28 JUILLET > 1ER AOÛT

In the Mood for Love

FA YEUNG NIN WA
FILM TAIWANAIS DE WONG KAR-WAI | 2000 | 1H38
AVEC MAGGIE CHEUNG, TONY LEUNG CHIU WAI, PING LAM SIU
Prix d'interprétation masculine, Cannes 2000
Meilleur film étranger, César 2001

Vingt ans après, redécouvrez au cinéma le film romantique ultime, dans une copie restaurée 4K exceptionnelle… Hong Kong, 1962. Mme Chan loue une chambre chez Mme Suen. Le même jour et sur le même palier, s'installe M. Chow. Leurs conjoints sont souvent absents. Un jour, M. Chow et Mme Chan découvrent que leurs époux sont amants. Blessés, ils se fréquentent alors de plus en plus et développent eux aussi une liaison…

HORAIRES
28 JUILLET > 3 AOÛT

mercredi 18:30
samedi 20:30
dimanche 18:30 D

Dossier de presse

Une nouvelle version restaurée 4K

Présenté en Sélection officielle et en Compétition du Festival de Cannes en 2000, In the Mood for Love, du réalisateur hongkongais Wong Kar-wai, a valu à son acteur principal, Tony Leung, le Prix d’interprétation masculine et a obtenu le Grand Prix de la Commission Supérieure Technique. La restauration du film, réalisée en 4k à partir du négatif original, a été menée par Criterion et L’Immagine Ritrovata, sous la supervision de Wong Kar-wai.

Maggie Cheung et Tony Leung, in the Hong-Kong mood

Dans le projet originel d'In the Mood for Love l'histoire d'amour transie entre Chow Mo-Wan et Su Li-Zhen ne devait concerner qu'un tiers du film, l’épilogue mordait sur les années soixante-dix (on en voit d’ailleurs les scènes coupées dans les bonus du DVD). Le réalisateur n’en garde qu’une infime parcelle, qu’il étoffe et qu’il effeuille, sans ménagement, pendant un an. Après avoir épuisé les mille et une possibilités de son labyrinthe amoureux, Wong résout son équation et conserve seulement la romance que nous découvrons dans In the Mood for Love.

In the Mood for Love n’est pas le récit d’un simple coup de foudre. Au contraire, les époux trompés ressentent l’artifice derrière les coïncidences, anticipent leur séparation et se projettent dans une romance impossible. Le poids des apparences et le désir d’absolu sont autant d’obstacles à un amour irrésolu et tacite. Déchue de sa place de favorite, Li-zhen ressasse les mêmes questions, tourne sur elle-même, monte et descend les marches d’un escalier en colimaçon, comme la captive d’un cercle vicieux. Le poids des convenances est au coeur de leur relation et les moeurs et les traditions des années 1960 prédominent dans le récit. En plus de ces deux aspects, le décor et les vêtements prennent une place prépondérante dans le récit : les tenues des personnages ont encore plus d’importance que les décors. Le personnage de Tony Leung  ne porte que des beaux costumes. Celui de Maggie Cheung porte toute une collection de robes parfaitement ajustées à sa taille et aux couleurs et motifs variés, changeant de robe à chaque séquence. L’érotisation de son corps passe par ses robes. Jamais les deux amants n’enlèveront le moindre vêtement. Ils se toucheront à peine, n’échangeront aucun baiser, toujours dans cette volonté de maîtriser ses sentiments.
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La musique au coeur de la modernité du film

La musique est essentielle dans la recréation du souvenir chez Wong Kar-wai : “elle n’est pas seulement destinée à créer une atmosphère. Quand je suis arrivé à Hong Kong, à l’âge de cinq ans, la première chose qui m’a frappé, ce sont les sons de cette ville, qui étaient totalement différents de ceux de Shanghai. ”

Dans tous ses films, la musique joue un rôle central, devient un référence temporelle. Dans ses premiers films, les juke-boxes sont presque des personnages à part entière ; dans In the mood for love, c’est la radio. Wong Kar-wai a compilé des musiques qu’on écoutait dans les années 60 comme on les a regardées ensuite à la télévision.C’est à la radio que Maggie Cheung écoute la chanson Age of bloom de Zhou Xuan à laquelle le film emprunte son titre chinois : Le temps des fleurs. Mais l’évocation va plus loin : la chanson est tirée de l’un des films tournés par Zhou Xuan à Hong Kong en 1946 : Endless yearning. Figurent également des extraits d’opéras cantonais, pingtan, yueju, opéra de Pékin dans des enregistrements originaux. Il y a même deux extraits de 1912 interprétés par la grande star Tan Xinpei, qui joue dans le premier film chinois, de 1905, La montagne din-gjun. Tous ces opéras sont adaptés de classiques de la littérature abordant des amours interdits et des rendez-vous secrets.

