The Lighthouse

FILM AMÉRICAIN DE ROBERT EGGERS | 2019 | 1H50
AVEC WILLEM DAFOE, ROBERT PATTINSON
Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2019

Sur une île lointaine et mystérieuse de Nouvelle Angleterre à la fin du XIXe siècle, un jeune débutant découvre le métier de gardien de phare auprès d'un vieux loup de mer antipathique. La rivalité entre les deux hommes va être exacerbée par la solitude et les phénomènes surnaturels qui vont se produire sur l'île…
Interdit aux moins de 12 ans


HORAIRES

mercredi 17:00 | 19:00 | 21:00
jeudi 16:00 | 18:00 | 20:45
mardi 16:00

jeudi 16:30 | 20:45
vendredi 18:30 | 22:15
samedi 18:30 | 22:15
dimanche 18:00

mercredi 18:30
jeudi 18:30
vendredi 20:45
samedi 16:30
dimanche 18:30 D



L'IMMANQUABLE
Robert Eggers

Après The Witch, un premier film d'horreur remarquable et très remarqué, l'américain Robert Eggers n'a visiblement pas l'intention de s'enfermer dans le genre horrifique. Si l'angoisse et le fantastique sont au cœur du projet de The Lighthouse, le cinéaste de 36 ans nous ouvre les portes d'un univers bien plus profond où cohabitent études psychologiques, ambition mythologique et même tentation comique. Sur la base d'un scénario original écrit avec son frère, The Lighthouse nous invite à partager le quotidien de deux gardiens de phare sur une île perdue de la Nouvelle Angleterre au 19ème siècle. Un vieux loup de mer (Willem Dafoe, formidable sur une partition proche de celle du Capitaine Achab dans Moby Dick) et un jeune vagabond au passé mystérieux (Robert Pattinson, plus ténébreux que jamais) vont se flairer, tenter de s'apprivoiser et se frotter l'un à l'autre jusqu'à produire des étincelles. Le départ de feu est en effet inévitable dans ce huis-clos propice à la paranoïa et aux bouffées délirantes. Entre les curieuses routines liées à l'entretien du phare (véritable troisième personnage du film) et les séquences intimes et alcoolisées qui font émerger secrets personnels et légendes immémoriales, la tension monte progressivement pour atteindre un paroxysme proprement hallucinant. Tourné en pellicule 35mm, en noir et blanc et dans un format d'image qui rappelle les origines du cinématographe, The Lighthouse témoigne d'une ambition formelle rare. On ne peut que saluer les prises de risque d'un jeune réalisateur qui est parvenu à entraîner en plein hiver deux vedettes hollywoodiennes sur une véritable île déserte sans phare (il a été construit pour les besoin du film). Les conditions météos cauchemardesques et la bande son dominée par une corne de brume anxiogène créent l'atmosphère idéale pour une exploration des sombres profondeurs de l'âme humaine. Esthétiquement, on note l'influence de l'expressionnisme allemand mais les références les plus évidentes sont littéraires : on pense fortement à Edgar Allan Poe et à H.P. Lovecraft. The Lighthouse est un conte métaphysique effrayant écrit par un auteur nourri aux histoires populaires de sa Nouvelle Angleterre natale où sévissaient jadis les fameuses sorcières de Salem. Il n'est pas si fréquent de découvrir en salle un film amené à devenir « culte ». Vous y étiez, c'était en décembre 2019 à DSN.



EXTRAITS DE PRESSE

À partir du 18 décembre.