité de contrebandier. La mise en scène de Dmytro Sukholytkyy-Subchock est brodée de nuances et de couches. Pamfir est un film très riche et stimulant. Les personnages dansent en permanence avec la caméra. Le dispositif est pesant mais jamais lourd, ambitieux mais jamais grandiloquent. Les panoramiques se déplacent en forme de demi-cercle face aux personnages, c’est comme si Sukholytkyy essayait de les circonscrire pour mieux les embrasser. Les travellings qui circulent entre l’arrière et l’avant terminent de configurer une orbite autour d’eux.

L’impuissance de Pamfir n’est pas anodine. De la même manière que chez l’Alain Leroy du Feu follet de Louis Malle, le monde extérieur finit par le plonger dans la plus profonde dépression. La cruauté de l’establishment envers ceux qui rêvent d’un avenir meilleur est terrible. Olena, la femme de Léonid, lui demande de se montrer plus humble et d’accepter ce que le destin leur réserve. Pamfir répondra alors à Olena que son grand-père Pamfir avait été calomnié au sein de l’église suite aux icônes qu’il dessinait : « L’humilité ne sert pas à remplir le vide. Où était Dieu quand on avait besoin de lui ? ».

Quand le pouvoir totalitaire tente d’effacer toute forme de dissidence, il est indispensable que les voix plus lucides se réveillent pour prendre une parole qui pointe du doigt l’horreur. Pamfir est un film qui prône l’excellence dans ce sens-là. Très brillant formellement, mais aussi juste et proche de ses personnages. Sukholytkyy ne se complait jamais dans le misérabilisme, il fait en sorte d’arriver à une sorte d’espoir. L’espoir d’avoir la possibilité de tout recommencer.
SOFILM

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EXTRAITS DE PRESSE
À partir du 2 novembre..