Encore plus fort !


Merci ! Merci à vous, adhérentes et adhérents, abonnées et abonnés, spectatrices et spectateurs, bienveillant(e)s, vigilant(e)s et souriant(e)s… vous étiez 59 771 à nous rejoindre durant la précédente saison cinéma/spectacle vivant !

« Il y a des moments où tout réussit : il ne faut pas s'effrayer, ça passe. » JULES RENARD, JOURNAL (Gallimard)

Désolé, Jules, car cette nouvelle saison sera plus belle encore, elle sera sous le signe des…
Destins de femmes… des femmes de destins, sortant du commun, ayant marqué leur temps et notre imaginaire, vite étouffées par l'histoire, ô combien masculine, installée dans ses principes, violente dans sa convention et son organisation… femmes de réalité et de fiction, ces femmes d'aujourd'hui vont composer le fil soutenu de votre saison 2019/2020. Qu'elles soient autrices/artistes – Annie Ernaux, Louise Emö, Frida Kahlo, Lucia Joyce, Claire Nebout, Karelle Prugnaud, Diane Arbus – sur les plateaux devant et/ou derrière la caméra- spectatrice – Caroline Guyot, Julie Bérès, Angélique Friant, Romane Bohringer, Marie Levavasseur, Gaëlle Héraut, Séverine Coulon, Julia Vidit, Tatiana Julien – porteuses de projets hors du commun – le Groupe Bekkrell, les Dakh Daughters – elles ne sont inscrites dans aucune mode, aucun artifice.
Elles font – au contraire – bouger les lignes, en touchant juste, joyeusement, dignement, brouillant les contours figés d'une société que nous appelons à se renouveler. Voilà qui va nous bousculer tout au long de ces mois de programmation. De José Montalvo, Simon Falguières, Éric Lacascade, Samuel Gallet, Jean-Pierre Vincent ou Paul Desveaux, à Philippe Car, Jérôme Rouger, Pierre Pradinas, Alexis Armengol, Julien Bonnet ou Mourad Merzouki… et d'autres encore, notre saison s'équilibrera entre artistes hommes et artistes femmes… en précisant que beaucoup d'entre eux parleront des femmes, Carmen(s), Lucia Joyce, Diane Arbus, et beaucoup d'entre elles, des hommes, Le Menteur, Shakespeare, Goya…
Et puis, DSN, c'est un cinéma repéré et fort de ses 900 séances de projections par an, un rapport constant et singulier aux oeuvres, un lien fort avec le public (plus de 60 « animations » par saison) et des passerelles de sens régulières avec le spectacle vivant. C'est un lieu de défense du cinéma, reconnu comme tel, faisant partie des 182 cinémas sur plus de 2000 en activité à obtenir chaque année les trois labels Art et Essai, décernés par le CNC et l'un des 140 cinémas français membre du réseau Europa Cinémas, initiant ainsi sa reconnais- sance au niveau européen.
Alors, toute cette vitalité portée par les artistes – femmes et hommes – l'équipe de DSN, l'association en gestion de la scène, les intermittents et les bénévoles – ne se révèle pas dans la conformité de l'air du temps ou la complaisance boutiquière. Non. Toutes et tous se sont engagés dans une démarche artistique et culturelle passionnée et dans l'idée d'un service rendu au public, hors de ces postures clientélistes, imposées par le triste souffle du divertissement lucratif. Être dans ce vent décervelé n'est plus qu'une ambition de feuille morte. Partenaires de nos scènes, à l'heure où l'on parle si peu de culture – du moins de celle que nous défendons – soyez déterminés à nos côtés, davantage encore… dans la défense et la mise en lumière de la décentralisation culturelle, pensée il y a 60 ans, dont nous sommes conjointement les héritiers et les dépositaires ! L'avenir n'est pas toujours la trahison des promesses.

PHILIPPE COGNEY, DIRECTEUR DE DSN – Dieppe Scène Nationale