Spectacle annulé
DSN - Dieppe Scène Nationale est fermée au public en application des mesures gouvernementales. Nous sommes contraints d'annuler la représentation de ce spectacle.

LE MOIS DE LA COMÉDIE

Six spectacles ce mois-ci pour nous évader autrement, d'un heureux pas de côté... et des films qui ouvriront l'année 2021. Vivons nos envies !

Jeu. 21 janvier

20h | Durée 1h30
Séance scolaire
Jeu. 21 janvier 14h

Grande Salle
Tarif A

En réalités

THÉÂTRE | DÈS 12 ANS
D'après Pierre Bourdieu
Mise en scène Alice Vannier, Cie Courir à La Catastrophe

Une pièce sombre qui colle à l'actualité.
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En réalités est une adaptation de La Misère du monde, ouvrage de Pierre Bourdieu, composé d'entretiens réalisés et analysés au début des années 1990 par une équipe de sociologues. Alice Vannier a l'âge de l'ouvrage. Pour sa première mise en scène, elle tranche dans le vif pour n'en conserver qu'une dizaine de témoignages qui interrogent la misère de position. D'hier à aujourd'hui, la misère sociale, professionnelle et personnelle n'a malheureusement pas pris une ride. Chacun, quel que soit son milieu social, vit une forme de misère contemporaine qui doit être rendue visible. Les mécanismes de domination existent – en réalité – dans toutes les classes sociales. Chacun observe le monde d'où il est, accuse l'autre d'être responsable de son malheur. Aucun ne parvient à voir les combats et les rêves communs.
Portée par six comédiens qui enchaînent les situations, les prises de paroles, fument des cigarettes, enfilent et désenfilent leurs blouses de travail ou leurs pulls à cols roulés, avec une sérieuse agilité intellectuelle et physique ; cette pièce électrochoc confronte la difficulté de vivre la misère contemporaine à la difficulté d'en parler sans jamais tomber dans la caricature. L'ensemble, souvent drôle, va droit au but et nous montre ce que le monde social a fait... et défait.

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« Plus un seul Bourdieu ne semble apparaître qui saurait prendre le pouls de son époque. À la place des micros tendus aux dominés de la société, il y a le flux de télés d'infos continues et l'hystérie des réseaux sociaux. C'est dire si Alice Vannier, en portant un peu de ce texte au théâtre, met en scène un spectacle d'intérêt général. » Le Monde

Adaptation Marie Menechi et Alice Vannier. Avec Anna Bouguereau, Margaux Grilleau, Adrien Guiraud, Hector Manuel, Sacha Ribeiro, Judith Zins. Assistante mise en scène Marie Menechi. Scénographie Camille Davy. Création lumière Clément Soumy. Création son Manon Amor.
Production : Cie Courir à La Catastrophe, Antisthène. Coproductions: Théâtre 13, Théâtre des Clochards Célestes. Soutiens : Arcadi Ile de France, Fondation Polycarpe, ensatt, Opéra de Massy et sacd. Prix Théâtre 13 Jeunes metteurs en scène 2018. Prix du Jury Célest'1 2019 – Grands Formats

© photo : Patrick Berger, Luc Jacquin

Site de la compagnie

La Misère du monde, publié en 1993, est un ouvrage collectif, mené par une équipe de vingt-trois sociologues dirigée par Pierre Bourdieu, qui est le résultat de trois années d'enquête de terrain pour donner la parole à tous ceux qui subissent la misère du monde contemporain. Toutes les couches de la société cohabitent dans ce livre : des ouvriers, une commerçante, des jeunes de cité, un physicien normalien, une inspectrice de police, des intérimaires, une chômeuse, un couple de clochards, une secrétaire, un journaliste, une personne âgée, un professeur de lettre, un travailleur immigré, une militante du FN...

Parlant les uns les autres depuis leur propre prisme, ils s'accusent indirectement chacun d'être responsable des maux de l'autre, sans même savoir qu'ils sont reliés par tant de conflits, de combats et de rêves communs.

