Pan-Pot ou modérément chantant

  • JONGLAGE
  • MARDI 18 OCTOBRE
  • 20H
  • GRANDE SALLE
  • DURÉE : 55 MN
  • TARIF A
  • RÉSERVER
COLLECTIF PETIT TRAVERS

 

Pan-Pot (déf.) : Procédé qui permet de faire se déplacer une ou plusieurs sources sonores dans une salle.

Ne vous attendez pas à voir un « simple » spectacle de jonglage. Ici, le jongleur s’efface derrière les trajectoires de ses balles. Tendues comme des cordes de violon, rythmiques et claquantes, suspendues et aériennes, les balles volent, roulent, fusent et bondissent créant un espace sonore et des rythmes visuels envoûtants. Tandis que la pianiste présente sur scène égrène ses notes au piano (de Bach à Ligeti en passant par Mozart), les trois jongleurs explorent les liens intimes qui unissent composition musicale et écriture du jonglage, le tout parsemé de quelques notes d’humour. On en oublierait presque la virtuosité de ces trois jongleurs tant le spectacle est ailleurs. Pan-Pot ou modérément chantant invente un monde incroyable de perceptions musicales et graphiques dans lequel la profusion des balles fait écho à la sincérité des notes. Un spectacle à la beauté singulière et surprenante, un véritable ravissement pour les yeux comme pour les oreilles !

 

« […] Un spectacle si fin, si intelligent que le décrire c’est un peu mordre une pomme sans la regarder, il faut s’y rendre comme pour un rendez-vous au clair de lune, en amoureux transis, les yeux levés vers le ciel des jongleurs. » Le Monde

DISTRIBUTION

Écriture, mise en scène Nicolas Mathis, Denis Fargetton, Julien Clément • Interprètes Nicolas Mathis, Denis Fargetton, Julien Clément. Pianiste Ursula Alvarez ou Jean-Michel Dayez • Avec le regard complice de Simon Carrot. Création lumière Arno Veyrat. Direction technique / Régie François Dareys et Martin Barré. Identité visuelle Aude Poirot.


Production Collectif Petit travers. Coproductions Les Subsistances - Laboratoire international de création à Lyon, L’Arche - Scène conventionnée de Bethoncourt, Théâtre Gérard Philippe - Scène conventionnée de Frouard, Les Pronomades - Centre National des Arts de la Rue en Haute-Garonne, Les Migrateurs, en partenariat avec Le Maillon, Scène Européenne de Strasbourg. Accueils en résidence CIRCA - Pôle National des Arts du Cirque à Auch, Théâtre de l’Espace - Scène Nationale de Besançon, Ramdam - Sainte-Foy-lès-Lyon, l’Espace périphérique – Paris. Soutien financier Pan-Pot ou modérément chantant a reçu l’aide à l’écriture pour les Arts du Cirque de la Direction Générale de la Création Artistique / Ministère de la Culture et de la Communication. Soutiens DRAC Midi-Pyrénées, Conseil Régional Midi- Pyrénées, ville de Toulouse. Avec le soutien financier de la Fondation BNP Paribas. Pan-Pot ou modérément chantant a reçu le Prix spécial du jury lors du Festival International de Cirque de GruGliasco (Italie) en 2008

© photo : Philippe Cibille

Site de la compagnie

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Champs d'espaces

AUTOUR DU SPECTACLE

MARDI 18 OCTOBRE, BAR DE DSN

SCÈNE OUVERTE

Avant le spectacle, scène ouverte à la classe de saxophones du Conservatoire à Rayonnement Départemental Camille Saint-Saëns. [+]

Denis, Nicolas et Julien sont tous passés par l’école du cirque de Besançon. Ils s’y sont seulement croisés. La rencontre intervient plus tard avec l’envie d’explorer les musicalités du jonglage, son dynamisme particulier, ses temporalités propres et sa façon singulière de révéler des présences ; le projet est lancé.
Les étapes de travail se succèdent, ils collectent des matières diverses pendant un an et demi avant d’inviter Simon à travailler autour de la question de la visibilité des perceptions et de leur agencement. Une méthode d’écriture en lignes communicantes est mise au point, différents paramètres sont isolés puis invités à dérouler leur propre ligne de vie : vie de la musique, vie du jonglage, vie des présences, de l’imaginaire, de l’inanimé, des ruptures (les noirs cinématographiques!)...

