Intégrale Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard

 

Felix Van GroeningenLe dimanche 21 mars à partir de 15h, le festival VISU accueille Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic pour la présentation de l’intégralité de leur filmographie commune, à l’exception de quelques téléfilms. Ancien de l’IDHEC, Pierre Trividic a collaboré avec Pascal Ferran sur le scénario de Petits Arrangements avec les morts, puis sur celui de Lady Chatterley (César du Meilleur scénario en 2007). Egalement co-auteur de Ceux qui m'aiment prendront le train de Patrice Chéreau en 1998, Pierre Trividic a travaillé pendant plusieurs années à la SFP aux côtés de Jean-Christophe Averty avant de bâtir, à partir du milieu des années 90, un univers cinématographique incomparable avec son compagnon, le plasticien Patrick-Mario Bernard. Après un documentaire sur le maître de la science-fiction HP Lovecraft, le couple met en scène son intimité dans le moyen métrage Ceci est une pipe, réflexion sur la représentation de l'acte sexuel autant que document sur la fabrication d’un film. Mario Bernard et Trividic jouent également les rôles principaux de leur premier long métrage, le fascinant Dancing, une expérience de mélange des genres entre le conte fantastique, l’installation, le journal intime... Dans leur dernier film, L'Autre, ils brossent le portrait d'une femme maladivement jalouse (Dominique Blanc, Prix d'interprétation à Venise en 2008), mais aussi celui d'une société anxiogène. Proposée « à rebours » en partant de leur dernier film, L'Autre (certainement le plus abouti visuellement), pour terminer par leur premier, Ceci est une pipe (probablement le plus expérimental mais aussi le plus intime), cette intégrale permettra d’explorer avec les réalisateurs les thèmes qui traversent toute leur oeuvre : le double, la mutation, l’idiotie, la frontière entre le documentaire et la fiction ou encore l’attirance pour le fantastique telle que la commente Pierre Trividic : « Le fantastique c'est une hypothèse qui est une forme, un levier, ou un outil qui oblige à se frotter à nouveau à l'étrangeté de la présence des choses, de notre présence les uns aux autres. Tout ça passe avec la chronique de notre vie, les habitudes, la routine. Le fantastique nous rappelle à l'ordre, nous dit de bien regarder, que ça ne va pas de soit que nous soyons là, les uns en face des autres. »

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