Pierre Bourdieu (1930-2002) est l'une des figures majeures de la sociologie française. Avec La Misère du monde, il veut décrire une misère sociale qui n'est pas forcément liée à la pauvreté, qu'on appelle « misère de condition », mais mettre en valeur le principe de « misère de position » dans laquelle tout individu, quel que soit son milieu, est exposé à voir ses aspirations se heurter à des contraintes et à des lois qui le dépassent.

« L'intention était de dire : dans le monde social, il y a des souffrances qui ne sont pas prises en compte et qui ont des exutoires inattendus au niveau politique. Comme dans les maladies, les mêmes symptômes manifestent des souffrances très différentes. Je crois que beaucoup de ceux qui votent ou disent vouloir voter Le Pen expriment une souffrance. Comme il y a des souffrances, parfois très semblables, qui s'expriment dans le vote écolo ou PCF… De là, la nécessité de faire accoucher les gens, de leur permettre de se délivrer. Il y a eu des entretiens très heureux. Je pense à ces familles d'immigrés et à leurs voisins français qu'a interrogés Abdelmalek Sayad. Des gens qui sont dans une espèce de guerre civile permanente, le chat, le bruit... Il n'y a rien, et en même temps ce sont des conflits qui engagent l'idée de nation, etc. C'est tragique, une sorte de conflit palestino-israélien où tout le monde a raison et tort, et ou tout le monde s'en veut à mort. Et pourtant, il y a entre eux une frontière sociale infime. Notre méthode a été de se mettre à la place de celui qui parle et d'essayer de voir le monde à partir de son point de vue. Je me suis même surpris à penser qu'à la place des deux petits loubards que je questionnais, j'aurais fait pareil, sinon pire. (…)

Pourquoi, jadis, faisait-on moins attention à ces souffrances « de position », et où se manifestent-elles le plus ?
Dans les professions et les milieux intellectuels, tout particulièrement dans les plus basses des hautes positions sociales. Le CNRS, par exemple, ou l'Université. Je ne devrais pas le dire, mais ce sont des endroits ou les gens souffrent affreusement. Là, comme dans les bureaux, ce sont les plus proches qui nous font mal. Aujourd'hui, certaines souffrances sont plus aiguës et d'autres nouvelles. Le système scolaire, par exemple, produit des blessures terribles et non reconnues parce que, comme la jalousie sociale, Inavouables. Les gens sont malheureux parce qu'ils n'ont pas obtenu de l'école ce qu'ils attendaient, ou, s'ils ont réussi leur scolarité, c'est la société qui les a déçus. Tel ce prof agrégé qui ne supporte pas que ceux qui ont fait une petite école de commerce gagnent trois fois plus que lui. »

Pierre Bourdieu, Libération, 19 mars 1998

Lorsque je suis tombée sur l'ouvrage de Pierre Bourdieu en 2012, j'ai tout de suite compris que je tenais une mine d'or entre les mains. Mais par quel bout prendre ce monstre gros de plus de mille pages ? Où l'oralité de chacun.e.s des interviewé.e.s est retranscrite dans ses moindres tics de langage, rendant les entretiens parfois quasi-illisibles ?

Après m'être acharnée à vouloir déchiffrer cet ouvrage, je me suis retrouvée face à une impasse : plus qu'un ouvrage sociologique, ce livre m'a semblé être un réel acte politique. Mais sa difficulté d'accès ne risquait-elle pas de le condamner à rester réservé à une poignée de connaisseur'.se.s ou d'intellectuel.le.s ?

J'ai tout de suite eu l'idée d'une adaptation pour le théâtre et ceci pour de multiples raisons. Evidemment celle de faciliter l'accès à tous ces textes en rendant aux mots leur oralité. D'autant plus que cette retranscription donne la chance à plusieurs langages d'exister, donc à plusieurs couches sociales, à plusieurs humanités, et plusieurs fragilités de s'exprimer. Ce n'est pas toujours le cas au théâtre, la patte de l'auteur.e prenant souvent le dessus sur la diversité des langages. Sans compter sur le fait que la richesse de toutes ces voix est une formidable aubaine pour le jeu d'acteur.

J'ai été très intéressée par les différents modes de traitement des interviews - d'abord une description du déroulement de l'entretien par l'intervieweur lui-même puis l'entretien retranscrit - offrant beaucoup de matière pour construire un spectacle et permettant de se placer sous différents points de vue.

