MARDI 17 MARS 20H
durée estimée 1h30
RÉSERVER
GRANDE SALLE
jauge limitée
tarif A
THÉÂTRE
dès 12 ans

Pièce en plastique

TEXTE MARIUS VON MAYENBURG
MISE EN SCÈNE ADRIEN POPINEAU
COMPAGNIE LES MESSAGERS
COPRODUCTION DSN

Drôle, acide et sans compromis.

Ulrike et Michael, un couple accaparé par le travail, est au bord de la crise. Pour parer aux tâches quotidiennes et élever leur enfant, ils ont besoin de soutien et embauchent Jessica. L'arrivée de la jeune aide-ménagère va redéfinir leurs valeurs, leur lien et leur morale. Au cœur de ce dispositif, le patron d'Ulrike, un artiste plasticien, se sert de Jessica comme d'une muse, rendant les situations entre chacun des protagonistes de plus en plus complexes.
Adapté du texte de Marius von Mayenburg, dramaturge allemand contemporain, Pièce en plastique dépeint un milieu intellectuel de la gauche bien-pensante avec beaucoup d'humour et de cynisme. Tout y passe : les rapports de pouvoir, les travers de notre monde consumériste, le racisme ordinaire, les problèmes de couple, la libido, le genre, la classe moyenne, les artistes complaisants, la place de la femme dans le monde du travail, la question de l'altérité… Pas de temps morts pour les personnages qui se trouvent pris dans leurs contradictions, leurs questionnements et l'incapacité à gérer leur vie. Les situations sont vraies, grinçantes et cocasses et la mise en scène d'Adrien Popineau s'affirme extravagante, décalée et définitivement plastique.

Avec David Guez, Charles Morillon, Julien Muller, Malou Vigier, Cassandre Vittu de Kerraoul. Dramaturgie Adrien Popineau. Scénographie Fanny Laplane. Lumières en cours.

Production : Cie Les messagers, Théâtre de l'Etincelle, Théâtre de Belleville dans le cadre de son soutien à la production, Région Normandie, DRAC en attente. Coproductions : Maison Maria Casares, 6000 production. Soutiens en cours : JTN, Spedidam.

© photo : Odile Chambaut

le site de la compagnie

Cette nouvelle création s'inscrit encore une fois dans une proposition contemporaine questionnant les relations humaines avec vigueur, force, émotion et étrangeté. Cette dernière écriture de Mayenburg réuni tout en même, mais pour la première fois notre compagnie abordera ces thèmes de société avec humour, mais un comique décapant, cela va s'en dire. Tout y passe : mondialisation, racisme, rapport parents/enfants, problème de couple, libido, genre, classe moyenne, artistes complaisants, femme au foyer.... On pourrait croire qu'il sera difficile d'aborder tous ces sujets en profondeur, pourtant une phrase suffit parfois à révéler l'essentiel d'un phénomène de société, avec un recul et un cynisme faisant l'effet d'une bombe. Les adresses publiques, les scènes enchevêtrées, les monologues intérieurs rythment efficacement la narration. Pas de temps morts pour les personnages qui se trouvent pris dans leurs contradictions, leurs questionnements et l'incapacité à gérer leur vie. C'est la femme de ménage qui va révéler toutes ces oppositions. L'artiste, lui, va se servir de cette rencontre pour mettre à mal les valeurs de chacun à travers son prisme créateur/destructeur. Mais au final, tous devront répondre de la différence entre leurs convictions et leurs actes.

