Dimanche 21 novembre, 14h30

L'INTÉGRALE JEAN VIGO

EN COPIES NUMÉRIQUES RESTAURÉES
SÉANCE SUIVIE D'UNE CONFÉRENCE DE BAMCHADE POURVALI, ÉCRIVAIN DE CINÉMA

Taris ou la natation

1931 | 0H10

Portrait ironique de Jean Taris, champion de France de natation.

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L'Atalante

1934 | 1H29
AVEC MICHEL SIMON, DITA PARLO, JEAN DASTÉ

La femme d'un marinier, fatiguée de sa vie monotone sur la péniche « l'Atalante », se laisse un jour attirer par les lumières de la ville, abandonnant son mari dans un profond désespoir…

Document ADRC
Dossier pédagogique
Dépliant distributeur
L'IMMANQUABLE
Jean Vigo

Auteur d'une œuvre courte et dense qui comprend deux courts métrages, un moyen métrage et un long métrage, Jean Vigo traverse l'Histoire du cinéma français comme un météore. Fils du journaliste anarchiste Miguel Almereyda, il grandit dans le souvenir de ce père adoré qu'il aura très peu connu. « Cinéaste né », comme dira de lui l'historien de l'art Élie Faure, il s'empare du cinéma à la fin du muet et devient un représentant de l'avant-garde dès son coup d'essai À propos de Nice (1930). Sous-titré Point de vue documenté, le court métrage se présente comme le manifeste d'un « cinéma social » : « traitant de la société et de ses rapports avec les individus et les choses ». La Promenade des Anglais, les quartiers populaires, le carnaval, les casinos sont filmés et montés avec un esprit satirique. Contrairement à d'autres réalisateurs, Vigo ne perçoit pas le passage au parlant comme un recul esthétique. Son portrait du champion de natation Jean Taris en 1931 lui offre même l'occasion de nouvelles expérimentations intégrant la voix de l'athlète au film mais aussi des plans sous l'eau dont il saura faire usage plus tard dans L'Atalante (1934). C'est avec Zéro de conduite qu'il signe sa première fiction. S'inspirant de ses souvenirs d'internat, il met en scène une œuvre de révolte dont le propos résonne encore aujourd'hui. Les 400 coups (1959) de François Truffaut ou If… (1968) de Lindsay Anderson s'inscrivent dans la continuité de ce brûlot interdit de 1933 à 1945. Son dernier film et seul long métrage, L'Atalante, est une œuvre capitale malgré les coupes du distributeur. Porté par la musique de Maurice Jaubert et la complicité de Michel Simon dans le rôle du Père Jules, Vigo filme la crise d'un couple de mariniers incarné par Dita Parlo et Jean Dasté à travers des images d'une beauté onirique. L'influence du film sur Godard, Carax ou Kusturica souligne l'héritage permanent de Jean Vigo, décédé prématurément à l'âge de 29 ans, cinéaste de la révolte mais aussi d'une poésie nouvelle et personnelle à l'écran.

- Bamchade Pourvali
Bamchade Pourvali est enseignant de cinéma à l'université Gustave Eiffel. Auteur d'une thèse de doctorat sur l'essai cinématographique, il est l'auteur de livres consacrés à Chris Marker, Jean-Luc Godard et Wong Kar-wai.

Vigo 1 Vigo 2
EXTRAITS DE PRESSE

On reste abasourdi de la puissance esthétique de l'oeuvre de Jean Vigo, dont la beauté impure et l'impertinence sont intactes plus de quatre-vingt-cinq ans après. L'Humanité
C'est le Rimbaud du cinéma français. Libertaire, lyrique et licencieux. Le Nouvel Observateur
En seulement quatre films, qui ressortent en salles actuellement, le réalisateur a célébré l'amour et la liberté. Sa façon de filmer, qui palpite comme un coeur, séduit encore aujourd'hui. Télérama
L'actualité des restaurations marque le retour sur grand écran de l'oeuvre de Jean Vigo : quatre films seulement réalisés entre 1930 et 1934, qui contiennent comme en un mouchoir de poche tout un monde d'audaces et de liberté. (...) Ce pourquoi il faut se ruer aux quatre films de Vigo qui exaltent chacun à sa façon l'étrangeté et l'urgence de vivre. Le Monde
Vigo, sans être membre d'un groupe, mais politiquement engagé, reflète l'atmosphère et l'esprit, volontairement ou non, de son époque. Sachant en tout cas, comme par instinct, saisir par l'image la beauté de l'instant où l'inconscient jaillit. Voilà pourquoi, bientôt cent ans après sa mort, Jean Vigo, malgré une oeuvre très courte (en tout 200 minutes), reste un cinéaste majeur, dont l'influence n'est pas tarie. Les Inrockuptibles
Et pourtant, depuis 90 ans, les films de Jean Vigo ne cessent de hanter les spectateurs qui ont eu la chance de les découvrir d'une façon ou d'une autre, comme les cinéastes qu'il a influencés, de Jean-Luc Godard à Leos Carax en passant par Lindsay Anderson, Bernardo Bertolucci, Emir Kusturica, et tant d'autres. France Culture