L'immanquable du mois

JANVIER

Le Mois de la Comédie

5 SPECTACLES, 6 FILMS

Rire, sourire, se souvenir… Convoquer l'enfance et le jeu, la fantaisie de l'invention, le cinéma et la musique aussi. Un mois de plaisir à être ensemble… C'est la proposition de DSN pour ce début d'année et Romane Bohringer, en couverture de ce programme, semble le claironner : c'est le mois de la comédie ! L'actrice nous présentera sa première oeuvre de réalisatrice, L'Amour flou, un film drôlement attachant sur les joies et les peines de la vie de couple, co-écrit avec Philippe Rebbot, son ex-compagnon dans la vie mais toujours partenaire de jeu à l'écran. Un autre comédien nous rendra visite : Pio Marmaï viendra nous parler du dernier Pierre Salvadori. L'auteur de comédies populaires comme Les Apprentis (1995) ou Dans la cour (2014) n'était jamais allé aussi loin dans le burlesque. En liberté ! est un film fou, fou, fou. Les rendez-vous de spectacles vivants jalonneront le mois : Patrice Thibaud pour le théâtre, Ambra Senatore pour la danse, le Tomassenko trio pour la musique, Thomas Gornet pour le jeune public et l'inclassable Agence de voyages imaginaires, qui nous avait tant fait rire avec son Shakespeare l'an dernier, reviendra avec un Cid complétement déjanté. Mais c'est le cinéma qui ouvrira officiellement les hostilités comiques avec l'avant-première de Doubles vies d'Olivier Assayas, un savoureux vaudeville qui fait s'entrechoquer pour notre plus grand plaisir des univers aussi différents que ceux de Juliette Binoche, Vincent Macaigne, Guillaume Canet ou Nora Hamzawi. Diamantino, la comédie portugaise poilante (c'est le cas de le dire, vous verrez !) sera aussi de la partie… de football, évidemment, mais pas seulement. Dans son délire communicatif, le film de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt nous interpelle sur la crise des réfugiés, le culte de la célébrité, la montée de l'extrême droite... Le rire pour nous libérer des tensions sociales contemporaines ? C'est clairement le credo de Tout ce qu'il me reste de la révolution (en avant-première dans le cadre du festival Télérama) dans lequel la pétillante Judith Davis (devant et derrière la caméra) interroge une certaine forme de désillusion politique, de crise des valeurs. Enfin, Il Boom de Vittorio de Sica (1963), fleuron méconnu de la comédie italienne, viendra clore un mois de festivité qui, nous l'espérons, aura rudement éprouvé vos zygomatiques. Cette satire féroce du libéralisme est toujours cruellement d'actualité. Dépêchons nous d'en rire avant d'avoir à en pleurer. S'il nous reste les yeux…