40ÈME ANNIVERSAIRE
EN VERSION NUMÉRIQUE RESTAURÉE 4K

Elephant Man
The Elephant Man

FILM AMÉRICAIN DE DAVID LYNCH | 1981 | 2H05
AVEC ANTHONY HOPKINS, JOHN HURT, ANNE BANCROFT
Meilleur film étranger, César 1982

Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre un homme complètement défiguré et devenu une attraction de foire : Elephant Man…
Le chef-d'oeuvre humaniste de David Lynch dans une superbe version restaurée. Un film bouleversant sur la véritable histoire de John Merrick à revoir et à faire découvrir aux adolescents. Émotions garanties.


HORAIRES
1 > 7 JUILLET

vendredi 14:30
dimanche 17:30
mardi 20:30 D


Dossier de presse

Film le plus populaire de son auteur, auréolé de l'Oscar du meilleur film étranger, Elephant Man constitue la porte d'entrée idéale pour appréhender les méandres du cinéma de David Lynch. En exposant la différence physique de John Merrick aux yeux de la société, se pose la question de ce qu'est un regard juste, tant pour le spectateur que pour le réalisateur. Sans virer au didactisme, le film multiplie les manières de montrer la créature (à contrejour, dans la semi-obscurité, en gros plan…) pour finalement nous amener à voir au-delà des apparences. Or, tout le cinéma de Lynch à venir consistera à déceler l'étrange derrière le vernis de la normalité, à l'image de la blancheur trop éclatante de la palissade, dans la séquence d'ouverture de Blue velvet .

Un goût pour le bizarre qui aura su convaincre Mel Brooks de lui confier les rênes de cette adaptation des mémoires du Docteur Frederick Treeves. Le comique américain, ici producteur, ayant découvert Lynch après avoir vu son premier long-métrage, Eraserhead . Loin de se laisser dissoudre dans ce projet d'envergure (réunissant John Hurt, Anthony Hopkins et Anne Bancroft), le cinéaste affirme son style teinté d'onirisme dès la première séquence du film : réminiscence cauchemardesque de l'accident de la mère de John Merrick, filmée dans un noir et blanc nébuleux. Une ouverture hautement sensorielle, marquée par un travail des textures visuelles (la peau satinée des éléphants, les traînées lumineuses) et sonores (le barrissement des bêtes qui se mue en souffle du vent). La question de l'écoute se joint alors à celle du regard, pour faire d'Elephant Man, un film éminemment lynchien.

Quand bien même la structure narrative peut sembler classique, le cinéaste s'évertue à refuser le conformisme et à braver les tabous de la convenance bourgeoise. De fait, son cinéma se situe le plus souvent dans un espace ambigu, à la frontière de deux mondes (ici, les supposées « humanité » et « monstruosité »), pour dénicher la beauté logée dans les interstices. De la même manière que la peinture de Francis Bacon opère des glissements morphiques, Lynch déforme et distend le réel, non pas pour le briser, mais pour en dévoiler les zones troubles avant de s'y engouffrer. A ce titre, Elephant Man est une invitation à transgresser la norme, à embrasser l'altérité, pour composer un nouveau système de valeurs esthétiques et morales.

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En 1977, David Lynch imaginait avec Eraserhead, un monde intérieur et amniotique, peuplé de créatures étranges. Trois ans plus tard, le "monstrueux" sort de l'ombre avec Elephan Man, pour se confronter au regard de la société. Pour ce faire, dans l'atmosphère grisâtre du Londres de l'ère industrielle, le cinéaste commence par entretenir la fascination du spectateur pour John Merrick, retardant son apparition en le dissimulant derrière des écrans de voiles et de fumées, pour ne révéler son apparence qu'au bout d'une demie-heure de film. Inspiré d'un autoportrait peint par Francis Bacon en 1971, le visage d'Elephant Man, atteint du syndrome de Protée, est rendu difforme par les protubérances. Résultat obtenu après sept heures quotidiennes de maquillage pour l'acteur John Hurt. Mais, passée la surprise du premier regard, Lynch invite à dépasser la simple curiosité voyeuriste pour chercher la beauté de ce corps singulier. "Si vous pouvez l'imaginer comme une sculpture, alors il est beau à bien des égards." Ainsi, la laideur se trouve peut-être dans l'oeil de l'observateur. Une réflexion qui inscrit Elephant Man dans la droite lignée du chef d'oeuvre de Tod Browning, Freaks (1932).

