Sorry We Missed You

FILM BRITANIQUE DE KEN LOACH | 2019 | 1H40
AVEC KRIS HITCHEN, DEBBIE HONEYWOOD, RHYS STONE
Sélection officielle, Cannes 2019

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Alors qu'Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les boulots mal payés. Ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir propriétaires de leur maison. Mais une opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette et devenir chauffeur- livreur à son compte…
« L'irréductible Ken Loach, toujours en lutte, toujours du côté des travailleurs réprouvés, décortique cette fois la logique redoutable dissimulée derrière l'ubérisation de la société. » Télérama

Dossier de presse
Dossier de pédagogique


HORAIRES

mercredi 19:00
jeudi 20:45
vendredi 18:45
samedi 14:30 | 16:30 | 18:30
dimanche 14:30

vendredi 16:15
samedi 14:30 | 19:00
dimanche 14:30 D



L'IMMANQUABLE (octobre 2019)
Ken Loach

Plus de 50 ans après Cathy come home, son premier film qui suivait la dégringolade sociale d'une famille frappée par le chômage, Ken Loach est toujours au chevet de la classe populaire britannique. Le cinéaste s'excuserait presque d'avoir annoncé sa retraite en 2014 : « J'ai vraiment dit ça sans réfléchir. Il y a encore énormément d'histoires à raconter et de personnages à faire vivre à l'écran. ». En 2016, il donne ainsi vie à Daniel Blake, un quinquagénaire victime d'un accident du travail aspiré par le tourbillon d'une administration orwellienne. La Palme d'Or et l'immense succès du film n'entament pas la capacité de révolte du réalisateur, bien au contraire. Avec son fidèle scénariste écossais Paul Laverty, ils retournent au charbon : « quand on visitait les banques alimentaires pour nos recherches sur Moi Daniel Blake, la plupart des gens qui venaient là travaillaient à temps partiel, avec des contrats zéro heure. C'est une nouvelle forme d'exploitation (…). Peu à peu s'est profilée l'idée que ça pourrait faire l'objet d'un autre film. ». Et voilà Sorry We Missed You, le portrait de Ricky, le « working class hero » tel que le chantait John Lennon : « Quand on le rencontre, Ricky décide de travailler comme chauffeur-livreur, un métier avec lequel il semble qu'on puisse se faire beaucoup d'argent (…). Une occasion de travailler d'arrache-pied pendant deux ou trois ans, de constituer un apport pour l'achat d'une maison, puis de retrouver enfin une vie normale. ». Au-delà du cas individuel, traité comme toujours avec beaucoup d'humanité, Ken Loach dévoile la face cachée du fameux phénomène « d'ubérisation » : « Ce système est-il viable ? Est-il viable de faire nos courses par l'intermédiaire d'un homme dans une camionnette, qui se tue à la tâche quatorze heures par jour ? Est-ce finalement un meilleur système que d'aller nous-mêmes dans un magasin et de parler au commerçant ? Veut-on vraiment un monde dans lequel les gens travaillent avec une telle pression, des répercussions sur leurs amis et leur famille, ainsi qu'un rétrécissement de leur vie ? Ce n'est pas l'échec de l'économie de marché, c'est au contraire une évolution logique du marché. Le marché ne se préoccupe pas de notre qualité de vie. Ce qui l'intéresse, c'est de gagner de l'argent, et les deux ne sont pas compatibles. ». À 83 ans, Ken Loach ne lâche rien.


EXTRAITS DE PRESSE

C'est brillant, implacable, poignant et raconté sobrement, sans discours politique ni pathos. Le Journal du Dimanche
Fidèles à leur sobriété, Ken Loach et son fidèle scénariste Paul Laverty dressent un constat implacable d'une société où la seule chose qui tourne rond serait ce modeste autoentrepreneur tel un hamster dans sa roue. L'Express
"Sorry We Missed You" est une parabole sur l'ubérisation du marché du travail et le démantèlement par le numérique des droits sociaux élémentaires – soit le nouveau volume thématique de la geste antilibérale loachienne, dont les services publics informatisés de "Moi, Daniel Blake" avaient un peu initié le ton. Les Inrockuptibles
Sur les ravages du néolibéralisme, que résume le visage défiguré de Ricky, le film est d'autant plus poignant que les acteurs, certains professionnels depuis peu, d'autres pas du tout, impressionnent par leur justesse. Télérama
Sorry We Missed You, film «sur» l'ubérisation de l'économie et les récentes innovations dans le domaine de l'exploitation des travailleurs, ou plutôt film «contre» elles, maîtrise pleinement son sujet, pour mieux lui résister dans la perspective de le critiquer et de le détruire. Libération
Ken Loach et son coscénariste, Paul Laverty, assument une critique cinglante de la transformation du travail et de la déshumanisation de notre société. Un regard politique qui aurait pu mener à un film à thèse mais dont leur cinéma fait tout autre chose. Les personnages, broyés par le monstre libéral, sont incarnés par des comédiens époustouflants. Positif
Le vétéran britannique dénonce l'ubérisation galopante du travail. Et montre, même s'il ne sort d'une mécanique du malheur assez prévisible, qu'il sait toujours aussi bien scruter les dérèglements de la société. La Voix du Nord
Un film sombre et bouleversant, ponctué de scènes qui prennent aux tripes. Le Parisien
Loach fait du Loach et c'est très bien comme ça. Première