C’est sur des airs du répertoire pour piano que prennent forme les compositions et après une élaboration inachevée sur bandes, ils rencontrent Aline ; elle est riche de sa capacité à s’approprier les oeuvres utilisées et de propositions.
Arno inventera pour finir une partition de lumière inspirée de l’oeuvre de Rothko et des évolutions de la pièce. En février 2009, après deux ans et demi de travail et soixante semaines passées sur un plateau, Pan-Pot ou Modérément chantant prend vie sur la scène de l’Arche à Béthoncourt.

Faire émerger d’un jonglage singulier, une théâtralité singulière. Nous proposons un travail autour du corps et de l’objet comme point de départ d’une exploration scénique par laquelle nous prétendons toucher à l’essentiel, c’est-à-dire une vérité théâtrale et corporelle, un refus de représenter les choses.

Le style
On reconnaît un style à deux choses essentielles. Il y a d’abord un traitement imprimé au langage utilisé pour ensuite pousser ce traitement au bout de ses possibilités, que les gestes et les paroles s’y défi gurent. Qu’ il ne reste plus qu’ une musique, une petite ritournelle, saisissante et implacable.

La théâtralité
Le théâtre est ce qui donne à voir un homme, là, à un moment donné. Nos écritures se limitent à faire, c’est-à-dire que le comédien/ jongleur se livre dans un état de simplicité absolue à des partitions d’actions, de gestes, de lancers/rattrapés, d’où émerge un théâtre libre de toute prétention psychologisante ou illustrative. Un théâtre de la Vie, qui ne représente pas mais donne à voir le rapport aux contingences, l’innocence des faits comme remède au mensonge du vouloir. Un simple théâtre de l’action, ambigu et suggestif, mettant une incroyable distance entre le comédien et les intentions qu’il porte, presque malgré lui. En arriver au point où ça n’a plus d’importance de dire ou de ne pas dire je. Là encore c’est fi nalement cette distance que nous donnons à voir, une distance faite de sérénité et d’implication à la fois. Une distance qui rappelle celle du musicien à son instrument. Il faudra nous imaginer musiciens.

Tout notre travail actuel consiste à extraire, caractériser, et développer des règles, des constantes qui régissent les perceptions produites par la course d’une balle dans un espace donné ; le concept autour duquel s’organisent toutes ces perceptions, étant le point fixe, la sensation d’immobilité de l’objet au sommet de sa trajectoire qui semble fonder à elle seule, la singularité expressive du jonglage, comme l’attraction tonale fonde celle de la musique.

Toute démarche contemporaine tend à rapprocher son médium de ce que lui seul peut, de ses puissances propres, c’est dans ce sens que nous avançons. Réduire le sujet autant que faire se peut, devenir nature morte, que rien ne vienne distraire l’attention de l’essentiel, le jonglage. Que nos compositions, sans sujet, ne tiennent que par la force de leur style, écartant toutes les séductions, le pittoresque, la représentation, la narration, et, qu’au bout de l’humilité, tout soit immédiatement chargé.

Ainsi, nous considérerons le jonglage comme le traitement de points fi xes successifs dans des repères spatiaux particuliers.

L’idée de beauté nous semblant fl oue, emprunte de subjectivité, galvaudée, nous nous attacherons plutôt à celle de clarté, soucieux de dégager avec autant de précision que possible, l’intention particulière que porte chaque lancer particulier.

Nous avons exploré un territoire entre deux bornes :

La quantification
Dans les envois et dans les chutes, l’énergie ne suit pas une logique de pesanteur mais bien plutôt une circulation en ressorts, de défl agration en déflagration. Le chemin est brisé, chaque brisure est traitée, dotée d’un temps (suspendu, sec...), d’attitudes (le corps est en relais-silence ou en relais-danse). Chaque segment du parcours est brièvement libéré. Le temps est bref, le mouvement intense, le «son» claque. C’est un jonglage de lignes et de surfaces.