Enfin, le partage d'un tel ouvrage m'apparait comme une nécessité, il y a urgence à redonner la parole à ses protagonistes pour la diffuser au plus grand nombre.

En 2013, j'ai tenté, avec huit comédien.ne.s issu.e.s de mon Conservatoire, de donner vie à ce projet. Nous avons passé énormément de temps à choisir, défricher et déchiffrer les entretiens. Ils duraient initialement tous plus de quarante-cinq minutes en jeu et nous avons fait le choix d'opérer des coupes pour conserver plus de témoignages, et ainsi plus de points de vue sur notre société et sur le monde.

Nous avons profité de l'opportunité d'un appartement provisoirement inoccupé dans le XIIIe arrondissement de Paris, à la fois vide de tout emménagement et en même temps chargé du passage de ceux et celles qui y ont vécu. Ce lieu a permis de créer un vrai lien entre ces personnages, qui y cohabitaient alors tous comme des fantômes oubliés qui ressurgissent pour partager leur histoire, symbole d'une tranche de la population devenue fantomatique car inconsidérée.

Malgré le titre du livre, je crois que ce projet est porteur de beaucoup de joie, d'espoir, et même d'humour, car ce qui ressort de ces témoignages c'est avant tout le courage d'avouer la difficulté de se sentir exister et donc la force de se battre pour. Et c'est en cela que ces personnes sont nos vrai.e.s héro.ine.s contemporaines et que l'on se doit d'écouter leurs combats. J'insiste sur l'humour qui existe dans la plupart des témoignages, même les plus durs, car je pense qu'i| est depuis toujours une grande force pour résister face à la peur et au découragement.

« Ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire. »

Pierre Bourdieu

Ayant intégré l'ENSATT en tant qu'actrice dans les mois qui ont suivi, le projet n'a pas eu temporairement de suite mais nous n'avons jamais cessé d'y rêver, au quotidien et aussi aux travers d'autres projets auxquels nous avons chacun.e.s participé. C'est pourquoi, aujourd'hui, aussi suite aux nombreux encouragements reçus après notre premier rendu de travail, avec certaines comédien.ne.s de la première équipe et d'autres, rencontrés au fil de projets, et avec qui je partage des engagements très forts, nous avons décidé de reprendre ce travail.

Comprendre pourquoi les gens font ce qu'ils font était la démarche de Bourdieu et devrait être la notre à chaque instant. Dans La Misère du monde, les individus s'accusent mutuellement d'être les bourreaux les uns des autres sans même se rendre compte qu'ils sont victimes d'un même système qui vise à les diviser au lieu de les réunir dans un même combat. Ce recueil met côte à côte des personnes séparées par des gouffres sociaux et pourtant chacune d'elles vit, dans son milieu, une forme d'exclusion.

Comme tous ces gens, réunis dans un même ouvrage, nous faisons tous partie du même monde et si nous voulons profondément le changer nous devons nous atteler à comprendre les causes des propos qui nous révoltent ou des violences qui nous choquent et nous y confronter plutôt que de nous remplir stérilement de peur et de haine face aux conséquences.

Avec le concept de « banalité de mal » Hannah Arendt fut la première à poser la question de « l'inhumain en chacun de nous », émergeant nécessairement de la nocivité du système qui, d'après elle, déshumanise l'homme en le dépolitisant. Et, bien que ses considérations aient paru scandaleuses auprès de nombreuses personnes, Arendt s'inscrit dans une démarche commune à celle de Bourdieu : celle de dire que «  le sujet n'est pas la source même du mal, mais un de ses lieux de manifestations ».

A un moment où la société se divise de plus en plus entre les riches et les pauvres, créant de faux débats opposant les dit « étrangers » et les autres, il est plus que nécessaire de trouver des moyens de se rassembler. Et, que cela soit le théâtre comme lieu de représentation ou l'essence-même de ces textes qui résonnent de manière évidente avec tous ces enjeux, je suis convaincue que ce projet s'ancre dans cette démarche. En effet, Bourdieu a donné, ici, la parole à celles et ceux qui ne l'ont jamais, pas même dans les médias qui, a contrario de la démarche de cette œuvre, ne s'intéressent bien souvent qu'à des témoignages de l'ordre du «  sensationnel ».

