L'INMANQUABLE DU MOIS

Du 3 au 28 décembre

Madres Paralelas

FILM ESPAGNOL DE PEDRO ALMODÓVAR | 2021 | 2H00
AVEC PENÉLOPE CRUZ, MILENA SMIT, AITANA SÁNCHEZ-GIJÓN, ROSSY DE PALMA
MEILLEURE ACTRICE, VENISE 2021

Photo du réalisateur

Deux inconnues se rencontrent à l'hôpital, toutes les deux sont sur le point d'accoucher. Elles sont célibataires et sont tombées enceintes par accident. Janis, la quarantaine, n'espérait plus devenir mère, elle est folle de joie. Ana, en revanche, est une adolescente effrayée, pleine de remords. Le hasard les rapproche dans cette chambre de maternité mais un destin cruel va se charger de les unir à jamais… On retrouve tout le cinéma de Pedro Almodóvar dans ce mélodrame aux décors somptueusement vintage et à la garde-robe exubérante qui, comme souvent, détourne affectueusement les codes de la série télévisée. Avec ce vingt-deuxième long métrage, le réalisateur poursuit son exploration aussi passionnée que passionnante de la féminité mais il n'était certainement jamais allé aussi loin dans l'étude de la maternité. Si on retrouve bien le personnage de la mère flamboyante et dévastatrice (parfaitement incarnée par Aitana Sanchez-Gijon, venue du théâtre), c'est le quotidien des jeunes mamans qui intéresse cette fois le cinéaste espagnol : une superbe séquence d'accouchements parallèles, l'épanouissement mais aussi la peur d'être mère… On n'en dira pas plus sur l'intrigue du film qui ménage des rebondissements vertigineux et imbrique habilement les petites histoires individuelles avec la grande Histoire de l'Espagne. Mais on saluera, avec le réalisateur, la performance de ses comédiennes. La débutante Milena Smit qui crève l'écran en jeune mère déboussolée : « c'est son deuxième rôle au cinéma et tout ce qu'elle fait devant la caméra est empreint d'une grande vérité. Je lui prédis un grand avenir » et l'incontournable Penélope Cruz (sept films en commun, couronnée au festival de Venise) : « La diriger a été un processus minutieux pendant lequel j'avais besoin qu'elle se donne à moi comme dans un état d'hypnose. J'ai retenu le torrent de larmes, Penélope est très émotive et elle aurait pleuré du début à la fin. Elle a su remplacer ces larmes par une juste dose de culpabilité et de honte pour son personnage qui est dans un état d'alerte permanent. »

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