La masse
Energie de réception, reprendre le poids, le redistribuer. La circulation est élastique, à tension longue. C’est une errance horizontale à évènements verticaux. Le haut et le bas sont étirés, le monde est centrifuge. Le vol est lyrique ou fonctionnel, l’aller-retour est la mécanique pour mettre du ciel dans la terre. Les tempos sont variables, les mouvements ivres. C’est un jonglage de lignes et de volumes, de zones et de couches.

Il n’y a pas de différence entre ce dont Pan-Pot parle et la façon dont la pièce est construite.

Nous avons utilisé le MONTAGE comme procédé dynamique de composition, générant l’attente, la satisfaction, la frustration, la surprise : le rythme ! Les différents temps ainsi échafaudés, cerclés de noirs, s’étayent les uns les autres et tissent une trame narrative. Ici, la musique joue un grand rôle : elle révèle les potentiels expressifs du rythme, les changements d’espaces et de mondes, elle peut même devenir la structure de nos actions.

La pièce est composée d’une mosaïque de blocs présentant à la fois des caractéristiques propres en terme d’espace, de quantité de mouvement, de vie des personnages. Les séquences communiquent par récurrences, relations de durée, et révèlent intensités et potentiels narratifs.

Nous avons juxtaposé ces blocs afin que les durées se chevauchent, s’interrompent pour reprendre leur cours, s’interpénètrent de leurs particularités poétiques et de leur force expressive, qu’en fin de compte la forme finisse par transpirer l’intime, que les immobilités se mettent à danser et que les silences deviennent épais comme le plus sourd des vacarmes.

« Le spectacle de jonglage auquel nous avons assist é n’est pas seulement « à couper le souffle ». C’est un argument extrêmement émouvant pour un ballet dont la danseuse serait la balle, cet obscur objet de désir , balancé par trois jongleurs. Les comédiens qui investissent la scène sont extra ordinairement bavards. Le rapport affectif qu’ils entretiennent avec la balle pourrai t faire penser à l’os que l’homme jette au chien tandis que ce dernier aboierait à la lune. Il est tellement étrange ce rapport à la matière et à l’inertie de la chose, si préhistorique en somme. Comment mimer même la mort ? Plus de comment, mais des situations. C’est l’insignifiance de la balle d evenue chose qui donne le coup d’envoi à la permutation, à l’éternel retour, à cet te espérance violente dont parle Apollinaire qui nous amène à penser que même sourds , nous pouvons entendre sous un feu d’artifice de balles, Liszt, Mozart, Bach, W agner et bien d’autres encore. La balle, chienne musicienne ? En tant que spectate urs trop alignés sans doute, nous pouvons imaginer que les balles sont en train de f user avec nos regards, qu’elles nous traversent avec pour seul objectif, faire rebo ndir sur la scène, notre petit chaos supplétif, nos insoumissions, nos bégaiements, nos chutes, et nos suspensions. Si les créateurs de mots pouvaient sursauter comme des balles, nous leur demanderions d’aller prendre des leçons chez ces an imaux de cirque, ces jongleurs. C’est un spectacle capable de réconcilier et les en nemis du cirque et leurs émules. Est-ce peu dire ? Un spectacle si fin, si intellige nt que le décrire c’est un peu mordre une pomme sans la regarder, il faut s’y rendre com me pour un rendez-vous au clair de lune, en amoureux transis, les yeux levés vers l e ciel des jongleurs. » Le Monde

« On dira donc une fugue lumineuse pour évoquer l’envolée de ce Petit Travers, collectif de jeunes jongleurs et musiciens, dans la quelle la profusion des balles fait écho à la sincérité des notes. Tandis qu’une jeune femme égrène, imperturbable, ses notes au piano, trois garçons essuient sans vacille r une averse traçante... Une proposition légère, fluide, dont le titre apparaît comme un hommage crypté au pianiste Glenn Gould. » Télérama

« Rebonds, jaillissements subits, pirouettes et irr uptions, le tableau – en clair-obscur - est hypnotique. Aux horizontales et verticales des lancers géométri ques dessinés se mêlent pas chassés et demi-tour contacts, apparitions-disparit ions, entrées-sorties et démultiplication. (...) Il ne s’agit plus alors d’envoyer des balles en l’a ir pour épater la galerie mais de créer l’illusion d’une improbable constellation, les inte ractions d’une performance d’art contemporain, et in fine, la sensation d’un jeu d’h eureux dupés. » Stradda