L'IMMANQUABLE DU MOIS

3 > 23 JANVIER

L'Échappée belle

FILM ITALO-AMÉRICAIN DE PAOLO VIRZI (2018-1H52)
SÉLECTION OFFICIELLE, VENISE 2017

Il est assez douloureux pour le cinéphile de se rappeler la pléiade éblouissante constituée par les cinéastes transalpins dans les années 60 : Fellini, Antonioni, Pasolini, Scola, Leone, Visconti, Risi... Aujourd’hui, autour de Nanni Moretti, seule une poignée d’auteurs continue de faire exister l’Italie sur la scène mondiale du septième art. Paolo Virzi en fait partie. Souvent invité dans les grands festivals et honoré par les Césars italiens (trois prix du meilleur film notamment pour Folles de joie en 2017), le réalisateur quincagénaire se lance, pour son treizième long métrage, dans une aventure américaine : « Je n’avais pas l’intention de me transformer en réalisateur américain ou d’imiter le cinéma américain », confie-t-il. « J’ai cherché à faire mon propre film, (…) à imposer notre point de vue « italien » sur la mise en scène. Je dirais tout d’abord qu’on n’hésite pas à affronter la vérité en face et qu’on fait preuve d’une certaine audace dans notre regard sur la nature humaine : on n’a pas peur d’explorer le côté absurde de la vie – et c’est à la fois exaltant et effrayant. » L’échappée belle nous invite à partager la dernière virée, aussi émouvante que rocambolesque, d’un couple de retraités bien décidés à échapper à l’hospitalisation qui les aurait séparés pour toujours. Au grand désespoir de leurs enfants, John et Ella embarquent dans leur vieux camping-car et partent sur les traces d’Hemingway, l’écrivain favori de John, ancien professeur de littérature. Paolo Virzi commente : « J’ai la fâcheuse habitude de m’attaquer à des sujets tristes et déprimants et à tenter d’en faire des récits d’aventures palpitantes. Le secret consiste à constamment allier l’humour au tragique. Une chose est sûre : L’échappée belle est un pur mélange des deux ». Le couple adorable formé par la royale Helen Mirren et l’impérial Donald Sutherland fonctionne à merveille. L’actrice commente : « Cette ultime phase de la vie d’un couple qui s’aime est incomparable. On se connaît tellement bien, on connaît tellement bien les défauts de l’autre, mais aussi ses forces, que l’on est conscient qu’il y a des aspects de lui qu’on ne connaît pas. (…) Il s’agit d’un couple qui est passé par toutes ces phases et qui est encore en train de se découvrir. » Grimpez vite à bord du Leisure seeker (le modèle du camping-car et le titre original du film), John et Ella prennent la poudre d’escampette et ils n’ont plus de temps à perdre. (+ d'infos)