Dimanche 4 juillet, 18h

EN VERSION NUMÉRIQUE RESTAURÉE
Séance suivie d'une conférence de Youri Deschamps, rédacteur en chef de la revue Eclipses

Stromboli

FILM ITALIEN DE ROBERTO ROSSELLINI | 1950 | 1H47
AVEC INGRID BERGMAN, MARIO VITALE

Assignée dans un camp de refugiés, Karin, une jeune Lituanienne, ne peut quitter l'Italie de l'après-guerre. Pour sortir du camp, elle accepte d'épouser Antonio, un jeune pêcheur de l'île de Stromboli. Mais la vie sur l'île devient rapidement un enfer…
« Que s'est-il passé à Stromboli au printemps 1949 ? Sur cette île perdue entre l'Italie et la Sicile, un homme et une femme avaient rendez-vous avec l'histoire du cinéma. Elle, c'est Ingrid Bergman, la Suédoise devenue star hollywoodienne avec Casablanca (1942), la muse d'Alfred Hitchcock, avec qui elle vient de tourner Les Amants du Capricorne (1949). Lui, c'est un Romain de souche, Roberto Rossellini, l'auteur de deux films monumentaux sur la Seconde Guerre mondiale, Rome ville ouverte (1945) et Allemagne année zéro (1948). En devenant un couple à Stromboli, Rossellini et Ingrid Bergman vont tout à la fois déclencher un scandale international et ouvrir une série de chef-d'œuvres modernes sans précédents : Europe 51 (1952), Voyage en Italie (1954), Jeanne au bûcher (1954)…» Libération

Fiche rétrospective ADRC
EXTRAITS DE PRESSE

Premier des six longs métrages que Rossellini réalisera avec Ingrid Bergman, série de films capitale dans le cinéma d'après-guerre par sa modernité, sa cohérence et sa beauté. La plupart de ces films relatent l'expérience d'un couple au départ mal assorti. Mais ici Bergman occupe presque seule le centre de l'action et son aventure essentielle est la découverte d'une terre et, à travers elle, de la présence de Dieu ; Le titre italien Stromboli, terra di Dio doit être pris au pied de la lettre. Dictionnaire du cinéma
Inoubliable, ce film l'est par la radicalité avec laquelle il confronte deux mondes opposés : celui d'une femme Karen, dont la beauté et l'élégance appelle le raffinement, celui d'une île volcanique, Stromboli, sauvage et aride, qui contraint ses habitants à une vie rude. L'incompréhension entre ces deux univers sera totale. Rossellini met en évidence l'existence d'un noyau dur irréductible et observe à ce point extrême de l'incommunication comment une solution va jaillir. En contrepoint de Karen, le paysage, utilisé dans sa puissance naturelle, joue un rôle essentiel, symbolique. Cinépage
Stromboli est en cela fidèle à l'île qui l'a vu naître : avec sa méthode dite «du travail au jour le jour», Rossellini, au cours du tournage, a insensiblement changé son fusil d'épaule: le sujet de Stromboli devient vite l'île-volcan elle-même. Elle en est le personnage principal et le thème central; elle est dans un même mouvement le milieu naturel et le cadre social qui alimentent le drame; enfin, c'est le volcan lui-même qui permet à la tragédie de se résoudre. A la fin de sa vie, évaluant sa carrière, Rossellini trouvera le mot juste pour parler de Stromboli : «C'était le premier de mes films de solitude.» Comme si, d'Ingrid ou du volcan, c'est ce dernier qui l'avait emporté. » Libération