Comme nous l'avions initié aux prémices de notre recherche, j'ai le désir de voir chaque acteur.trice prendre tour à tour la place d'intervieweur.se et d'interviewé.e. Exploiter au maximum les modes de traitements proposés par l'ouvrage afin que chaque histoire se place, tantôt du point de vue de celui qui la vit, tantôt du point de vue de celui qui l'observe, semble être une manière intéressante de déplacer l'affect du spectateur. Cela pourrait également nous aider à creuser la réflexion de l'un des lecteurs avisé de Pierre Bourdieu, Frederic Lordon, sur l'assujettissement et les affects, orientés, selon lui, par notre place dans le système social.

Partager certains témoignages par la parole mais aussi utiliser d'autres biais pour transmettre ce qu'ils racontent - de nous, de la société et du monde - au-delà des mots, permettrait d'ajouter au projet des scènes vécues au quotidien, faisant référence à une actualité très proche, créant ainsi d'autres formes de témoignages.

Pour finir, je tiens à ce que ce travail s'inscrive dans une démarche de création collective où les propositions scéniques partent des comédien.ne.s, de leurs propres enjeux vitaux, en lien avec leur engagement et leurs combats intimes. En ce qui concerne le jeu, je suis très marquée par le travail d'Agnès Dewitte qui vise à ce que le comédien se positionne à égalité avec tous ses partenaires - acteurs, concepteurs, spectateurs- en partageant, à travers le texte, un questionnement personnel et universel, en lien avec celui-ci. Cela lui permet ainsi de s'interroger au même titre que les spectateurs et, du foisonnement de ces questionnements, naît le spectacle. L'émotion du comédien est celle de son débat d'idée et non d'une hypothétique reconstitution ou situation, ancrant ainsi la représentation dans l'instant présent.

Alice Vannier

« Porter á la conscience des mécanismes qui rendent la vie douloureuse, voire invivable, ce n'est pas les neutraliser ; porter au jour les contradictions, ce n'est pas les résoudre. Mais, pour si sceptique que l'on puisse être sur l'efficacité du message sociologique, on ne peut tenir pour nul l'effet qu'il peut exercer en permettant à ceux qui souffrent de découvrir la possibilité d'imputer leur souffrance à des causes sociales et de se sentir ainsi disculpes ; en faisant connaitre largement l'origine sociale, collectivement occultée, du malheur sous toutes ses formes, y compris les plus intimes et les plus secrètes. »

Pierre Bourdieu

Tout d'abord, il me semble important de parler du mémorandum que j'ai reçu, de la part des ayants-droits de Bourdieu, très précis et très exigeant, stipulant les conditions requises pour pouvoir créer ce spectacle. En effet, I'inquiétude des sociologues quant à la protection des personnes interrogées dans l'ouvrage, le jugement que peut susciter leurs propos etc, sont très présents dans La Misère du monde et c'est précisément à cet effet qu'ont été écrites toutes les analyses sociologiques qui gravitent autour des témoignages. En tant que portes-paroles de ces textes sur un plateau, ces problèmes se posent également à nous, et la maxime de Spinoza, devenue maxime de l'œuvre de Bourdieu, « ne pas déplorer, ne pas détester, de pas rire, mais comprendre » s'applique tout au long du travail de l'acteur.trice et du/de la metteur.e en scène.

En effet, un.e artiste, dans son domaine, est un.e chercheur.se. Le travail de l'acteur consiste en une observation constante du monde qui l'entoure afin d'établir une connaissance accrue de lui-même apportant une meilleure connaissance de l'autre.

Pour aborder cette œuvre, nous partirons du postulat que les six comédien.ne.s présentes sur le plateau, en tant que chercheur.se.s, incarnent les sociologues qui ont chacun interrogé les personnes dont les propos sont retranscrits dans le livre. Ils vont partager les soucis de « vérité » qui ont été posés au moment de réaliser les interviews, les inquiétudes qui se posent au moment de rendre public ces propos, les moments de découragement face aux différentes complexités de fond et de forme qui s'entrechoquent... Ces observations concentrent autant de problèmes qui se sont posés à nous dans la réalisation de ce spectacle.

