30 NOVEMBRE > 1er DÉCEMBRE

WEEK-END INGMAR BERGMAN


SAMEDI 30 NOVEMBRE

Séance suivie d'une conférence de Bamchade Pourvali, écrivain de cinéma.

EN VERSION NUMÉRIQUE RESTAURÉE

Les Fraises sauvages
Smultronstället

FILM SUÉDOIS DE INGMAR BERGMAN | 1957 | 1H31 | AVEC VICTOR SJÖSTROM, BIBI ANDERSSON, INGRID THULIN | Ours d'Or, Berlin 1958

À 78 ans, Isaac Borg est un brillant professeur de médecine que l'Université de Lund projette de récompenser par un prix prestigieux. Il décide de s'y rendre en voiture, en compagnie de sa belle-fille. Le voyage, à travers de multiples rencontres, rêves, souvenirs, va lui permettre de faire le bilan de sa vie…


HORAIRES
SAMEDI 30 NOVEMBRE, 18H30

UN ROAD MOVIE BERGMANIEN À TRAVERS LES SOUVENIRS D'UNE VIE

Avec Les Fraises sauvages, Ingmar Bergman livre un nouveau chef-d'œuvre quelques mois seulement après la sortie du Septième Sceau. Le cinéaste en écrit le scénario en dix semaines, durant sa période de convalescence après une nouvelle hospitalisation pour dépression, cette fois encore liée à une surcharge de travail. Pour interpréter le personnage du médecin Isaac, il fait appel au grand acteur réalisateur Victor Sjöström, l'un des fondateurs du cinéma suédois, que Bergman considère comme un véritable père spirituel artistique. Les Fraises sauvages peut être envisagé comme le premier film du cinéaste à aborder frontalement le thème de la famille, avec un sens du romanesque nouveau chez lui, en montrant l'absence d'amour entre un père et son fils et les conséquences psychologiques qui en découlent. Bien que beaucoup plus âgé que ne l'est Bergman à l'époque du tournage, le personnage d'Isaac Borg n'est pas sans rappeler certains traits de caractère du cinéaste : outre le fait qu'ils partagent les mêmes initiales, ce sont tous deux des hommes ayant choisi de dédier leur existence à leur travail, au détriment de leur vie de famille – à seulement 40 ans, Bergman voit son troisième mariage battre de l'aile. Cependant, le réalisateur parvient à dépasser avec brio la part autobiographique de son œuvre pour décrire le chemin parcouru par un homme à la fin de sa vie, à travers un récit alternant entre rires et larmes, mêlant symbolisme et expressionnisme. Les Fraises sauvages, récompensé par l'Ours d'or au Festival de Berlin en 1958, a élevé son réalisateur au rang de véritable génie du septième art.

Auteur d'une cinquantaine de longs-métrages réalisés entre 1946 et 2003, Ingmar Bergman occupe une place essentielle dans le patrimoine cinématographique mondial. Influencé aussi bien par le cinéma français des années 1930 que par le néoréalisme italien ou le romantisme allemand, le « magicien du Nord » n'a eu de cesse d'autopsier les rapports familiaux et amoureux, dévoilant ainsi sa passion pour les femmes – et les actrices – mais aussi sa lucidité face à la vie de couple et à la famille. Cette rétrospective en sept films propose de (re)découvrir une oeuvre protéiforme, parfois onirique (Le Septième Sceau, La Source), parfois légère (Sourires d'une nuit d'été), souvent tragique (Scènes de la vie conjugale, Sonate d'automne) où Bergman se révèle un formidable peintre des visages. Plus de six ans après la mort du cinéaste, son oeuvre reste indéniablement une référence majeure pour de nombreuses générations de réalisateurs, de Woody Allen à Pedro Almodóvar, de Philippe Garrel à Arnaud Desplechin en passant par Asghar Farhadi.


EXTRAITS DE PRESSE

Le film, parmi les plus beaux du cinéaste, laissera une empreinte durable sur le cinéma contemporain, aussi bien chez Woody Allen (Crimes et délits) que chez Tim Burton (Big Fish) ou Arnaud Desplechin (Esther Kahn). La Cinémathèque française
"les Fraises sauvages" sont une gracieuse méditation mélancolique sur le temps qui passe. Ce qui frappe aujourd'hui, c'est l'extrême fluidité du film, qui oscille de la rêverie d'un vieux médecin, Isak Borg, à la dureté des jours présents. Le Nouvel Observateur
J'aime sa manière de dépeindre les rapports entre les hommes et les femmes. Il n'y a pas plus sexy qu'un film de Bergman. Les filles y sont sublimes. Quand je vois Bibi Andersson, je n'ai qu'une envie, c'est de l'embrasser. Nicolas SAADA