Dans la mise en scène de l'auteur, la femme de ménage, blanche, vient d'un quartier bien précis de l'Allemagne de l'est. Une partie de l'humour et de la cruauté du texte vient précisément de cette différence est/ouest et du racisme latent opposant les populations issues de l'immigration d'Europe de l'est et l'Allemagne bien-pensante. En transposant la situation en France, il va de soit qu'il n'y aurait aucun intérêt à placer une femme blanche dans ce rôle, l'identité française et notre immigration étant tout à fait différentes de nos amis germaniques. Voila pourquoi j'ai fait le choix de proposer à une jeune comédienne noire d'endosser ce personnage. Les situations n'en seront que plus vraies, grinçantes et cocasses. L'auteur le dit lui même dans son préambule « le texte peut être adapté aux éléments réels rencontrés sur place, lieu, nom, personnages... ». A travers cette création, je souhaite pouvoir organiser des débats sur la question de l'identité, de l'immigration et son intégration. Sur le regard que nous portons sur les gens de couleurs que nous continuons, malgré le temps, à définir par leurs origines ethniques, malgré la succession des générations naissant sur le territoire français. Grâce à la richesse du texte, de nombreuses autres questions pourront être soulevées en rapport aux sujets évoqués ci dessus, comme la place de la femme dans le monde du travail, les rapports de pouvoir employeurs/employés, la question de l'altérité...

Mes précédentes créations faisant l'objet d'un travail exigent en matière sonore et esthétique, nous aurons soin d'apporter une dimension fantastique et plastique en phase avec l'identité de la compagnie. Tout est prêt dans le texte pour accueillir une mise en scène extravagante, décalée. Pour preuve, l'auteur écrit un passage fantasmé pour chacun des personnages et tous ont des moments de burn-out propices au décalage de ce réalisme de surface. A ceci s'ajoute une partie dite de méta-théâtre, une mise en abîme de la représentation, que nous aurons évidement soin de développer avec notre équipe artistique.

Tout porte à croire que l'action se passe dans un appartement cossu, moderne, aseptisé mais réaliste. Le personnage de l'artiste plasticien va pourtant venir perturber notre perception de l'action se déroulant sous nos yeux. N'assistons nous pas, dès le début, à une représentation assumée, à du théâtre dans le théâtre, à un cliché convenu répondant à nos attentes des rapports humains ? C'est sur cette ambiguïté que nous allons démarrer nos recherches scénographiques. Le titre lui même va dans ce sens. Une pièce en plastique où les éléments liés à l'espace vont rendre poreux le rapport du spectateur à la représentation. Un intérieur pseudo bourgeois, conçu, dans le cadre d'une performance ou d'une exposition. Des projecteurs sur pieds apparent, des plantes en plastique, un sol en vinyle blanc, une fausse douche de lumière, des projections filmées en direct, ainsi que l'ensemble des matières utilisées pour les éléments de décoration pourraient permettre de rendre compte, de façon délicate, de cette représentation/performance...

Marius von Mayenburg, auteur
Né à Munich en 1972. Il fait tout d'abord des études de langue, littérature et civilisation allemandes anciennes, déménage en 1992 à Berlin, où, de 1994 à 1998, il suit au Conservatoire les cours "d'écriture scénique" avec Yaak Karsunke et Tankred Dorst, notamment. En 1995, il fait un stage aux Münchner Kammerspiele. En 1996, il écrit les pièces Haarmann et Fräulein Danzer, puis en En 1996 1997, Monsterdämmerung et Feuergesicht(Visage de feu), pour laquelle il obtient le Prix Kleist et le prix de la Fondation des auteurs de Francfort. La pièce, créée à Munich en 1998, puis à Hambourg, par Thomas Ostermeier en 1999, a également été mise en scène en Grèce, en Pologne et en Hongrie. Collaborateur de l'équipe artistique de Thomas Ostermeier à la Baracke à Berlin (1998-1999), il rejoint en 1999 la Schaubühne comme auteur, dramaturge et traducteur (Gier / Crave de Sarah Kane, Kane, The City de Martin Crimp).