Ensuite, il faut savoir que Pierre Bourdieu a eu le souci de créer cette œuvre, avec de réels témoignages bien plus accessibles que le vocabulaire analytique et scientifique, à un moment où il lui a semblé urgent d'étendre à un public plus large les enjeux de la recherche sociologique, en l'occurrence ici : « Comprendre pourquoi les gens font ce qu'ils font ». Et le pari fut gagné puisque le livre a été vendu à 100 000 exemplaires au lieu des 80 000 espérés par Bourdieu. Malgré tout, l'œuvre reste extrêmement dense, assez peu accessible et trop peu connue.

Nous suivrons, tout au long du spectacle, le processus de ces chercheur.se.s, dans leur salle de réunion : nous passerons subtilement de l'analyse sociologique des propos recueillis à la reconstitution des propos-même. Tout cela s'effectuera à vue, les acteur.rice.s passant d'un rôle à l'autre, du/de la sociologue à l'entretenu.e, sans utiliser d'autres outils que ceux déjà présents dans la salle de réunion. Ainsi, nous assisterons à tout le processus : de la présentation par le sociologue/acteur.rice de la personne qu'il a interrogé à l'entretien-même, dans lequel soit il/elle gardera sa place initiale d'intervieweur.se soit il/elle se retrouvera lui/elle- même à la place de l'interviewé.e.

L'idée est que le spectacle, par cette suite de mises en abimes, mette en résonance plusieurs visions de la réalité qui se complètent et qui s'opposent, filtrées par des regards différents : un regard scientifique sur le monde, un autre qui passe par le prisme de l'art et celui diffusé par les médias, à caractère plus sensationnel. Pierre Bourdieu insiste beaucoup sur le fait que la sociologie s'inscrit, pour une part, en opposition aux médias et plus particulièrement à la télévision qui, d'après lui, « fait courir un danger très grand aux différentes sphères de la production culturelle, art, littérature, science, philosophie, droit », et également «  un danger non moins grand à la vie politique et à la démocratie » (Sur la télévision, Pierre Bourdieu). Il nous a semblé capital d'aborder, dans le projet, la question de notre responsabilité, en tant que « producteurs d'idées », quant aux discours que l'on fait circuler, la vision de la réalité que nous véhiculons et donc, plus globalement, la question de notre engagement en tant que tel.

Enfin, les propos de La Misère du monde ont été recueillis entre 1990 et 1993. Ils dessinent le portrait d'un monde sur lequel nous avons du recul et qui, pourtant, ressemble de très près à la réalité à laquelle nous sommes confrontées aujourd'hui. Etant nous-même nés dans les années 90, ces textes nous semblent d'autant plus importants qu'ils recontextualisent historiquement et socialement le monde dans lequel nous sommes arrivés et permettent ainsi de mieux comprendre les fondements complexes de la société dans laquelle nous vivons.

« Les acteurs disent ces mots puisés à même le réel sans polir l'oralité de la syntaxe. On ressort de la salle le regard déssillé : de 1993 à 2018, la misère s'est accrue, et il est temps d'agir.» Télérama

« Retenez bien le nom de cette compagnie et de toute l'équipe dont les noms vont suivre : Anna Bouguereau, Julien Breda, Margaux Grilleau, Adrien Guiraud, Vincent Steinebach, Judith Zins, car on risque d'en entendre parler longtemps et en bien ! Ils sont à l'origine de En réalités, un spectacle choral, adapté d'une œuvre de Pierre Bourdieu : La Misère du monde. Et de misère, il va en être question...» Inferno magazine

« Avec peu, Alice Vannier fait beaucoup. Sa mise en scène virevoltante, rythmée, frappe les esprits, réveille les consciences endormies. Véritable uppercut théâtral, En réalités est un spectacle d'utilité publique, le voir une nécessité. » L'Oeil d'Olivier

« La théâtralité de ce spectacle documentaire et politique réussit à nous montrer avec simplicité et fluidité la violence incommensurable de la réalité d'un déterminisme social qui ravage en toute impunité et construit un sous-prolétariat qui vit peu à peu au-delà des frontières de la société.» Spectatif