11 > 31 AOÛT

Passion Simple

FILM FRANÇAIS DE DANIELLE ARBID | 2020 | 1H36
AVEC LAETITIA DOSCH, SERGEI POLUNIN
D'APRÈS L'ŒUVRE D'ANNIE ERNAUX
Sélection officielle, Cannes 2020

Une femme divorcée et mère d'un jeune enfant entretient une rela- tion pendant de longs mois avec un homme marié étranger. Alors que se profi le la fi n de cette histoire, elle décide d'écrire, comme pour la faire durer encore un peu. Elle raconte les rendez-vous manqués, l'attente des coups de téléphone, les étreintes passionnées...
Interdit aux moins de 12 ans

HORAIRES

mercredi 17:00 | 19:00
jeudi 20:30
vendredi 16:30 | 18:30
samedi 18:30
dimanche 19:00
mardi 16:30 | 18:30

mercredi 18:30
jeudi 20:45
vendredi 16:30 | 21:00
samedi 17:00
dimanche 16:30
mardi 18:30

mercredi 18:30
vendredi 20:45
samedi 18:30
dimanche 19:00
mardi 18:30 D

Dossier de presse
TROIS QUESTIONS À ANNIE ERNAUX

Comment a été reçu votre livre Passion Simple lorsqu'il est paru en 1992 ?
A peine sorti, il a déclenché une violente polémique dans les journaux, entre un journaliste du Nouvel Observateur qui me traite de « Madame Bovary » et la critique du Monde, Josyane Savigneau, qui lui réplique et salue mon courage, ma liberté. Le ton est donné, aussitôt et pendant des mois, Passion Simple suscite une avalanche d'articles tranchés, parfois insultants, de débats. Il a très vite plus de 200 000 lecteurs, aussi bien masculins que féminins. Il devient un fait de société. Ainsi, le mensuel Marie-Claire interroge Barbara, Monique Lang et d'autres femmes, connues ou non, sur ce qu'elles pensent du livre. Ce qui fait scandale ou, à l'inverse, est reçu comme une libération, c'est le récit, sans culpabilité, sans honte, sans plainte, sans lyrisme non plus, par une femme de sa passion – sexuelle mais pas seulement – pour un homme. Une passion libre, sans désir de lien. Que cette femme soit écrivaine et professeure, de 13 ans plus âgée que son amant, lequel ne partage en rien ses goûts, est un élément qui bouscule les représentations traditionnelles. Je pense que ce petit livre de 77 pages a contribué à l'émancipation des femmes.

Comment avez-vous perçu le film de Danielle Arbid adapté de votre livre, 20 ans plus tard, alors que les rapports hommes/femmes ont été bouleversés ?
Ce que montre le film ne peut pas être évalué à l'aune des changements en cours dans les rapports des hommes et des femmes. Mais il va l'être, j'en suis sûre, il l'était déjà il y a vingt ans quand on me reprochait la soumission de l'héroïne, son attente d'un coup de fil de l'amant. Pas seulement des féministes et d'ailleurs certaines d'entre elles, à l'inverse, voyaient dans le personnage du livre un homme-objet. C'est la passion dans sa réalité, avec son caractère inexplicable, fou, et tout ce à quoi elle donne accès, qui est le sujet du film. La misère et la grandeur de ce qui traverse, toujours fugitivement, une vie. Je me rappelle ces mots d'Antoinette Fouque, fondatrice du MLF, dans l'article de Marie-Claire évoqué plus haut, «refuser la passion, c'est se refuser à la condition humaine».

En 1993, vous déclariez « Je pense que l'une des raisons du succès de ce livre, c'est que la passion absolue – telle que je la décris – n'apparaissait plus possible à notre époque». Pensez-vous que cette passion absolue soit encore possible aujourd'hui ?
Possible comme elle l'a été à toutes les époques, mais dicible, admise, peut-être moins qu'auparavant, parce qu'elle incarne le désordre, la mise entre parenthèses de ce qui structure la vie sociale, le travail et la famille.

EXTRAITS DE PRESSE

À partir du 11 août 2021