Adrien Popineau, metteur en scène.
Diplômé d'une licence en Gestion d'entreprise, il se familiarise avec les arts de la rue aux cotés de La compagnie de La Lune d'ambre. (Jongleur, échassier, acrobatie, conte). En 2005, il entre aux cours Jean Perimony à Paris avant de rejoindre l'École du Studio d'Asnières (direction Jean Louis Martin Barbaz) entre 2006 et 2008. Il intègre ensuite le Centre de Formation d'Apprentis (direction Hervé Van Der Meulen) pendant trois ans. En 2008 il est diplômé du CFA d'Asnières actuelle Ecole Nationale ESCA. Il joue sous la direction de Marion Fouchet, René Loyon, Chantal Deruaz, Yveline Hamon, Jean Louis Martin Barbaz, Christophe Lemaitre, Agathe Alexis, Robert Bouvier. Il participe à deux stages proposés par la Tempête aux côtés de Philippe Adrien puis avec Dominique Boissel et les metteurs en scène de Nanterre. Choisissant de s'investir entièrement dans sa carrière de metteur en scène il obtient un Master Professionnel de Dramaturgie et mise en scène à Nanterre. Dans le cadre de son Master, il réalisera plusieurs stages de mise en scène (CDN de Haute Normandie, Théâtre des Amandiers, La Tempête...). En 2011 il monte sa compagnie (Le levain renommée Les Messagers en 2016), et met en scène Kids de Fabrice Melquiot, Voix secrètes de Joe Penhall, le Jeu d'après le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, Géographie de l'enfer d'Alex Lorette, Burn Baby Burn de Carine Lacroix. Depuis trois saisons, il fait partie du comité de sélection du concours Jeune metteur en scène du Théâtre 13. En septembre 2016, il devient professeur d'interprétation pour les premières années du Cours Florent et obtient son Diplôme d'État de professeur d'art dramatique.

Fanny Laplane, scénographe.
Scénographe diplômée de l'ENSAD en 2010. Sa formation pluridisciplinaire l'amène à s'intéresser à tous les espaces (autant ceux de la vidéo que les vitrines ou les expositions comme décoratrice). Mais c'est principalement dans le spectacle vivant qu'elle préfère développer sa curiosité et utiliser cette transversalité. Ainsi, au théâtre, elle travaille comme scénographe, avec Anne Monfort pour un atelier à l'école de la Comédie de Saint Etienne (L'ultime Question), la compagnie Les loges du possible pour Sujet(s), Judith Lebiez pour Elektra, la compagnie Lyncéus Théâtre (dirigée par Léna Paugam) pour Et, dans le regard, la tristesse d'un paysage de nuit, Laurence Campet pour Wolfgang. Avec Le Jeu de l'amour et du hasard, Fanny Laplane poursuit sa collaboration avec Adrien Popineau (et la compagnie du Levain) qu'elle avait commencée sur Voix Secrètes. Actuellement, elle travaille sur Bérénice : Suite et fin mis en scène par Vincent Menjou-Cortès avec le collectif Salut Martine et sur La Boîte mis en scène par Olivier Balazuc. Dans le même temps, elle assiste régulièrement le scénographe Alexandre de Dardel (sur Les affaires sont les affaires, Les ruines circulaires, Rien de moi, Le canard Sauvage, Six personnages en quête d'auteur, Mort d'un commis voyageur…). Au cinéma, Elle a dernièrement, fait les décors du documentaire La sociologue et l'ourson, réalisé par Etienne Chaillou et Mathias Théry.

La compagnie Les messagers
En 2011, La Compagnie du Levain (ancien nom de compagnie) est créée à l'initiative d'Adrien Popineau. Grâce au soutien de la Ville de Bernay et du 6000 production, la compagnie s'implante dans l'Eure. Elle se compose d'abord d'un groupe d'acteur, et ensemble, ils créent Kids de Fabrice Melquiot lors de la finale du Concours Jeune Metteur en scène du Théâtre 13. Spectacle retenu par le comité de sélection du Groupe Actif Ile de France. Cela leur permet de recevoir le soutien de plusieurs lieux ainsi que celui du département de l'Eure pour Voix secrètes de Joe Penhall. A partir de là, le groupe s'entoure d'une scénographe formée aux Arts Décoratifs de Paris et d'une dramaturge formée à l'École Normale Supérieure. Ils sont sélectionnés au Salon des Artistes de l'ODIA Normandie pour leur transposition du Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux et obtiennent des périodes de création au CDN de Haute Normandie, au CDN de Nanterre, à la Tempête, au théâtre Edith Piaf de Bernay... Pour 2017, la compagnie change de nom et s'appellera Les messagers. L'équipe s'agrandit avec l'arrivée d'Hugo Hamman rencontré à l'école du TNS. Ils créeront tous ensemble Géographie de l'enfer d'Alex Lorette.