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saison 2016/2017

Virginia Wolf

  • JEUNE PUBLIC À PARTIR DE 5 ANS
  • THÉÂTRE
  • DIMANCHE 12 MARS
  • 17H
  • GRANDE SALLE
  • DURÉE : 45 MN
  • TARIF D
  • RÉSERVER
  • SÉANCES SCOLAIRES : LUN. 13 MARS 10H & 14H15

INSPIRÉ DE L’ALBUM VIRGINIA WOLF  DE KYO MACLEAR, ILLUSTRÉ PAR ISABELLE ARSENAULT MISE EN SCÈNE NATHALIE BENSARD

COMPAGNIE LA ROUSSE

 

« Un jour, ma sœur Virginia s’est réveillée d’humeur féroce et a grogné comme un loup ! »

Virginia grogne, elle hurle à la lune et fait des choses très étranges. Elle est prise d’un cafard si intense que toute la maison semble sens dessus dessous. Sa sœur Vanessa fait tout ce qu’elle peut pour lui remonter le moral, mais rien n’y fait. Jusqu’à ce que Virginia parle d’un lieu imaginaire et merveilleux nommé Bloomsberry. Alors Vanessa lui invente ce monde multicolore qui rendra à Virginia l’envie de vivre et de jouer.
La mise en scène composée d’images ciselées par la lumière et la couleur et d’impressionnants effets de miroir entre le sol, la scène et les projections vidéo, révèle merveilleusement les nuances des sentiments. Ce conte avance comme un livre, page à page pour parler avec beaucoup d’intelligence de la colère, du chagrin, mais aussi de la complicité, de la joie et du pouvoir de l’imaginaire.

DISTRIBUTION

Texte Kyo Maclear. Illustrations Isabelle Arsenault • Mise en scène Nathalie Bensard. Assistante Emmanuelle Peytour • Avec Marie Craipeau et Liza Machover • Costumes et Création Plastique Elisabeth Martin. Plateau et scénographie Frederic Plou. Création lumière Agathe Patonnier. Arrangements et création sonore Valentin Reault.


Production Compagnie La Rousse. Soutiens DRAC Île-de-France - aide à la production dramatique. Avec l’aide d’ARCADI / dispositif d’accompagnement. La compagnie La Rousse est conventionnée par la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France

© photo : Alexandra Yonnet

Site de la compagnie

SI VOUS AIMEZ CE SPECTACLE, VOUS AIMEREZ PEUT-ÊTRE :

Létée
Les Limbes

Ce livre illustré est une ode à la création à l'imaginaire. Il raconte un état, une relation, un moment, c'est une bulle dans laquelle on plonge, on flotte, on rêve, on pense.

Le monde est trop grand pour Virginia, trop pesant, trop sombre, pas satisfaisant. Vanessa ne peut de son côté avancer sans sa soeur. Sa mission sera de trouver une issue au désespoir de Virginia et de trouver ou d'inventer le monde dans lequel les deux soeurs pourront à nouveau s'épanouir ensemble. Le pouvoir de l'imagination et l'instinct de survie sont les deux états sur lesquels nous pouvons compter en toutes circonstances et qui sont en permanence à notre disposition. C'est à l'intérieur de soi que l'on se constitue, que l'on se réalise. Celle pour qui il est plus accessible d'inventer, sortira celle que les profondeurs absorbent.

Ces profondeurs se manifestent sous le signe de la colère. La colère d'être impuissante, la colère de voir l'autre heureuse, la colère de ne pas comprendre, la colère d'être méchante, la colère d'avoir des idées noires, la colère de ne pas s'en sortir, la colère d'être abandonnée, la colère comme énergie du désespoir. C'est cette colère qui m'intéresse.

La colère ne se comprend pas toujours, ne s'explique pas toujours mais est toujours une grande atteinte aux autres. C'est il me semble une des raisons pour lesquelles on a tant de mal à en parler, entre nous. Elle effraie autant celui qui l'a laissée sortir que celui qui l'a subie. Elle doit ensuite se taire, disparaître sans laisser de mots. Les traces sont enfouies, silencieuses, taboues.

Dans ce texte, la soeur qui raconte et qui essaye de trouver la solution pour sortir l'autre de ce gouffre, n'a aucun jugement. Elle attend, elle cherche, elle ne se démobilise pas. Elle supporte l'état de Virginia avec patience, attention, mais aussi légèreté.

Ce texte loin d'être explicatif, moraliste, ou manichéen transporte avec lui les symboliques des contes, les références à nos propres expériences, la légèreté et l'humour qui convient à ce genre de situation. Il parle aux enfants, proche de ces états, parfois excessifs et aux parents qui savent que les deux soeurs représentent les parts de chacun de nous. L'imaginaire de tous se met en route pour parcourir l'histoire et toutes les pensées qu'elle inspire.

