Du 7 au 13 décembre

MERCREDI 7 DÉCEMBRE, 18H15 séance suivie d’un échange avec Bamchade Pourvali, universitaire, spécialiste du cinéma iranien.

Aucun ours

KHERS NIST
FILM IRANIEN DE JAFAR PANAHI | 2022 | 1H47
AVEC JAFAR PANAHI, MINA KAVANI, VAHID MOBASHERI
PRIX SPÉCIAL DU JURY, VENISE 2022

____________
Dans un village iranien proche de la frontière, un metteur en scène est témoin d’une histoire d’amour tandis qu’il en filme une autre. La tradition et la politique auront-elles raison des deux ?

HORAIRES

7 > 13 DÉCEMBRE
mercredi 18:15 + RENCONTRE
vendredi 20:45
samedi 16:30
mardi 18:30 D

Lettre ouverte de Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof à la Mostra de Venise

En détention depuis le 11 juillet, Jafar Panahi a adressé une lettre ouverte aux organisateurs du Festival de Venise où « Aucun Ours » était sélectionné en compétition de la 79ème édition.
Il co-signe cette déclaration avec son confrère Mohammad Rasoulof, lui aussi détenu depuis le 8 juillet.

« Nous sommes des cinéastes. Nous faisons partie du cinéma indépendant iranien. Pour nous, vivre c'est créer. Nous créons des œuvres qui ne sont pas des commandes, c'est pourquoi ceux qui sont au pouvoir nous voient comme des criminels. Le cinéma indépendant reflète son époque. Il s'inspire de la société. Et il ne peut y être indifférent. L'histoire du cinéma iranien témoigne de la présence constante et active de réalisateurs indépendants qui ont lutté pour repousser la censure et garantir la survie de cet art. Pendant que certains se voient interdire de tourner des films, d'autres sont contraints à l'exil ou réduits à l'isolement. Et pourtant, l'espoir de créer à nouveau est notre raison d'être. Peu importe où, quand et dans quelles circonstances, un cinéaste indépendant crée ou pense à la création. Nous sommes des cinéastes indépendants ».

Dans une tribune intitulée « Libérez Jafar ! », publiée le 9 septembre, le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, s'inquiète de son sort et craint une dure punition : « Le régime s'est toujours opposé à lui de manière agressive et nous avons tous peur de ce qui va lui arriver », écrit-il. Une manifestation de soutien s'est tenue sur le tapis rouge, juste avant la projection officielle du film salué par une salve d'applaudissements autant destinée à l’œuvre qu’à son auteur.

Jafar Panahi et le pouvoir

Jafar Panahi a été arrêté, en 2010 pour « propagande contre le régime », après avoir soutenu le mouvement de protestation de 2009 contre la réélection de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique.
Détenu pendant deux mois en 2010, il a été condamné à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de réaliser ou d’écrire des films, de voyager ou même de s’exprimer dans les médias.
Depuis, il vivait sous un régime de liberté conditionnelle qui pouvait être révoqué à tout instant. Il continuait cependant à travailler et vivre en Iran.
Le vendredi 8 juillet 2022, le cinéaste Mohammad Rasoulof et son collègue Mostafa Al-Ahmad sont arrêtés à leur domicile à Téhéran et incarcérés pour « incitation à la haine » dans la prison iranienne d’Evin, sous le contrôle du VAJA, le Ministère du Renseignement de la république islamique d’Iran. La raison invoquée est le lancement quelques jours plus tôt d’un appel sur les réseaux sociaux, signé par eux, puis ensuite par soixante-dix personnalités du milieu du cinéma iranien, qui demandait aux forces de l’ordre d’arrêter de menacer les civils avec leurs armes à feu pendant qu’ils manifestaient, comme l’indique le hashtag #putyourgundown.
Le lundi 11 juillet, tenant à s’élever contre cette nouvelle violente répression à l’encontre des artistes, Jafar Panahi vient manifester devant la prison d’Evin, pour exiger leur libération. Il est aussitôt interpellé, arrêté, et enfermé à la prison d’Evin pour y purger la peine de six ans à laquelle il avait été condamné en 2010.

ARP SÉLECTION

EXTRAITS DE PRESSE
Une impressionnante rencontre entre réalité et fiction. Le Point
«Aucun ours», puissante fiction autobiographique du cinéaste iranien aujourd’hui incarcéré pour dissidence, témoigne de l’épuisement du peuple face à un régime délétère. Libération
Avant d’être emprisonné pour “propagande contre le régime”, le cinéaste iranien a tourné ce poignant film à suspense sur l’oppression des femmes et des artistes. Télérama
Le niveau d’urgence, de douleur et de frustration crie dans chaque plan du film et plus particulièrement dans un fragment saisissant où Panahi ne parvient pas à enjamber la ligne invisible pour quitter son pays. Mais, plutôt que de se complaire dans un rôle victimaire, Panahi choisit d’interroger, avec rigueur et profondeur, la responsabilité du filmeur et des images qu’il fait naître. Les Inrockuptibles
Récompensée par le Prix spécial du jury au festival de Venise, cette œuvre résonne de manière particulièrement forte aujourd’hui, alors que l’Iran est secoué par des manifestations et que Jafar Panahi y est incarcéré depuis plus de quatre mois. Le Parisien
Tout se mélange et se complète dans un fascinant puzzle, où il y a du pamphlet, de la pensée poétique et de la tragédie. L'Obs
Avec une verve et un humour toujours intact malgré la noirceur de son propos, Jafar Panahi nous parle de ses conditions de travail difficiles, de la question douloureuse de l’exil, et du soupçon généralisé dans un pays encore marqué par le poids des traditions. La Croix
Avec son incroyable vitalité et son obsession de l’image, Jafar Panahi tisse une narration magnifique, drôle, tragique et universelle Sud Ouest
Cette tension prend la forme métaphorique de la frontière, visible d’une colline, dans la splendide scène nocturne où Jafar Panahi, guidé par son assistant, s’aventure dans une zone de contrebande. Le Monde
L’enfermement de Panahi, à la fois littéral et métaphorique, nourrit cette oeuvre très métatextuelle, qui est sans doute le film le plus politique et le plus désespéré de l’auteur. Au fond, ce que combat le cinéaste ce sont les barrières que les systèmes totalitaires nous ont fait intégrer. Première