Le thème principal du film, qui accompagne les rencontres entre Chow Mo-wan (Tony Leung) et Su Li-zhen (Maggie Cheung), est signé Shigeru Umebayashi. C’est le thème de Yumeji, extrait du film éponyme de Seijun Suzuki. Cette valse envoûtante dans son arrangement pour cordes, rythme leurs chassé-croisés de voisins de palier comme le frôlement d’un couple de danseurs romantiques.

Le film est aussi imprégné de musique latino-américaine. Wong Kar-wai a choisi des morceaux du chanteur favori de sa mère, Nat King Cole, dont les standards étaient importés et diffusés en radio : Quizas, Quizas, Quizas  (peut-être, peut-être, peut-être) sur une musique d’Osvaldo Farrés, Te Quiero Dijiste ou encore Aquellos Ojos Verdes, évoquent l’attente et la mélancolie d’amours perdus : “tu ne mesures pas la tristesse que m’ont laissée ces yeux verts que je n’embrasserai jamais.”

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Wong Kar-wai

Né à Shanghai en 1958, Wong Kar-Wai émigre à Hong Kong avec ses parents en 1963, à la veille de la Révolution culturelle. Etudiant en art graphique et en photographie, il affectionne le cinéma américain, particulièrement les classiques hollywoodiens, ainsi que le cinéma européen, notamment les réalisateurs de la Nouvelle Vague française. Wong Kar-Wai débute sa carrière en tant qu'assistant de production pour une chaîne de télévision Hong-Kongaise. Il se tourne par la suite vers l'écriture de scénarios de films aux genres variés: films de Kung Fu, drames ou encore comédies romantiques. Il fréquente en parallèle le milieu de la "nouvelle vague" en collaborant notamment avec Patrick Tam.

Sa carrière de réalisateur débute en 1988 avec un film de gangster intitulé As Tears go by. Il tourne deux ans après Nos Années sauvages, qui sera un important échec commercial. Atteignant le sommet de sa gloire en France avec In the Mood for Love, Wong Kar-Wai s'inspire tout au long de sa filmographie de genres variés, comme par exemple des films de cape et d'épée pour Les Cendres du temps, ou encore des films de Kung Fu avec l'un de ses derniers long-métrage, The Grandmaster. En 2006, il est le premier réalisateur chinois à présider le jury du Festival de Cannes, décernant la Palme d'or à Le Vent se lève de Ken Loach. L'année suivante, le cinéaste est l'un des 60 signataires de la collection de courts métrages Chacun son cinéma, réalisée à l'occasion du soixantième anniversaire de la mythique manifestation cannoise.

Evoqué un temps pour réaliser un long métrage autour de la catastrophe relative à l'ouragan Katerina, Wong Kar-Wai réalise finalement son premier film aux USA à l'occasion de My Blueberry Nights (2007). Pour ce premier tournage en langue anglaise, le cinéaste s'entoure d'un casting prestigieux (Jude Law, Natalie Portman, Rachel Weisz) et offre même son premier rôle au cinéma à la chanteuse Norah Jones. En 2013, le natif de Shanghaï retrouve son complice Tony Leung pour adapter l'histoire légendaire d'Ip Man, le maître de Bruce Lee, dans The Grandmaster. Situé dans la Chine des années 30-40, le film marque le retour de Wong Kar-Wai dans le genre arts martiaux après Les Cendres du temps.

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EXTRAITS DE PRESSE

Délicatesse, grâce et précision... Voilà l'un des plus grands films de l'année. Le Parisien
Chemin faisant, Wong Kar-wai, au sommet de sa virtuosité plastique et au cœur de ses obsessions mélancoliques, rappelle de loin en loin que dans sublimation, il y a sublime. Télérama
Sublimement, Wong Kar-Wai brasse le meilleur du cinéma mondial, européen comme d'Extrême-Orient, renonçant aux expérimentations formelles de ses derniers titres pour retrouver le classicisme charnel de ses débuts. Il y a là une oeuvre de la maturité à la maîtrise confondante (...) L'Humanité
Mis en scène dans une veine sensuelle et pointilliste (...), le film évoque une gravure où les étoiles chinoises Maggie Cheung et Tony Leung (...) semblent ressusciter les figures sublimes et langoureuses de l´amour courtois. Le Monde
Combien de films comme celui-ci voit-on dans une vie? Quatre, cinq, davantage, moins peut-être? Peu importe, «In the Mood for Love» est unique. Unique comme tous les films parfaits. Le Nouvel Observateur
La mise en scène est un éblouissement. Au point qu'on ne serait tenté de ne retenir que cela (...). Mais à trop vanter la forme, on finirait par perdre de vue l'essentiel : une émotion qui ne saurait se réduire à une expérience esthétique. Positif
le film, tout en retenue et d'une rare beauté plastique, est l'un des plus sensuels de ces dernières années. Le Journal du Dimanche
derrière cette variation sur le thème éternel du rendez-vous manqué se cache un mélo aux allures expérimentales dont la construction abstraite et sophistiquée n'est pas -bien au contraire- ennemie des larmes. Chronic'art.com