LE JEU
Le spectacle démarre avec un jeu d'enfant, un jeu de cours de récréation ou de colonies de vacances : « L'histoire rajoutée ». Les comédiennes inventent devant nous l'histoire dans laquelle elles vont se glisser. C'est ainsi qu'elles bâtissent le récit. Ce jeu d'inventer l'histoire et de rajouter une suite se perpétue tout au long de la représentation. D'autres jeux viendront nourrir les relations qui les animent : le miroir, le perroquet, l'imitation, les devinettes, les quizz, les « choux-­‐fleurs », les « on dirait que » etc. C'est en jouant que le personnage de Virginia se transforme en loup et c'est en réclamant une histoire plus spectaculaire que le personnage de Vanessa fait naître le loup. Elles sont toutes les deux à l'instigation de la construction du malheur de l'une et des moyens à trouver pour l'en sortir. Par le jeu, le théâtre naît sans psychologie, sans morale, sans jugement. Par les codes du jeu, les enfants sont amenés à entrer et à saisir les codes du théâtre.

LES IMAGES
La plupart des images sont en ombres, le noir et blanc prédominent et la couleur n'arrivera qu'avec l'invention du « pays sans souci » : BLOOMSBERRY. Les contrastes restent fidèles à l’album illustré. Les transformations de Virginia en loup sont faites « à vue ». Ce que j'aime dans le spectacle vivant et plus particulièrement dans le spectacle jeune public, c'est cet aller-­‐ retour entre un artisanat dévoilé et une magie naissante. Lors de nombreux échanges avec les enfants à l’issue de la représentation, les questions sont pour la plupart sur « comment vous faites ceci ou cela ». Une fois cette question résolue, les enfants peuvent plus pleinement apprécier le spectacle.

LE SON
Le son est là pour dramatiser les propositions scéniques, rendre sensibles et traduire les états d'âmes des personnages. Composée par Marie Craipeau, la musique est née du regard de la comédienne qui joue Vanessa et des sensations qu'elle éprouvait devant le désarroi de Virginia. Les arrangements et les trouvailles sonores de Valentin Réault jouent avec le plaisir des enfants à avoir peur, donnent du relief aux espaces, des ailes aux images suggérées.

LES COSTUMES ET LE JARDIN
Nous avons cherché avec Elisabeth Martin des costumes qui évoquent l'enfance sans dessiner des silhouettes de petites filles. Nous avons respecté le noir et blanc sans nous interdire des teintes intermédiaires et nous avons créé un jardin multicolore avec des éléments, des matières que l'on retrouve dans la vie de tous les jours. Les enfants peuvent ainsi se projeter et s'approprier la possibilité d'inventer leur propre jardin imaginaire.

 

"L'inspiration ça n'existe pas d'ailleurs, je ne connais que le travail ; et après, brusquement, si on a bien travaillé, apparaît quelque chose qui est le résultat du travail et de la maturation. Mais au départ, il ne faut pas essayer de trouver le résultat tout de suite. Le seul intérêt du théâtre, c'est ça au fond : voir naître au dernier moment un spectacle qui n'est pas tout à fait celui auquel on avait pensé, mais qui est magnifié par les acteurs." Patrice Chéreau Extrait d'un entretien avec Laure Adler, septembre 2013

« Un jour ma soeur Virginia s’est réveillée d’humeur féroce et a grogné comme un loup. » Deux enfants s’amusent dans un grand lit à baldaquin à répéter ces mots comme une comptine, jusqu’au moment où le jeu laisse place à l’explosion de la colère… Une adaptation pour deux comédiennes (tout à la fois conteuse, personnages, manipulatrices) de l’album jeunesse de Kyo Maclear et de Isabelle Arsenault, inspiré de la relation qui existait entre les deux soeurs, Virginia Woolf et Vanessa Bell. Un conte moderne qui raconte la colère, le chagrin, mais aussi la complicité, la joie et le pouvoir de l’imaginaire. Nathalie Bensard met en scène la fable en une succession de tableaux allant crescendo, composés d’images ciselées par la lumière et la couleur, qui révèlent les nuances des sentiments. » Télérama Sortir

Le tout est léger, enjoué parfois, joli toujours. Un fin travail sur l'univers sonore rehausse encore la qualité de l'ensemble. Nathalie Bensard à la mise en scène et toute son équipe technique ont brodé un spectacle tout en finesse que porte avec une égale délicatesse le jeu des deux comédiennes Marie Craipeau et Ina Mihalache. La Terrasse