MARDI 8 OCTOBRE 20H
durée 1h05
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GRANDE SALLE
tarif A
THÉÂTRE
dès 14 ans

AUTOUR DU SPECTACLE
cinéma

L'Occupation

TEXTE ANNIE ERNAUX
MISE EN SCÈNE PIERRE PRADINAS
COMPAGNIE LE CHAPEAU ROUGE

« La jalousie ! C'est le monstre aux yeux verts qui produit l'aliment dont il se nourrit. » Macbeth, Shakespeare

Une femme se sépare de l'homme qui partageait sa vie. C'est elle qui le quitte, avec sans doute l'espoir de le retrouver un jour… Mais il s'éprend d'une autre. Tout connaître alors de sa rivale sans visage devient une obsession, elle entre dans une passion jalouse qui occupe ses jours et ses nuits. C'est une folle enquête, minutieuse, systématique, un thriller amoureux à la lisière du récit fantastique. Nous partageons ses craintes, son ironie mordante, son langage cru, ses faiblesses et ses audaces qui la rendent bouleversante et drôle.
Habitant le texte salvateur et autobiographique d'Annie Ernaux, Romane Bohringer, avec fougue et gourmandise, fait siens les maux de l'autrice. Elle campe avec justesse cette professeure de lettres à qui tout semble sourire et pourtant esseulée. Elle nous invite à cet étrange voyage au coeur de l'obsession, de la folie irrépressible. La musique jouée sur scène par le brillant compositeur Christophe « Disco » Minck est essentielle dans ce spectacle, elle est la partenaire du texte et du jeu. Harpe, synthétiseur et piano arrangé se mêlent aux mots et tendent le récit. Les images de Simon Pradinas complètent le tableau.

« Romane Bohringer, magnétique, éblouissante et follement inspirée, interprète avec un talent jubilatoire le texte dans lequel Annie Ernaux dissèque les affres de la jalousie. Remarquable ! » La Terrasse

Texte publié aux éditions Gallimard. Avec Romane Bohringer. Musique originale Christophe « Disco » Minck. Scénographie Orazio Trotta, Simon Pradinas. Lumières Orazio Trotta. Images Simon Pradinas. Son Frédéric Bures. Maquillage et coiffure Catherine Saint-Sever. Assistants à la mise en scène Aurélien Chaussade, Marie Duliscouët.

© photo : Marion Stalens

Site de la compagnie

Avec L'occupation , Annie Ernaux dresse l'éblouissant portrait d'une femme de quarante ans à travers un moment essentiel de sa vie amoureuse. Cette femme se sépare de l'homme qui partageait sa vie depuis cinq ans. C'est elle qui le quitte, avec sans doute l'espoir de le retrouver un jour… Mais il s'éprend d'une autre dont il cache l'identité. Tout connaître alors de sa rivale sans visage devient une obsession, et elle entre dans une passion jalouse qui occupe ses jours et envahit ses nuits… Romane Bohringer nous entraîne avec le musicien Christophe «Disco» Minck dans la folle passion d'une femme amoureuse.

« La jalousie ! C'est le monstre aux yeux verts qui produit l'aliment dont il se nourrit. » Macbeth. Shakespeare. Eblouissant portrait d'une femme de quarante ans à travers un moment essentiel de sa vie amoureuse, ce texte est particulier dans l'oeuvre d'Annie Ernaux. Ce court roman de 2002 au rythme rapide nous fait entrer en empathie avec un personnage étonnamment vivant, et j'ai eu immédiatement envie de le porter sur scène : cette femme, donc, se sépare de l'homme qui partageait sa vie depuis cinq ans. C'est elle qui le quitte, avec sans doute un peu l'espoir de le retrouver un jour… Mais il s'éprend d'une autre dont elle ne sait rien, et dont son ex-amant lui cache l'identité. Tout connaître alors de sa rivale sans visage devient une obsession, et elle entre dans une passion jalouse qui occupe ses jours et envahit ses nuits :