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Réalisateur, peintre, musicien, photographe et parfois acteur, David Lynch est un artiste total. Né en 1946 dans une petite ville de Montana, cet enfant de la classe moyenne américaine s'est imposé, au fil des décennies, comme le plus populaire des cinéastes expérimentaux.

Après avoir fréquenté la Pennsylvania Academy of Fine Arts, Lynch opte pour le cinéma, rejoignant l'American Film Institute qui finance son premier courtmétrage. Il lui faut cinq ans de travail pour donner naissance à son premier long, Eraserhead (1977). Tourné dans un noir et blanc poisseux, ce petit film fauché convoque déjà les thèmes (la monstruosité, l'onirisme, l'altérité) et les motifs (corps difformes, plages sonores envoûtantes) centraux de l'oeuvre à venir. Devenu culte avec le succès des midnight movies, l'objet attire alors l'attention de Mel Brooks, qui confie à Lynch l'adaptation des mémoires du Dr Treeves : Elephant Man (1980). Cette fable humaniste, sur fond d'Angleterre victorienne, portée par le duo d'acteurs Anthony Hopkins – John Hurt, est un triomphe et propulse le cinéaste sur le devant de la scène mondiale. Mais suite au naufrage commercial de Dune (1984) – monumentale adaptation du classique de la science-fiction de Frank Herbert – il se voit forcé de revenir à des productions moins onéreuses.

Tout à la fois film noir et rêve éveillé, Lynch trouve alors, dans l'inquiétante et incertaine tranquillité de Blue velvet (1986), cette forme devenue caractéristique de son cinéma. Une hybridation des genres et un éclatement des conventions narratives qui pousse le spectateur à repenser sa manière de voir le monde et ses images. De la chevauchée furieuse de Sailor et Lula (Palme d'Or en 1990) à celle, plus mélancolique, d'Une Histoire vraie (1999), de la paranoïa rurale de Twin Peaks (série devenue film entre 1990 et 1992) à celle, urbaine, de Lost highway (1997), le cinéaste sonde les profondeurs du territoire américain, y dessinant des chemins tortueux où le pulsionnel côtoie le sublime.

Un vertige lynchien qui trouve, sans doute, son paroxysme dans le mystère insolubre de Mulholland Drive (2001), d'ores et déjà considéré comme un des plus grands films du XXIe siècle. S'il n'a réalisé qu'un seul long-métrage depuis, (Inland Empire , 2006), Lynch n'a jamais été aussi prolifique qu'en ces années 2000 et 2010, multipliant les courts-métrages fictionnels et documentaires. En 2017, la troisième saison de Twin Peaks constitue une révolution, tant dans la série télévisée que dans le cinéma, attestant une nouvelle fois du génie visionnaire de l'artiste.

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EXTRAITS DE PRESSE

Au-delà de la fresque sociale, j'ai voulu montrer comment le personnage réagissait au contact de différentes situations. Il passe de l'univers de la pauvreté à celui de la richesse. Les deux mondes s'ignorent et se veulent différents mais leur curiosité visà- vis du ''monstre'' est la même. David Lynch
Si vous arrivez à la fin d'Elephant Man et que vous n'avez pas été ému, alors je ne pense pas que vous soyez une personne que j'ai envie de connaître. John Hurt
Le film de David Lynch est très beau. Très beau par le sujet qu'il traite (…) très beau également par le tact et la délicatesse de la mise en scène Le Monde
Le cinéma fantastique s'est trouvé un nouveau maître : David Lynch Télérama
Un moment d'émotion superbe et un chef-d'œuvre d'humour noir. Le Nouvel Observateur
Etrange, le film l'est de bien des manières.(…) Elephant Man est une suite de coups de théâtre, certains drôles (…), d'autres plus troublants. Cahiers du Cinéma