« Cette femme emplissait ma tête, ma poitrine et mon ventre. Elle m'accompagnait partout, me dictait mes émotions. En même temps, sa présence ininterrompue me faisait vivre intensément. Elle provoquait des mouvements intérieurs que je n'avais jamais connus, déployait en moi une énergie, des ressources d'invention dont je ne me croyais pas capable, me maintenait dans une fiévreuse et constante activité. J'étais au double sens du terme, occupée. » C'est une folle enquête, minutieuse, systématique, que nous suivons au fil des minutes comme un thriller amoureux. Nous partageons ses craintes, son ironie mordante, son langage cru, ses faiblesses et ses audaces qui la rendent bouleversante et drôle. Obsédée par la personnalité de l'autre, accumulant des détails imaginaires qui alimentent sa fièvre, la femme nous livre peu à peu par touches l'impressionniste portrait d'une autre, qui à certains égards lui ressemble comme un double effrayant. Son récit est à la lisière du fantastique quand elle s'échappe du réel, comme maraboutée, à la recherche de sa « rivale » aux mille visages. Au delà de ce qui semble être une parfaite peinture de la jalousie, Annie Ernaux nous livre le portrait intime d'une femme contemporaine. Je n'aurais pas monté ce projet si je n'avais l'actrice rêvée pour le réaliser. Je suis très heureux de travailler avec Romane Bohringer - au sommet de son art - qui joue ce personnage aux multiples facettes et de poursuivre notre collaboration dans un registre encore inédit pour nous.

La musique jouée sur scène par Christophe « Disco » Minck est essentielle dans ce spectacle, elle est la partenaire du texte et du jeu. Harpe, synthétiseur et piano arrangé se mêlent aux mots et tendent le récit. Les images de Simon Pradinas complètent le tableau…

Pierre Pradinas, Mai 2018

Chère Annie,
J'ai tellement de chance que Pierre m'ait choisie pour interpréter votre texte. On me demande d'écrire sur vous, de raconter pourquoi je suis si heureuse de dire vos mots. Je n'y arrive pas. J'ai jeté mille brouillons. Je vous aime trop. Sans vous connaître. Je suis trop impressionnée par votre humanité, par votre esprit, par votre intelligence. Par votre écriture flamboyante, qui dit « Je », mais qui parle de nous tous. Car, finalement, toutes nos histoires se ressemblent. Nous sommes si semblables quand nous aimons et quand nous nous désespérons. Mais nous, nous n'avons pas votre langue, pour nous raconter. Votre langue magnifique. Qui m'accompagne. Qui me grandit. Qui, pour vous citer, « m'a rendue à moi même ».

Romane Bohringer, Mai 2018

Si on retrouve évidemment la sobriété et la justesse du style d'Annie Ernaux, Romane Bohringer lui apporte une force singulière. (…) Elle prend l'espace à bras-le-corps, espace mental, espace physique, qu'elle nourrit des mots d'une autre devenus les siens. Romane Bohringer a une voix, un ton, une façon d'articuler, de jouer des intonations. A ses côtés, Christophe "disco" Minck joue de la harpe, de la guitare, du clavier, dont les notes viennent ponctuer ou libérer la parole ; la complémentarité est parfaite, parfois même surprenante. Surtout, Romane Bohringer prend son temps. Comme un luxe qu'elle s'accorde. Le texte avance sans répit, peinture sombre d'une névrose, et pourtant lacomédienne le fait respirer, vibrer, vivre. Elle l'incarne tout simplement. Du grand art. L'Express

Romane Bohringer, magnétique, éblouissante et follement inspirée, interprète avec un talent jubilatoire le texte dans lequel Annie Ernaux dissèque les affres de la jalousie. Remarquable !
Il y a bien des ressemblances entre les carrières et les personnalités de Romane Bohringer et d'Annie Ernaux : un talent précoce, une grâce sans afféterie, une discrétion pudique, une rare rigueur professionnelle et morale et une authenticité qui les rendent immédiatement sympathiques. Leur rencontre autour du texte que met en scène Pierre Pradinas semble évidente, et les mots de l'écrivain, à la blondeur réservée, sonnent avec justesse quand ils sont dits par cette actrice athlétique et bouillonnante qui révèle, par son énergie sidérante, leur force, leur humour et leur incroyable précision. (…)Accompagnée par Christophe « Disco » Minck (à la harpe, au synthétiseur et au piano) ainsi que par les images intelligemment suggestives de Simon Pradinas, Romane Bohringer irradie de force, d'intelligence et de grâce dans ce spectacle très beau et très réussi.
La Terrasse

Au centre de ce dispositif, Romane Bohringer fait preuve de toute sa virtuosité et de son plaisir de jouer. Elle porte le texte avec verve et en révèle le potentiel comique sous-jacent. Avec un aplomb épatant et une énergie vivifiante, elle nous entraîne dans les méandres tout à la fois infernales et ridicules de l'état de jalousie, cet enfer qui fait frôler la folie, annihilant dans son élan ravageur tout bon sens et toute intelligence. (...) le tout est très bien ficelé, bien rythmé, de belle facture, et Romane Bohringer un régal à écouter et voir jouer. Pariscope